Le héros doit-il ressembler à son auteur ?

A mi-chemin entre la rumeur et la vérité psychologique, il y a cette idée que le héros ressemble (toujours un peu) à son auteur. A croire que les écrivains sont presque incapables d’écrire une histoire sans y mettre un peu (beaucoup ) de leur personnalité.

 

A la vérité, on écrit mieux sur ce que l’on connaît et qui ou quoi connaît-on mieux que personne : nous-même. Alors oui, c’est bien plus facile d’inventer un personne qui nous ressemble, qui est dotée de certaines de nos caractéristiques, de nos qualités ou de nos défauts, parce que justement nous les connaissons, que d’inventer une personnalité qui nous est totalement inconnue.

Pourtant, il ne faut pas généraliser. Tous les écrivains ne font pas de leurs héros des doubles copies conformes de leur personnalité, sinon que penser des écrivains qui mettent en scène un serial killer : doit-on y voir un double terrifiant de leurs propres désirs cachés ?  

Bien entendu, l’écriture est dotée d’un fort pouvoir cathartique, elle est aussi un puissant thérapeute, le reflet de notre société et même de l’âme de l’auteur, de ses idées et de sa manière de voir le monde. Pour autant, il ne faut pas chercher dans chaque livre une autobiographie dissimulée.

Doit-on donner à notre héros nos caractéristiques ?

C’est une vaste question.

Je crois qu’un personnage de roman est un peu comme un enfant. On y donne un peu de nos qualités, de nos défauts, parce qu’il vit avec nous (en nous pour le coup). On le fait grandir, on l’aide à vivre, à se créer lui-même, mais le plus souvent, ils finissent par nous échapper. Comme un enfant, le héros devient un adulte, il se forge sa propre personnalité, il opte pour ses propres réactions. Et si vous faites bien votre travail, vos personnages deviendront de véritable personne, qui ont leurs propres objectifs, qui prendront les meilleures décisions pour eux-mêmes, quitte à s’enliser dans les ennuis.

Si votre héros vous ressemble énormément cela n’est pas un soucis, mais n’oubliez pas que de toutes façons, il vivra des épreuves auxquelles vous ne serez probablement jamais confrontées. Il rencontrera des personnes que vous ne connaissez pas, qui ont leur propre personnalité et qui le forcera à agir différemment de vous.

Je pense que l’on ne donne pas nos propres traits à nos personnages de manière consciente. Les choses se font naturellement.

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Les dialogues

Les dialogues font partis intégrantes des romans. Ils ont plusieurs utilités.

La première utilités des dialogues c’est de montrer qui sont les personnages.

Les dialogues donnent de la profondeur et du réalisme au récit : que se soit par la manière parler de certains personnages, ou par les sujets de discussion des personnages. Les dialogues mettent également en avant les sentiments et les émotions des personnages. Comme les « vrais » personnes les personnages peuvent dire des choses et en penser d’autres.

C’est le moment de jouer sur plusieurs tableaux : Les émotions/ pensées des personnages ; les paroles qu’ils prononcent et les actions qu’ils font. N’oubliez pas de jouer sur les silences et les gestes des personnages. J’ai pour ma part beaucoup de difficultés à intégrer des actions physiques durant les dialogues. Je pense que je vais bientôt investir dans des livres sur la communication non verbale et la gestuelle pour y remédier.

Afin de mieux gérer les dialogues, il est important de penser en amont à vos personnages. Lorsque vous réalisez vos fiches personnages, il est fort utile de vous concentrer sur certains points : La manière de parler de votre personnage. Pour cela plusieurs choses. Tout d’abord, le niveau culturel et social de votre personnage. Pensez également aux tics que peuvent avoir vos personnages. A-t-il tendance à faire des phrases longues ou courtes ? Un personnage qui répond toujours par des phrases brèves pourra avoir plus d’impact au moment d’une grande révélation, par exemple. Vos personnages ont-ils des tics physiques lorsqu’ils parlent ou écoutent ? Vos personnages parlent-ils beaucoup ?

Pour rédiger un bon dialogue, il faut utiliser les émotions des personnages et penser à celles que l’on veut faire ressentir au lecteur. Dans un dialogue, on doit pouvoir ressentir l’atmosphère de la scène : l’angoisse, la joie, l’espoir, l’excitation, la tristesse, c’est aussi pour cela que les gestes des personnages sont importants, ils ajoutent de l’émotion, ils accompagnent les dialogues, les paroles prononcées.

Il faut veiller à ce que les dialogues soient utiles. Soit, ils présentent un personnage, soit il font avancer l’action, soit ils présentent une situation, soit donne des informations. Essayez autant que possible d’aller à l’essentiel. Si deux personnages se rencontrent, il n’est pas nécessaire de commencer les dialogues par « bonjour », « salut », « comment vas-tu ? » etc. A moins que cela ne soit vraiment capital pour le récit. Deux personnages qui ne se parlent pas ou se haïssent pourront se dire bonjour et cela créera une forte tension dans le récit. De même qu’un personne très timide qui ira dire bonjour à un parfait inconnu sera une « nouveauté » de l’histoire, un moment fort.

Autre petit conseil, que j’ai moi-même de grosses difficultés à mettre en place : Les dialogues sont là pour créer un échange entre les personnages. Les personnages parlent et non l’auteur. Il faut mieux éviter de donner toutes les informations dans les dialogues. Je sais, c’est difficile. Tout comme il est ardu de laisser réellement s’exprimer un personnage et non notre propre ton.

Un dialogue doit être fluide. Il ne doit pas être difficile à lire. Pour cela essayer de le lire à haute voix, imaginez vous sur une scène de théâtre ou imaginez qu’il s’agisse d’un dialogue de film. Pour ma part, je choisis toujours des acteurs que j’aime beaucoup pour « jouer la scène dans ma tête » (qui a dit que les écrivains étaient sain d’esprit ? ^^ ). Souvent je choisis Eddie Redmayne et Emily Blunt et je leur fais jouer les scènes. J’aime beaucoup aussi Kate Winslet ; Gillian Anderson ; Bill Nighy  ou encore David Duchovny. ( non, je n’ai pas une dent contre les acteurs français, pas du tout, c’est juste que je ne regarde pas de film français ou très peu.). Comme je connais bien les jeux de ces acteurs, il m’est plus facile d’adapter leur jeux à mes dialogues, même s’ils ne ressemblent pas à mes personnages, l’important c’est que le dialogue coule de source. Et pour la petite info personnelle je voue un culte fanatique à Eddie Redmayne et Emily Blunt. Imaginez ses dialogues permet de voir s’ils sont cohérents. Il peut être également fort utile de les lire à haute voix. Parfois, on ne se rend pas compte de la lourdeur de certaines tournures avant de les entendre.

Dernier conseil : veillez à équilibrer vos textes afin qu’il n’y ait ni trop, ni trop peu de dialogues.

Et vous ?

Comment faites-vous pour rédiger vos dialogues

et vérifier leur cohérence ?

Qu’avez-vous le plus de mal à gérer dans les dialogues ?

Idée de fiche personnage

La fiche personnage est un incontournable de l’écriture. La grande question reste : Que faut-il mettre dedans ? Je vous explique tout en 8 étapes.

 

Tout d’abord : prenez le temps de penser à votre personnage, avant de rédiger la fiche. Ecrivez ce qui vous vient à l’esprit. Tout ce qui vous vient, même si cela semble étrange ou irréaliste. Ne vous limitez pas.

Deuxième étape : la fiche personnage : L’état civil de votre personnage. Dans cet état civil, vous devez mettre les mêmes informations que pour un état-civil administratif :

Nom

Prénom

Age / date de naissance (signe astrologique, si vous pensez vous servir de l’astrologie pour agrémenter la personnalité du héros)

Lieu de naissance

Surnom et / ou pseudo

Sexe

Orientation sexuelle (j’avoue que l’on ne vous le demande pas dans la « vraie vie » mais là on ne fait pas de politiquement correcte on construit un personnage) / Situation matrimoniale.

Nombre d’enfant et noms (si vous les avez déjà en tête)

Identité des parents

Si besoin préciser si votre personnage est un objet, un être surnaturel, préciser sa race le cas échéant (si vous choisissez un personnage animalier ou surnaturel sa « race » sera très importante pour la suite de l’histoire et sa construction physique : un bichon n’a rien de comparable avec le saint-bernard, l’elfe des forêts n’est pas une sirène.

Emploi

Adresse

Ensuite : vous entrez dans les détails de la vie de votre personnage.

Dans les détails vous avez les questions familiales : c’est le moment de préciser le nombre de frères et sœurs, les relations avec eux. De préciser également, les relations que le héros entretient avec ses parents, ses enfants (s’il en a ou tout simplement l’idée qu’il a des enfants : il en veut ou non; le nombre ; les raisons de son « refus » ou de sa « volonté » d’avoir des enfants). La relation qu’il entretient avec son conjoint (pourquoi est-il marié ou non ? Pourquoi son ex l’a quitté si cette question est importante. Est-ce qu’il souhaite se marier ou non ? Les raisons).

Vous avez également les relations amicales : qui sont ses amis; qui étaient ses amis; des amis sont-ils devenus des ennemis ? Qui est son ou sa meilleure amie ?

Qui sont ses ennemis et pourquoi? Le personne peut ignorer les raisons pour lesquels l’autre est un ennemi mais vous vous devez les connaître.

Puis vient le moment de vous demander si votre personnage à des qualités un peu particulières

Quelles ont été ses études : quel niveau a -t-il ?

langues parlées : il se peut que votre héros vivent dans le monde moderne est sache parler le dotrakhi

Pouvoirs surnaturels : s’il en a et son niveau.

a-t-il des tatouages / des marques de naissances / un difformité : tout ce qui peut être particulier et caractéristiques

connaissances particulières :  votre personne peut très bien être un électricien et pourtant avoir des dons de voyances ou être un danseur classique de haut niveau.

Vient ensuite le moment de s’intéresser au physique de votre personnage :

A quoi ressemble-t-il ?

Visage : Couleur des cheveux; longueur des cheveux ; couleur et forme des yeux ; forme du nez ; forme de la bouche ; tâches de rousseurs ; à quoi ressemble ses oreilles ; grains de beauté ; maquillage ; tatouage.

Corps : masse musculaire ou graisseuse ; taille ; poids ; silhouette ; proportions ; grains de beauté ; tatouages ; cicatrices ; mensurations.

style vestimentaire

manière de parler ; accent

Posez vous ensuite la question des opinions de votre personnage :

religion et pourquoi ? Est-ce qu’il suit les idées de sa famille ? Ou a-t-il changé de religion dans sa vie ?

idée politique : plus à droite ou à gauche ? Plus monarchiste ou révolutionnaire ?

philosophie : quelles sont ses idées philosophiques importantes : exemple pro-life ou pro-choice ?

Croyances diverses et superstitions

Avant-dernier point important : les traits de personnalité

quelles sont ses passions ?

quelles sont ses capacités intellectuelles ?

que déteste-t-il ?

Comment se voit-il par rapport aux autres ?

Comment ses proches le voient-ils ?

Comment les étrangers le voient-ils ?

Quelles sont ses qualités ?

Quels sont ses défauts ?

Quels sont ses rêves ? Comment régissent-ils sa vie ? Est-il du genre à tout faire pour les réaliser ou au contraire est-il pépére dans sa vie ?

Comment imagine-t-il sa vie dans 1 an ? Dans 5 ans ? Dans 10 ans ?

Dernière étape : Quels sont ses objectifs

Personnels

Professionnelles

Familiaux

Quels sont ses objectifs dans l’histoire ? Que peut-il obtenir dans l’histoire ?

Pour se faire penser en terme d’objectifs SMART, allez voir mon article sur les objectifs SMART si vous en avez besoin.

 

Trouver les personnages utiles à votre roman

Il y a des personnages utiles et d’autres un peu moins. Si on peut très bien gérer de nombreux personnages, lorsque l’on débute dans l’écriture, il est parfois difficile de gérer de nombreux personnages et de savoir qui sont vraiment les personnages utiles à l’intrigue.

Tout d’abord, il faut se rappeler qu’il existe différent type de personnages. Les personnages ne sont pas nécessairement humains. Il peut s’agir d’un objet, d’un animal, d’un alien

Je ne me souviens plus du titre du livre, ni de l’auteur, mais j’ai lu, il y a de nombreuses années un livre où le narrateur et le personnage principal d’un roman étaient justement une maison. La maison dans laquelle se réunissait chaque année toute une famille. L’histoire était justement racontée et vécue par la maison. Ce genre de choix n’est pas courant, mais ils permettent de voir l’action différemment.

Tous les choix sont donc possibles. Pourtant, il faut que vos personnages servent l’histoire, plus que l’histoire serve les personnages.

Chaque personnages doivent avoir un rôle précis. Ils doivent servir, sans quoi il s’agit de figurant. Les figurants ne servent presque à rien. Ils sont là pour grossir une scène, notamment les scènes de groupes. Ils ne font que passer et sont pratiquement oubliés une fois qu’on les a vus.

Les rôles d’un personnage peuvent être ceux de :

sujet : le roman se fait par eux, ils en sont le sujet principal. Il s’agit du personnage principal ou des personnages principaux.

objet : l’histoire tourne autour d’eux. Ils peuvent être le protagoniste ou l’objet de la quête, comme lors d’un roman policier.

adjuvant : ils aident le héros à réussir. Ce sont les protagonistes ou les acolytes.

opposant : ils sont là pour contre-carrer le héros dans sa quête. Ce sont les antagonistes, les ennemis ou les obstacles.

Maintenant que nous avons vu les rôles que peuvent avoir les personnages voyons quels peuvent être les types de personnages :

Je ne vais pas commencer dans l’ordre le plus logique, vous verrez pourquoi ensuite :

Tout d’abord, il y a les figurants qui eux ne servent pas à grand chose à part combler le vide, ou meubler une scène de groupe.

Ensuite, on peut parler des personnages obstacles : qu’est-ce que c’est que ces personnages obstacles ? C’est simplement des personnages qui ont des buts différents de ceux du héros et qui le contre-carre sans même s’en rendre compte. Ils ne sont pas les « méchants » de l’histoire, pas les vrais méchants, mais simplement, ils servent leur propre cause, ce qui peut aller à contre-sens de ce que désir le héros. Ce sont tous les personnages qui mettent des bâtons dans les roues, vous savez comme ce type à la boulangerie qui prend le dernier croissant alors que vous mouriez d’envie de manger un croissant. Ce type n’est pas votre ennemi, il n’a pas acheté le dernier croissant pour vous embêter, ou vous faire du mal, mais voilà votre but d’acheter un croissant et alors anéanti. Ce type est donc votre personnage obstacle.

Parlons à présent de l’antagoniste : lui c‘est le vrai ennemi. Il ne met pas que des bâtons dans les roues de votre héros, il fait tout pour le faire tomber et le détruire, tout du moins réduire ses espoirs à néant.

Maintenant abordons la question de l’acolyte ou des acolytes. Ils ne sont pas les héros, ni les personnages principaux, mais ils sont là pour aider le héros à parvenir au bout de sa quête.

Venons-en à la question qui pose problème :

Le personnage principal, le protagoniste ou le héros : Il est difficile de définir les trois termes. Certains estiment qu’il s’agit de la même personne d’autre qu’il s’agit de deux, voir trois personnages différents.

Petites définitions :

Le personnage principal : c‘est celui qui raconte l’histoire. Il s’agit du narrateur.

Le protagoniste : c‘est celui qui fait avancer l’action. Son but : faire avancer l’intrigue. Parvenir au but de l’histoire.

Le héros, quant à lui, est une combinaison des deux termes précédents. Il est à la fois le narrateur et le protagoniste.

Est-ce qu’il faut nécessairement avoir un personnage principal (donc un narrateur) différent du protagoniste ? Tout dépend de votre récit. Tout est une question de sensation, de réflexion et de faire ce qui correspond le mieux au récit.

Lorsque l’on commence dans l’écriture, il est parfois plus facile de mêler personnage principal et protagoniste, car au lieu d’avoir deux personnages différents à écrire, il n’y en a plus qu’un seul : le héros. Toute l’histoire tourne autour de lui.

Bien entendu, ce qui est plus « facile » n’est pas nécessairement le « meilleur » pour votre histoire.

Pour ma saga, il y a de nombreux personnages principaux. Je dirais même qu’il y a trois héros, enfin deux héroïnes et un héros pour le coup. Mais n’oubliez pas que la saga fera cinq tomes, elle devait en faire six (Ces derniers temps, je me demande si je ne vais pas opter pour 4 tomes seulement, c’est compliqué. )

J’ai longtemps réfléchi à cette saga, ceux qui me suivent sur le blog en entendent parler depuis des mois, du coup, je l’ai écrite puis réécrite, puis encore, etc. Ce qui signifie que j‘ai fait beaucoup de recherches sur la meilleure méthode d’avoir une histoire qui tienne la route. Aujourd’hui, la version qui sera achevée comportera deux héroïnes. L’une d’elles ne racontera jamais l’histoire pourtant, mais je ne peux pas la considérer comme une protagoniste, parce qu’elle est le moteur de l’histoire : il s’agit de la clé. C’est donc un objet. On ressent tout au long de la saga sa présence, elle intervient, mais elle ne prend pourtant, on ne voit pas l’histoire à travers ses « yeux ». Alors pourquoi en faire une héroïne de la saga ? Je dirais tout simplement « parce que » c’est la place que je sens qu’il faut que je lui attribue. Parfois ressentir, c’est plus important que suivre les règles.

Ma seconde héroïne, c’est Katerina. Elle est le moteur de l’histoire, on voit l’histoire à travers ses yeux, mais pas que, je vous explique après pourquoi. Sans elle, il n’y a pas d’histoire, pas de moteur à l’histoire et pas d’intrigue. On ne peut donc pas l’enlever. On pourrait très bien voir son histoire à travers les yeux d’autres personnages, mais il manquerait une dimension psychologique énorme et le cheminement de son évolution interne et externe. Croyez-moi, j‘ai tenté de supprimer son point de vue de narratrice et ça n’a pas donné grand chose.

Le héros quant à lui, c’est Camille. Longtemps, je l’ai considéré comme un protagoniste, mais plus le temps passait plus je me rendais compte que sans lui pas d’histoire non plus. Il est à la fois un narrateur de l’histoire (j’ai plusieurs narrateurs ) et un protagoniste, car il fait avancer l’histoire. Ce qui fait de lui un héros.

Quant aux personnages principaux, ils sont au nombre de quatre pour le tome 1. Les autres tomes ont des personnages principaux et des héros parfois différents, parce que l’histoire se concentrent sur d’autres aspects de l’histoire. Le seul héros qui restera d’un bout à l’autre sera la clé.

Faites-vous une distinction entre Personnage principal,

Protagoniste et Héros ?

Les personnages secondaires

Ah la grande question que voilà. À quoi servent les personnages secondaires ? Qui sont-ils ? Que doit-on faire d’eux ?

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Personnages secondaires versus figurants :

Les personnages secondaires ne sont pas des figurants. S’ils ne servent à rien ou juste à planter un décor, il s’agit de figurants. S’ils ont une histoire, un but, apportent du soutien au héros et aux personnages principaux, alors là, il s’agit de personnages secondaires.

Utilité :

A quoi doivent servir les personnages secondaires ? Justement à soutenir le héros. À valoriser son histoire ou à la dévaloriser, selon les cas. À apporter un plus à l’histoire. Il faut que le lecteur se dise que ce personnage secondaire ne pourrait pas être remplacé par un autre.

Des personnages complexes :

Comme pour le héros et les personnages principaux, ils doivent être uniques, complexes et riches. D’accord, vous ne vous servirez pas de toutes les informations que vous pourriez avoir sur eux, mais n’empêche, ils ne doivent pas passer pour du remplissage. Si vous inventez des personnages uniquement pour remplir plus d’espace dans votre roman, cela se verra immédiatement. Si vous inventez des personnages avec des personnalités différentes et fortes, alors le lecteur le sentira aussi et vous sera reconnaissant.

Les personnages secondaires doivent avoir une histoire qui leur est propre. Et oui, il va aussi falloir leur inventer une vie, un passé, un futur, des objectifs à atteindre, des désirs, des amours, des passions. N’allez pas aussi loin que pour votre héros dans ces recherches, mais le lecteur doit sentir que vos personnages ont des failles et des enjeux.

Sentir ne signifie pas que tout doit être couché sur le papier. C’est justement là la nuance. Le lecteur n’est pas bête, il est même plus intelligent qu’on ne le pense, il est doté d’un sixième sens. Il sent quand l’auteur a bien fait son job ou non.

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Comment les concevoir ?

Commencez par concevoir et rédiger l’histoire de chacun de vos personnages secondaires. Par le terme histoire, j’entends biographie. Racontez rapidement sa vie, telle qu’il la voit (sans aller dans tous les détails), racontez sa vie comme un étranger la voit et comme un proche la voit. (C’est exactement le même travail que pour les personnages principaux. )

Trouvez-leur, ensuite, des objectifs précis :

Que veulent-ils dans la vie ?

De quoi ont-ils besoin ?

De quoi rêvent-ils ?

Comment pourraient-ils parvenir à leur rêve / but / objectif ?

(C‘est exactement à ce moment-là que les livres de développement personnel sont utiles – en tout cas pour moi).

Comme pour les personnages principaux, ou le héros, vos personnages secondaires peuvent aussi avoir une roue de la vie et des envies à réaliser.

Penchez-vous sur la description physique. Pour faire vrai, ils doivent avoir des défauts physiques, plus ou moins prononcés, des qualités, des doutes quant à leur physique, des complexes. Rendez-les humains.

Maintenant consacrez-vous à leur trouver des objectifs dans le roman. Demandez-vous à quoi ils servent. Est-ce que tel personnage a son utilité ? Laquelle ? Pourquoi ne pourrait-il pas être remplacé ? Et s’il n’était pas là qu’arriverait-il au héros ? À l’histoire ? Mon intrigue principale garderait-elle la même force ? Et les intrigues secondaires seraient-elles toujours utiles ? Suis-je prêt à sacrifier un personnage s’il n’est pas aussi utile que je ne le pensais ?

À oui, la dernière question est la plus difficile. Est-on prêt à faire disparaître un personnage ? On n’est jamais vraiment prêt, je vous rassure. Surtout que l’on a passé du temps à écrire sa vie, ses objectifs, que l’on a imaginé le roman avec ce ou ces personnages. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence :

Un personnage non-utile est un poids mort. Les poids morts empêchent le lecteur d’apprécier votre livre. Potentiellement, ils ne vous aident pas à passer le cap de l’édition. Donc jetez les poids morts par-dessus bord, avant que le bateau (votre livre) coule.

Si vous êtes très attaché à un personnage et que vous ne voulez pas le jeter à la mer; il va falloir augmenter son niveau d’intensité dramatique et le rendre indispensable. Peut-être au détriment d’autres personnages.

Si vous êtes un écrivain débutant, ou si vous avez peur de vous emmêler les pinceaux, ne multipliez pas les personnages. Ce n’est aucunement honteux d’écrire un roman avec cinq personnages, si l’on se pense incapable (pour le moment ou pour la cohérence de l’histoire) d’écrire un roman avec 20 personnages ou 50. Des auteurs, comme G.R.R. Martins ou J.R.R Tolkien sont capables (plutôt était monsieur Tolkien étant décédé depuis un petit moment) d’écrire des histoires avec de très nombreux personnages, certes, mais ils ont aussi pris du temps pour planifier les histoires et les connaissances qu’ils portent à chacun personnage. Si vous voulez vite vous lancer dans la rédaction d’un roman (parce que c’est votre premier, parce que vous vous lancez un défi, parce que tout simplement) choisissez plutôt de ne pas multiplier les personnages secondaires, mais de bien les écrire, leur inventer une histoire complexe qui les rendra à la fois uniques et indispensables.

Veuillez à ce que les personnages secondaires ne soient pas trop « proches » physiquement, moralement, spirituellement des personnages principaux. Bien sûr, s’il s’agit des frères et soeurs du héros, il a des chances qu’ils ressemblent au héros physiquement et qu’ils aient eu la même éducation, cela doit se sentir pour le héros, mais même alors les personnages doivent être uniques.

Rappelez-vous les personnages secondaires ne portent pas l’histoire. Ils la soutiennent. Ils viennent apporter des complets d’informations, des idées au héros, ils ne sont pas les personnages principaux. Vous devez donc moins les développer dans votre roman. C’est pourquoi ils n’est pas utile qu’ils soient très nombreux.

Que faire, si vous vous rendez compte en court de correction ou d’écrire qu’un personnage secondaire n’est pas assez « fort » et « utile » ?

– Supprimez-le et réécrivez les scènes où il apparaît avec un personnage différent qui en sera alors renforcé.

– Si cela n’est pas possible, et bien renforcé son intrigue et ses besoins. Donnez-lui plus de place dans une intrigue secondaire.

– Tuez-le. Non, je plaisante, cette solution n’est pas la meilleure et elle est très stéréotypée. Sauf si vous aviez planifié de le tuer dans le roman pour de certaines raisons qui seront dévoilées plus tard.

Rendez vos personnages secondaires aussi attachants ou détestables que possible, mais surtout aussi réel qu’il le faut. Consacrez une partie de votre BuJo d’écrivain aux personnages secondaires, si cela vous aide. (Ou un dossier spéciale sur votre ordinateur si vous choisissez de garder vos notes sur l’ordinateur.).

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En conclusion, si les personnages secondaires ne portent pas l’histoire sur leurs épaules, il ne faut pas les négliger pour autant. Au contraire, un roman captivant est un roman dans lequel l’auteur connaît TOUS ses personnages, TOUTES les intrigues.

Petit rappel dans un roman :

Tous les personnages doivent être utiles. Le héros est celui qui porte l’histoire et la fait avancer. Les personnages principaux accompagnent le héros et portent l’histoire avec lui. Les personnages secondaires aident le héros et les personnages principaux. Les figurants font bonne figure. (Aide ne signifie pas nécessairement qu’ils sont du côté du héros, mais qu’ils aident l’histoire à avancer au sens large. )

Toutes les scènes doivent avoir une dimension forte et dramatique.

Toutes les intrigues doivent créer des tensions.

Tutoriel : Création des personnages

Le tutoriel de ce mois de décembre sera consacré à la création des personnages. La question des personnages est capitale. C’est grâce aux personnages que votre roman sera apprécié ou non. Même une idée déjà « vue » si elle est portée par des personnages captivants et bien construits aura toutes ses chances d’être appréciée par le lecteur.

Comment construire de bons personnages complexes et intéressants ?

Tout simplement de la même manière que nous construisons notre personnalité. Un peu plus chaque jour, d’avantage à chaque épreuve et surtout en se basant sur le passé, les rêves et les ambitions.

Qu’est-ce qu’un personnage de roman ?

Tout personnage de roman est un humain à part entière. Il a ses peurs, ses doutes, ses failles, ses forces, ses désirs secrets, ses défis à relevés, son amour-propre, ses joies, ses envies, … Un personnage doit ressembler à n’importe quel humain. Trop parfait, il sera inintéressant, trop emplis de défauts, il sera agaçant. Bien sûr tout dépend du genre que vous écrivez. Si vous êtes dans la parodie ou le pastiche allait y grossissez les traits de votre héros et transformez le en un super gentil, lisse et sans le moindre doute. Si en revanche, vous écrivez un roman qui se passe dans le réel, il va falloir que vos personnages aient des traits de caractères « humain ».

N’oubliez pas : Personne n’est parfait, mais rien n’empêche certains de le penser.

Pour construire de bons personnages posez-vous la question :

Que désirons nous ?

Qu’est-ce que nous les humains, nous voulons plus que tout ?

L’argent ?

Un travail épanouissant ?

Une famille unie ?

L’amour ?

Avoir la santé / être en bonne santé.

Devenir ou rester mince et en forme.

La passion ?

Réaliser ses ambitions ?

Oui, oui, oui ! Mais tout cela sous-entend quelque chose de plus profond. Pourquoi voulons-nous de l’argent ? Pour payer les factures, pour faire plaisir à notre famille, pour être à l’abri du besoin. Pourquoi vouloir l’amour ? Pour être heureux.

Voilà, on y est : Le bonheur.

Tous les êtres humains veulent être heureux. Personne ne vous dira que le but de sa vie est d’être obèse, en mauvaise santé, seul, sans enfant, ni travail, ni argent et être malheureux. Parce que le but de l’homme réside justement dans cette notion qu’est le bonheur.

Si nous cherchons le bonheur, aussi fugace puisse-t-il être, et bien vos personnages doivent le chercher également.

Le bonheur ne signifie pas la même chose pour tous. Une femme qui désire avoir un enfant peut penser ne trouver le bonheur que dans la maternité. Un homme peut estimer qu’il ne sera heureux que lorsqu’il aura une voiture de sport dernier modèle. Une mère sera heureuse que lorsque tous ses enfants auront une situation stable dans la vie. Une personne pauvre pourrait estimer que pour elle le bonheur serait de gagner une grosse somme d’argent aux jeux de hasard.

Le bonheur est une notion. Elle découle d’actes que nous ne contrôlons pas, ou pas toujours. Il est difficile d’estimer ses chances de gagner au loto, même si nous le souhaitons plus que tout, il reste que le hasard fait ou ne fait pas les choses. Une femme qui désire tomber enceinte que se voir refuser ce « bonheur » par son conjoint qui lui estime que « ce n’est pas le moment » parce que lui n’a pas ce qui lui faut pour avoir « son bonheur« .

Si le bonheur est un sentiment de joie, les raisons de cette joie sont parfois futiles. Mais tous les livres de développement personnel vous le diront mieux que moi.

Les personnages de roman et le bonheur :

C’est simple, la question à vous poser est la suite :

Qu‘est-ce qui rendrait mon personnage heureux ? Qu’est-ce qu’il pense devoir obtenir pour atteindre le bonheur ?

Ce n’est pas nécessairement ce qui le rendra le plus heureux, mais c’est ce qu’il pensera ou estimera devoir avoir pour être heureux.

Je dis estimer parce que parfois il y a une différence entre ce que l’on désire et ce qui est bon pour nous. Le bonheur se trouve parfois là où on ne l’attend pas. C’est justement ce qui va, certainement, arrivé à vos personnages.

Pour que vos personnages soient intéressants, il est bien plus judicieux de leur donner des désirs qu’ils ne peuvent atteindre ou qu’ils se rendent compte en chemin que non finalement, on n’a pas besoin de …(ce que vous désirez le plus ) pour être heureux.

Une fois que vous avez trouvé ce que désir le plus votre personnage pour être heureux et compris que ce n’est pas nécessairement ce qu’il obtiendra. Vous devez vous penser sur la personnalité de votre personnage.

La personnalité :

La personnalité doit être complexe, riche et intense. Nous ne sommes pas tout lisses. N’oubliez pas que l’on ne montre pas toutes les facettes de sa personnalité à tout le monde, mais que l’on agit différemment selon les personnes que nous avons en face de nous. C’est pareil pour votre personnage. Il ne doit pas être toujours pareil. C’est pourquoi il est important de se pencher sur sa personnalité et de lui brosser différent traits de caractère et d’avoir en tête sa manière d’être selon les situations.

Maintenant regardons la manière de former ou forger une personnalité :

De quoi a-t-on besoin ?

Du passé du personnage. Il faut connaître son passé, ses antécédents afin de pouvoir le rendre humain. N’oubliez pas que tout se joue dans l’enfance. Ce sont nos parents, nos interactions avec le monde, nos rencontres qui forgent ce que nous sommes une fois adultes.

Des traumatismes. Les traumatismes de l’enfance, bien sûr. De quoi a peur votre personnage ? Et lorsqu’il était petit ? Pourquoi ? Avait-il peur d’être abandonné parce qu’une fois, il s’est retrouvé seul dans un magasin ? Avait-il peur de l’eau parce qu’il a failli se noyer dans son bain ? Craignait-il les chiens parce qu’il s’est fait mordre ?

Les joies. Connaître les joies, les bons souvenirs sont également très importants. Quels sont ses souvenirs ? Pourquoi les apprécient-ils ? Est-ce qu’ils sont aussi bons qu’il ne le pense ou aussi mauvais qu’il ne le croit ? Pourquoi ?

Cherchez et creusez sous la surface pour voir ce qu’il y a derrière le vernis.

Une fois ces recherches effectuées, cherchez quels peuvent être les qualités ou les défauts qui découlent de ses souvenirs, de ce passé. Allez plus loin que gentil ou méchant. S’il vous manque des idées de qualités et de défauts, tapez liste de qualités et défauts dans votre moteur de recherche. Généralement, des sites de conseils pour ceux qui passent des entretiens d’embauche, brossent des listes de qualités et de défauts. Inspirez-vous de cela. Évidement un personnage pingre ne pourra être généreux, ou alors seulement dans certaines occasions et pas nécessairement en matière d’argent. Soyez réaliste et précis. N’hésitez pas à doter vos personnages de gros défauts, surtout si ces défauts rendent « impossible » pour lui d’obtenir le bonheur.

Si votre personnage souhaite devenir acteur mondialement reconnu et qu’il est timide et incapable de parler en public cela risque de compliqué sa tâche, mais tant mieux, ce sera un défi à passer. Vous avez beau faire dans le réaliste, l’intrigue doit être riche en action et en rebondissement et plus les défis seront élevés plus le lecteur appréciera (mais nous y reviendrons dans un autre tutoriel.)

Quel est le rapport aux autres de votre personnage :

Que montre-t-il à sa famille ?

Quelle personnalité montre-t-il à ses amis ? À ses connaissances ? À son patron ?

Un râleur colérique sera peut-être plus doux avec un patron plutôt qu’avec sa femme.

Le physique :

Autre étape importante lors de la phase de création des personnages. Le physique ne doit pas nécessairement être en adéquation avec votre personnage et sa personnalité.

Le physique comme le mental doit être en relief. Ne faites pas de votre héros une personne belle, charmante, sans défauts physique, ni morale. Au contraire, trouvez-lui des défauts. Il peut avoir un oeil de verre, une jambe de bois. Votre personnage doit également avoir des complexes.

Quelle partie de son corps aime-t-il le plus ? Pourquoi ?

Que déteste le plus chez lui ? Pourquoi ?

Fait-il quelque chose pour y remédier ? Cela fonctionne-t-il ?

Est-ce que ses complexes et ses défauts font l’empêcher d’atteindre son but ? De quelle manière ?

Plus vous vous poserez de question sur votre personnage et plus il aura de chance d’être riche en émotion et digne d’intérêt.

Autre question importante : comment votre personnage va-t-il évoluer dans l’histoire ?

Si vous personnage est confronté à des difficultés en début du récit, il doit changer pour résoudre ses problèmes ou pour échouer à les résoudre, mais il ne doit pas rester comme il est. Cela dans l’intérêt du lecteur.

La Fiche personnage :

Après vous avoir posé différentes questions et avoir noté sur un papier ou un carnet toutes les idées que vous avez eu sur la vie de votre personnage, sa personnalité et son physique, il est tant de faire une fiche personnage digne de ce nom.

Je vous conseille de prendre un carnet ou un dossier sur votre ordinateur, un document qui ne sera consacré qu’aux fiches personnages.

Commencer par trouver un nom et un prénom. Pour cela veiller à avoir un dictionnaire des prénoms, un bottin téléphonique, etc. Gardez en tête que vos personnages ne doivent pas avoir des prénoms trop proches les uns des autres, pour éviter la confusion chez le lecteur. Notamment si vos personnages ont des noms « exotiques ».

Après le nom et le prénom, trouver la date de naissance. Noter rapidement l’arbre généalogique de votre personnage, qui sont ses parents, combien a-til de frère et soeur, a-til des enfants, un conjoint. Que fait-il comme métier ? Que veut-il de la vie ? Quelles sont ses ambitions.

A présent passons aux traits de caractère : trouvez-lui au moins six défauts et si qualités, pas nécessairement des qualités majeures. Noter ce que votre personnage pense de lui-même, ce qu’il voudrait améliorer ou changer dans sa personnalité.

Passer aux traits physiques : comme pour les qualités, écrivez quels sont ses complexes et comment il se juge.

Faites une liste de ses traumatismes, de ses souvenirs les plus sombres. Puis une autre, avec ses plus grandes joies et ses meilleurs souvenirs.

Viendra ensuite une courte biographie de votre personnage. Pour cela mettez-vous dans la peau d’un journaliste qui devrez décrire une personnalité importante ou un témoin dans une affaire judiciaire. Comment décririez-vous votre personnage ? Que voit-on de lui ? Sur lui ? Que pense-t-on de lui au premier regard ? Que porte-t-il ? Quelle impression vous fait-il ? Parlerez-vous de son métier ? De ses chaussettes dépareillées ?

Second exercice faites décrire votre personnage par un membre de sa famille proche, sa mère ou sa femme ou son mari. Quelqu’un qui le connaît bien, vraiment bien. Quelles sont ses qualités ? Comment sa femme le perçoit-il ? Que pense-t-elle de lui ? L’aimetelle encore ? Si, non, pourquoi l’a-telle aimé ? Et pourquoi a-t-elle cessé de l’aimer ? Creusez.

Enfin, faites décrire votre personnage par lui-même. Imaginez-le à une réunion des alcooliques anonymes. Il doit se présenter, que dit-il de lui ? Comment le dit-il ?Que faisait-il durant son temps de parole ? Les gestes jouent pour beaucoup dans la communication. Quelle impression a-t-il de lui-même ? Comment croit-il qu’on le perçoit ?

Pour terminer créer une roue de la vie. Pour être heureux, nous avons besoin d’une vie équilibrée dans la plupart des domaines.

Les domaines sont :

La famille

Les relations (amis, connaissances, collègues) : vous pouvez faire une partie relation d’amitié et une autre de travail si cela est important.

La santé

Le travail

Finances

physique

Moral / humeur général

Loisirs

Spiritualité

Couple (réserver plutôt dans « famille » les relations avec les parents ou les enfants).

Notez chacune de ses parties de 1 à 10 (10 étant le bonheur et la satisfaction absolue). N’hésitez à écrire des commentaires sur chaque sphères. Dites pourquoi le personnage n’est pas aussi heureux qu’il le voudrait, ce qu’il voudrait, comment il pourrait atteindre ce but et ce qu’il pense devoir faire pour y arriver.

Avec toutes ses informations, vous devriez avoir des personnages riches en émotions, précis et humains.

Les personnages

Les personnages supportent l’histoire. Ils la font évoluer. Les lecteurs s’attacheront à eux, que ce soit pour les adorer, les détester, les soutenir. Ils les feront rire, pleurer, les énerverons lorsqu’ils ne feront pas ce que l’on attend d’eux ou justement lorsqu’ils le feront. C’est pourquoi vos personnages doivent être vrais !

Être vrai !

C’est difficile pour un personnage de fiction de faire vrai et d’être un humain comme les autres. Pourtant si vous tenez à ce que le lecteur s’intéresse à l’histoire et soit plongé dedans, vous devez avoir des personnages principaux cohérents, humains, emplis de doutes, avec des forces et des faiblesses.

Si vos personnages sont trop lisses le lecteur décrochera rapidement. C’est pourquoi il faut des personnages hauts en couleur.

Évitez les personnages stéréotypés. Sauf si votre roman le nécessite. Dans l’absolu, il faut mieux que vos personnages soient riches et profonds. Des doutes, des défauts, tout autant que des qualités. Même les méchants ont des qualités, ne serait-ce qu’à leurs yeux.

Un bon personnage doit être ni tout blanc, ni tout noir. Sauf si vous écrivez des romans jeunesses, et encore, les enfants et les adolescents ont tendance à apprécier les personnages comme eux, ni bon, ni mauvais, juste humain.

La personnalité joue un très grand rôle. Pourtant n’oubliez pas que pour se forger une personnalité, les humains ont besoin de plusieurs facteurs :

  • la famille

  • l’environnement

  • les plans intérieurs

  • Le passé

Pour vos personnages de roman, les choses doivent être semblables.

Ils ont besoin d’un passé, dans lequel ils auront vécu des traumatismes. Traumatismes ne signifient pas que tous vos personnages doivent avoir été des enfants battus, violés ou martyrisés. Au contraire, avoir des parents protecteurs, subis un échec dans une compétition scolaire ou encore avoir trop d’amis peuvent être des traumatismes. Chacun étant différents, les épreuves de la vie sont forcément vécues différemment. Dans le passé de vos personnages, il doit y avoir ces différences.

Plus vos personnages auront un passé riche, fait de joie, de douleur, de doute, de rire, d’amour, de haine, plus ils auront des facteurs extérieurs et psychologiques riches et forgeront leur personnalité.

La famille joue aussi un rôle très important. Si votre personnage en a une ou non, s’il était proche des siens ou non, s’ils avaient une grande ou une petite fratrie. Tout cela compte beaucoup. Un enfant unique n’aura pas le même rapport à la famille et à la fratrie qu’un enfant issu d’une famille de douze frères et sœurs. Une fille n’ayant eu que trois frères n’aura pas nécessairement le même rapport à la féminité qu’une fille ayant eux quatre soeurs. Le tout est une question de dosage.

Quant aux plans intérieurs, ils sont nos désirs, nos envies, nos besoins. Si vos personnages ont des envies, des rêves, il ne faut pas les perdre de vue.

N’oubliez pas non plus, qu’une personnalité se construit sur une unité. Inutile de ne développer que l’intellect, si votre personnage n’a aucun physique ou un physique sommaire.

Vos personnages doivent être vrais, à la fois psychologiquement, mais aussi physiquement. Trouvez-lui des défauts physiques. Ils ne sont pas nécessairement visibles. Il peut avoir un problème cardiaque. Ces défauts peuvent être à la perception qu’il a de lui-même. Je pense notamment au rapport au corps qui peut être difficile. Comme dans le livre : Jamais assez maigre : Journal d’un top model où Victoire Maçon Dauxerre nous parle de l’anorexie.

J’ai choisi cet exemple parce que la maladie n’arrive pas nécessairement de manière consciente. Elle est parfois provoquée par l’entourage. Lire ce genre de livre permet de comprendre des personnalités que nous n’avons pas en tant qu’auteur. Ou que nous pouvons avoir mais vue par d’autres yeux.

Les personnages doivent avoir des failles physiques, mentales, des casseroles qu’ils traînent derrière eux. C’est ainsi qu’ils seront plus vrais.

 

Bientôt, j’écrirais un article sur la manière de construire des fiches personnages.

Créer un héros vivant

Parfois, le héros s’impose de lui-même. On en a la vision, l’apparition soudaine. Des fois, au contraire, c’est plus compliqué.

Comment alors choisir son Héros avec un Grand H ? Comment être sûr que son personnage sera à la hauteur de nos espérances ? Que vous ayez déjà en tête tout ou une partie de la personnalité de votre héros ou que vous n’ayez encore aucune idée de ce à quoi doit ressembler un héros, il faut garder en tête que tout le roman repose sur le héros. Il ne faut donc pas se tromper dans ses choix.

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Qu’est-ce que le héros ?

 

Le héros, c’est le personnage ou l’objet. C’est ce qui porte votre roman. Ce n’est pas forcément un être vivant, tout dépend du genre de roman que vous écrivez, mais sans lui il n’y aurait aucune histoire. Dans ma saga, par exemple, sans Katerina, il n’y aurait aucune histoire. Il s’agit du le personnage principal, du centre de l’attention. C’est un égoïste autour de qui tout se trame.

Le héros doit être construit, pensé et surtout équilibré. Il a des qualités, des défauts, des défauts encore et des faiblesses. C’est tout ce qui fait le charme d’un héros, qu’il soit humain et cohérent avec le monde dans lequel il vit. Le héros n’a pas et ne doit pas être parfait, mais il est nécessaire qu’il soit parfaitement pensé. Tout est une question d’équilibre. C‘est à lui que doit s’attacher vos lecteurs.

Le héros doit apparaître dans les premières pages de votre roman. Apparaître ne signifie pas nécessairement qu’il soit présent. Je pense à En attendant Godot de Samuel Beckett. Dans cette pièce de théâtre, personne ne verra jamais Godot, mais tout le monde l’attendra. Godot est donc le héros de la pièce, et même s’il n’apparaît jamais il en reste le centre de l’attention. Sans aller jusque-là, il est possible de ne pas faire arriver votre héros, mais il faut en parler, que l’on sache que c’est lui qu’on attend pour que l’histoire commence.

Pour trouver votre héros, il faut poser les bases de sa réflexion.

Il faut choisir un héros avec lequel on a des affinités, avec lequel on se sent à l’aise. Quitte à faire un bout de chemin avec quelqu’un autant que l’on s’entend à peu près. Il serait fâcheux de se disputer avec son propre héros.

Choisir donc un héros dont l’âge, le milieu social, les pensées, les réflexions personnelles sont en adéquations avec ce que l’on se sent capable de travailler et ce que l’on connaît. Même s’il est toujours possible d’effectuer des recherches, il y a quand même peu de chance que vous soyez capable d’écrire et de décrire un héros issu d’un milieu social qui vous échappe et d’une tranche d’âge qui vous est inconnue. De plus, ne le transformé pas un admirateur de Socrate si vous ignorez tout de la philosophie de Socrate, à moins que vous ne soyez prêt à faire de longues recherches pour être crédible. Ou, il faut être certain que l’on désire passer des heures le nez dans des livres de Socrate.

Le héros, vous devez TOUT ou PRESQUE connaître de lui. Cependant, gardez en mémoire que le lecteur lui n’a pas besoin de tout savoir. Au contraire, plus il y aura d’inconnues plus le héros sera captivant. Tout ne doit pas être dit du héros dès le chapitre 1, sans quoi votre histoire perdrait de son intérêt. De plus, ne vous sentez pas obligé de tout dire de votre héros avant la dernière page. Si tout n’est pas dit du héros à la fin du roman, c’est que vous avez bien travaillé. Si comme moi, vous écrivez une saga qui s’étale sur plusieurs dizaines d’années, vous en dirait plus qu’en un seul tome, retraçant le même nombre d’années.

Toujours est-il que le héros doit être impérativement doté de défauts. Au diable les super-héros des dessins animés, parfaits sous tout rapports, bourrés de qualités et dénués de défauts. Un héros doit avoir autant, si ce n’est plus, de défauts que de qualités. Par défauts, j’entends aussi faiblesses. Les qualités sont aussi des forces. Être capable d’allumer un feu en pleine nature n’est pas une qualité, mais plutôt une force. Avoir peur des araignées, n’est pas un défaut, mais une faiblesse. Votre héros doit donc avoir des défauts, des qualités, des forces et des faiblesses.

Vous êtes imparfait, votre héros doit l’être aussi.

La meilleure façon de commencer à penser votre héros, reste de prendre une feuille et de dresser rapidement une petite liste. L’exercice que je pratique régulièrement est le suivant :

Sur une feuille, que je découpe en quatre, j‘écris dans la première case en haut à gauche : QUALITÉS, sur la case de droite DÉFAUTS. Sous les qualités, j‘inscris FORCES et dans la dernière case FAIBLESSES.

Je note ensuite toutes les idées qui me viennent à l’esprit en une dizaine de minutes.

Ensuite, j‘analyse. Je regarde quelle partie est la plus conséquente. Si j‘ai le plus de qualités, je le moins de faiblesses, je tente d’équilibrer.

Il suffit de penser aux gens qui nous entourent pour trouver des idées. C’est souvent amusant de construire ses personnages avec des traits de personnalités des personnes que l’on connaît. Pourquoi ? Si vous connaissez la personne, vous connaissez son tempérament face à certaines situations. Vous pourrez donc plus facilement les décrire.

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Le physique

Après avoir dressé un portrait moral et psychologique, il faut s’attaquer au physique. Pour ma part, je conçois rapidement le physique de mes personnages principaux. Je n’ai besoin de rien. Simplement, une feuille pour noter mes idées.

Pour d’autre, ce travail est bien plus complexe. Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est d’utiliser Internet. Créer vous des castings de personnages. Chercher des images, qui vous inspirent.  Vous trouverez des dizaines de photographies dans lesquelles vous pourrez puiser. Mélanger les genres et les styles. Le nez d’une star, avec les fesses d’une mannequin à la mode, la bouche de votre voisine de palier, le front de votre prof de piano… À vous de voir ce qu’il y a de mieux pour construire un personnage intéressant.

Allez plus loin que les simples descriptions « beau« , « belle« , « brune« , »petit », « grande » Essayez de décrire plus précisément. Si votre personnage est brun approfondissez votre descriptions en regardant des nuanciers de teintures. Si elle est grande précisez la taille. Quant à la beauté, n’oubliez pas que si l’idéal reste la symétrie, nous ne sommes le pas pour autant. Nous avons toujours un côté « plus fort » que l’autre. Pour ma part, j’ai une paupière qui tombe légèrement par rapport à l’autre, mais cela n’empêche pas les gens de me trouver des yeux magnifiques. Comme quoi même l’imperfection est charmante.

N’oubliez pas d’ajouter à votre personnage quelques signes distinctifs. Qui n’a pas sur le corps une vieille cicatrice de bac à sable, ou quelques points de suture au menton après une chute magistrale sur les marches d’un escalier ?

Faites vrai !

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Le conflit !

Le héros est en conflit. Sans conflit, pas de roman. S’il n’y a pas de conflit en votre personnage, inutile d’aller plus loin. D’ailleurs, nous sommes tous toujours en conflit avec nous-même ( sans parler de ceux avec les autres.).

Qui ne sait jamais inquiéter de savoir s’il allait démissionner ou garder ce travail qu’il n’aime pas, mais qui paie les factures ? Qui n’a jamais été en conflit interne pour savoir s’il devait agir ou rester passif ? Pensez à votre propre vie, regardez-vous tel que vous êtes. Pensez à vos conflits. Vous n’en trouvez pas, là maintenant ? C’est possible. Plus on pense à des choses plus elles nous échappent. Alors munissez-vous d’un carnet et d’un crayon et écrivez ces conflits internes chaque fois que vous êtes confronté. D’une part, cela vous aidera à vous débarrasser de sources de stress et ensuite vous serez plus  amène de travailler vos personnages.

Demandez-vous, où en est votre personnage au début de l’histoire. Est-ce qu’il est heureux dans sa vie ? Est-ce que tout est si parfait que cela ? N’a-t-il jamais envie d’étriper sa femme lorsqu’elle invite ses amies à l’improviste ? N’a-telle jamais d’arracher les yeux de sa belle-mère ? La mère de famille parfaite ne cache-telle pas des signes de dépression ? Le patron parafait n’a-t-il pas quelques cadavres dans le placard ? Comment se sent votre personnage ? C’est le moment de passer en revue sa vie privée et ses pensées profondes. N’oubliez pas, comme le dit Docteur House « Tout le monde ment ». Dans notre cas, n’oubliez pas que votre personnage ment, à lui-même, à sa famille, à ses proches, aux étrangers, à vous-même.

Un conseil : Tout ne va jamais bien !

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Creusez ! Fouillez ! Bêchez !

Comme dans le Laboureur et ses Enfants, de La Fontaine, allez en profondeur. Allez donc faire un tour dans le passé de votre personnage. Sortez les cadavres des placards. Inspectez les casseroles. Famille, amis, passé, présent, n’oubliez rien.

Sans passer dix ans, à construire un personnage, vous devez vous demander ce qui fait de lui la personne qu’il est au début du roman. Comme vous, votre personnage doit avoir une personnalité qui s’explique par son enfance ! (Tout se joue dans l’enfance ! Demandez à Freud.). C’est là que naissent nos peurs, nos doutes et nos relations futures. Au besoin, lisez quelques livres de psychologie. Une personnalité doit être riche et complexe, pourtant n’oubliez pas que nous reproduisons toujours nos premières expériences. Un peu de votre premier amour se retrouvera dans vos amours futurs. Ici, c’est pareil pour les personnages.

Des désirs sinon rien !

Le héros doit également avoir des désirs, des aspirations, des rêves. Il est humain, autant que possible. Que peut-il vouloir ? Désir ? Que veut-il ? Comment voit-il sa vie dans dix ans ? Dans cinquante ans ? Veut-il être marié ? Avoir des enfants ? Demandez-vous ce qu’il ressentirait s’il n’avait pas d’enfant, s’il n’obtenait pas le travail de ses rêves, s’il ne voyageait pas en Angola alors que c’est son rêve. Quelles seraient les conséquences si ses désirs n’étaient pas réalisés ? Mais demandez-vous également ce qu’il en gagnerait ? Votre héros rêve d’une maison avant l’âge de 30 ans ? Soit qu’est-ce qu’il y gagnerait ? Comment serait-il plus équilibré ainsi ?

Trouvez-lui un but dans la vie !

Un personnage lisse n’intéressera pas le lecteur. Ce que l’on aime dans un personnage ce n’est pas simplement sa perfection, c’est son relief. Plus il sera en relief plus il aura la possibilité de toucher des lecteurs. Le lecteur est à la recherche d’un personnage qui lui fera passer un bon moment, mais également qui le fera réfléchir. Plus votre personnage aura de problèmes dans la vie, plus il devra être combatif pour « gagner » son happy end. N’allez pas non plus dans l’excès inverse et ne mettre que des défauts et des faiblesses à votre personnage. Soyez également cohérent avec ses attitudes.

Je pense notamment au personnage de Javert dans les misérables de Victor Hugo. Javert pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’inspecteur de police qui durant plus de dix ans traquera Jean Valjean. C’est également, un homme né d’une mère tireuse de cartes et d’un père galériens. On pourrait se dire qu’avec un tel passé, l’homme serait plus tôt du côté des bandits que des policiers. Pourtant, il se forge un caractère intransigeant et inflexible, par peur de ne jamais « entrer » dans la société dont il veut tant faire partie.  Sauvé par Valjean, il se rend compte que son intransigeance est mise à mal par la bonté d’un ancien força qu’il croit à tort incapable de changer. Face à ses propres doutes sur l’humanité, Javert met fin à ses jours. Un tel personnage ne pouvait faire autrement sans perdre toute sa crédibilité. C’est ce que j’admire dans ce personnage :  Il est droit jusqu’à la fin. Il suit sa ligne de conduite, il ne renonce pas à sa personnalité pour un HAPPY END.

Si votre héros se retrouve confronter à un choix difficile, il ne doit pas faillir. S’il a depuis le début de l’histoire montré une forme de tempérament, il ne doit pas en changer à la fin simplement pour vous éviter de le tuer ou car vous voulez vraiment que votre bourru et misogyne macho termine avec la belle blonde, parce que vous ça vous fait rêver. Cela ne signifie pas pour autant que votre personnage ne doit pas évoluer, au contraire. Mais évoluer n’est pas changé. Nous ne changeons pas radicalement de personnalité, votre personnage non plus.