Pourquoi choisir l’édition classique ?

Alors avant de me lapider en place publique, je tiens à dire que je respecte que l’on puisse voir la voie de l’auto-édition mais c’est un choix qui ne m’est pas adapté, ou pas encore, donc dans cet article j’ai envie de vous présenter les raisons qui me font choisir l’édition classique. Sachez que quoi que vous direz pour défendre l’auto-édition est certainement très juste mais que cela ne me fera jamais changer d’avis sur l’auto-édition parce que je suis convaincue que la seule manière de faire changer quelqu’un d’avis est de le laisser faire ses propres choix.

Je viens de finir d’écrire Bloomsbury : balade à Hyde Park dont je suis en plein dans la perceptive de lui trouver une gentille petite (ou grande ! soyons folle) maison d’édition pour lui permettre de vivre sa vie de roman. Je me suis demandée si je ne devais pas tenter l’aventure de l’auto-édition mais pour plusieurs raison j’ai choisi de renoncer et de tenter – encore un fois – l’aventure de la prospection des Maisons d’Edition (affectueusement appelées ME). Cet article ne sera donc basée que sur mon ressentit et non sur des faits scientifiques clairement mesurables par des grands chercheurs en blouses blanches aux facultés intellectuelles de hautes volées, ni cherchez pas de généralité, de vérité absolue ou que sais-je, c’est juste mon avis prenez-le pour ce qu’il est : imparfait, incohérent, subtil, stupide et loufoque.

  1. Je suis une fainéante donc si vous êtes comme moi les ME c’est juste géniales. Elles font tout le boulot et en plus elles vous filent (un peu/pas beaucoup parfois) du blé. Elle n’est pas belle la vie ? Bon d’abord, lorsque l’on a de petites maisons d’éditions les choses sont légèrement différentes parce que vous devrez vous débrouiller vous-même pour trouver des salons (au moins certains), pour démarcher des libraires, pour faire un peu plus de communication, pour faire des interviews etc mais le boulot de mettre votre manuscrit en livre ce ne sera pas à vous de le faire.
  2. Vous ne prenez aucun risque financier. C’est quand même la plus belle partie du job. Bon évidemment, vous pouvez être amené à acheter un stock de livres pour les vendre de mains à mains mais même si vous le faites et admettons que vous ayez besoin de 30 ans pour vendre 100 livres et bien ça reste du bénéfice si vous avez un bon contrat d’édition. Bon ok, en admettant que vous n’achetiez pas de stock du coup vous ne prenez alors aucun risque financier et c’est top ça parce que vous allez vous retrouver à gagner de l’argent (ou pas) sans en avoir dépensé.
  3. La reconnaissance. Être édité par une structure c’est avoir la reconnaissance que quelqu’un qui ne vous doit absolument rien prend des risques de perdre de l’argent avec votre « torchon » que vous appelez votre manuscrit. D’accord, je ne pense pas qu’un roman soit un torchon c’est plus pour vous montrer que c’est quand même une sacrée chance que quelqu’un choisisse un roman/livre et qu’il décide de prendre des risques pour en faire un livre papier ou numérique . Si le livre ne se vend pas ou mal, l’éditeur perd de l’argent ou n’en gagne pas. Ce n’est pas leur but ! Bon le votre non plus mais disons que puisqu’il prend le risque de perdre son argent pour vous vous pouvez vous dire que l’on a reconnu votre talent et c’est super.
  4. Quelqu’un fait les meilleurs choix en matière de couverture, de mise en page etc. Alors oui, on va me dire que les auto-édités font d’excellents choix, blablabla et c’est certainement très vrais (je ne connais pas tous les livres édités de cette manière je ne peux pas juger) mais n’oubliaient pas une chose : LES EDITEURS VEULENT VOTRE TORCHON ! Et les grandes structures ont des gens spécialisés dans la VENTE DE TORCHON et sur COMMENT METTRE UNE BELLE JAQUETTE POUR VENDRE VOTRE TORCHON. Bref, c’est leur métier de faire que votre manuscrit se démarque des millions d’autres livres.
  5. Pas la peine de calculer vos droits sociaux, de gérer les papiers à l’URSSAF, etc parce que franchement le côté administratif en France on est d’accord c’est un peu compliqué. Si vous n’êtes pas en micro-entreprise vous aurez la chance de n’avoir à déclarer vos droits d’auteurs que comme des traitement et salaires (renseignez vous tout de même auprès des Impôts pour vos situations fiscales), vous n’aurez pas à gérer les soucis que peuvent poser l’URSSAF (qui sont des gens fabuleux, enfin pour ceux que je connais ^^). Lorsque vous recevrez vos droits d’auteurs vous aurez directement ce qui vous reste après le paiement des charges sociales.
  6. Avoir un avis de professionnel sur votre texte. Alors un jour on m’a dit que c’était plus important d’avoir un avis de lecteur sur son texte que celui d’un éditeur mais je ne suis pas d’accord. Les lecteurs sont trop émotifs, ce qui est excellent lorsque l’on est lecteur mais pour juger d’un texte il faut savoir se détacher de ses sentiments. Et puis, si vous dites que vous allez travailler vos textes en fonction des ressentis des lecteurs vous n’avez pas fini. Comme il y a autant d’avis que de trous du cul vous pouvez vous dire qu’il y aura autant d’avis sur votre livre qu’il y aura de lecteurs. Si vous vous amusez à écrire pour faire plaisir à chacun vous pouvez être certain que votre livre ne plaira à personne et que vous n’évoluez pas. Alors que travailler avec un éditeur vous permettra de travailler avec une personne qui s’y connait en roman, en écriture, à ce qui plaît aux lecteurs – même si on est d’accord ce n’est pas sur ça qu’il faut baser l’écriture ! – et surtout une personne qui souhaite que vous donniez le meilleur de vous-même …PARCE QU’IL VEUT VENDRE VOTRE TORCHON ! Bien sûr, tout ce que peut dire un éditeur n’est pas paroles sacro-saintes qu’il faut boire comme du vin de messe mais quand même ils peuvent avoir d’excellents conseils.
  7. Avoir le prestige aux yeux des siens. Alors oui, je sais, on s’en moque du regard des autres, mais ça c’est dans un monde parfait, dans le vrai monde désolée mais quand vous dites que vous êtes auto-édité les gens vont dire ou penser « ah ouais donc personne n’a voulu publier sa merde. » Même si c’est votre vrai choix et pas un choix par défaut (ou même si c’est un choix par défaut parce qu’à l’instant T aucune maison n’était intéressée par votre roman ce qui arrive plus qu’on ne le croit). Alors quand on débute, et si on a une mauvaise estime de soi ou si on a une famille un peu désobligeante (je vais rester polie mais vous voyez ce que je veux dire) le fait de dire « j’ai été publié par une ME » et bien ça donne un peu de légitimité et de prestige (voir le point 3) et après vous pouvez faire tout les choix que vous voulez et bien il y aura quand même l’idée que vous avez été choisi, un peu en mode légende Arthurienne avec Excalibur et ça compte quand même vachement beaucoup pour l’estime de soi et pour le fait de se présenter comme un « professionnel », même si c’est bête parce que l’autoédition est un véritable métier et que les auteurs ont plusieurs casquettes. Alors oui, faut faire changer la vision des gens sur l’auto-édition et blablabla mais peut-être pas, peut-être que c’est une mauvaise idée que de changer cette vision du monde et que ce qu’il faut peut-être avant tout c’est le fait de considérer les auteurs comme de vrais professionnels auto-édités ou pas.

Pour ma part, je ne vois que des avantages à être publiée par une ME. Bien sûr, il y a des désavantages. Vous n’avez pas idées du nombres de désavantages :

  1. Être sous contrat vous engage pour un long moment.
  2. Si vous êtes dans une petite structure vous n’avez pas les avantages des grosses maisons d’éditions mais ça permet tout de même de commencer dans le métier sans avoir pris de grands risques comme peut l’être le fait de vous lancer dans l’auto-édition.
  3. Quelqu’un prend toutes les décisions pour vous. Je me rappelle d’une lecture publique ou l’auteur a eu la question suivante « Pourquoi il y a un chat sur la couverture? » et sa réponse a été « Je n’en sais foutre rien parce qu’il n’y a pas de chat dans l’histoire. » Il a enquillé sur le fait qu’il aurait pu broder une histoire métaphorique mais qu’en vrai c’était surtout un choix de l’éditeur pour vendre le bouquin parce que les chats plaisent à tout le monde en ce moment.
  4. Vous ne recevez pas votre argent tout de suite. Parfois c’est très très très très long et je ne plaisante pas et vous gagnez moins, quoi que je demanderai bien à voir les comptes des auto-édités avant de me prononcer sur ce sujet parce que si certains disent « je gagne tant » blablabla, c’est une choix mais entre gagner par exemple 2000 euros par mois et dégager un bénéfice net de 2000 euros et bien il y a une sacrée différence. Car si vous gagnez 2000 euros par mois en autoédition mais que entre vos charges, les achats de fourniture, de livres, de promotions, de ceci et cela il ne vous reste que 50 euros il n’y a pas plus de bénéfices que de toucher 50euros de droits d’auteur.

Bref, je ne vois que des avantages à être éditée par une ME, car même les inconvénients ne suffisent pas à me donner envie de lancer dans une autre forme d’édition du moins pour le moment.

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