Mon avis corrosif sur l’autoédition (part 1/2)

J’aurais également pu intituler cet article :L’auto-édition passée au vitriol mais c’était un peu moins légitime. Je préviens tout de suite cet avis n’engage que moi, il n’est le fruit que de ma réflexion personnelle et je ne dénigre en AUCUN CAS les auteurs auto-édités et l’industrie de l’auto-édition. J’ai du respect pour le travail des autres, je ne suis pas ici pour faire un pugilat : j’ai seulement envie de donner mon avis sur l’auto-édition et sur ce que j’en pense à l’instant T. (Parce que peut-être que dans 5 ans ou 10 ans je changerai d’avis).

Cet avis sera divisé en deux parties pour en facilité la lecture et aussi parce que je fais ce que je veux sur mon blog. En vérité, j’ai décidé de diviser cet article en deux parties pour vous montrer mon cheminement intellectuel, moral et … Politique (??) sur la question de l’auto-édition mais aussi de l’écrivain dans notre société, je casse du sucre sur le dos de l’auto-édition mais ce n’est pas juste par méchanceté, même si clairement je n’aime pas du tout le concept (aujourd’hui) je pense que l’on peut échanger et débattre librement dans notre société et c’est le choix que je fais aujourd’hui.

Dans cet article, je ne vais pas dire que ceux qui s’auto-éditent sont forcément ceci ou cela, que leurs œuvres sont nécessairement ceci ou cela, parce que ce n’est pas le VRAI propos de ce blog. Je pense qu’il y a de bonnes œuvres partout, je suis convaincue qu’il y a de bonnes personnes partout mais… Il y a un mais !

Je ne suis pas auto-éditée. Je me suis renseignée sur la question cela dit et j’ai hésité, c’était il y a trois ans. Pourquoi je vous dis cela ? Après tout, qu’est ce que vous en avez à faire de savoir ce que j’ai pensé il y a trois ans de cela ? Et bien par souci d’être honnête.

Il y a trois ans, je me lançais dans l’aventure de vouloir devenir écrivain à plein temps, disons que j’avais envie que cela arrive parce que le monde du travail est un peu compliqué, alors je me disais que si je pouvais vendre mes romans et gagner de l’argent ça serait cool de vivre de ce que j’aime faire et d’en faire profiter les lecteurs. A l’époque, je n’imaginais pas le nombre de blog existant sur l’écriture (et depuis j’ai l’impression que ça a explosé), je ne savais pas qu’il y avait AUTANT d’auteurs et d’autrices en France et de part le monde, j’ignorais encore combien il existait de chaînes YouTube consacrées à l’écriture et depuis il y en a ENCORE PLUS !

Ce que je savais à l’époque : qu’écrire n’était pas reconnu comme un métier de la part de l’administration française (CAF, Pôle Emploi, Sécu…) et des gens. J’ai toujours entendu dire que même les écrivains les plus fortunés du monde et les plus reconnus devaient s’ennuyer parce que « franchement ne pas se lever le matin pour aller au travail ça doit être usant ». Bref, vous voyez le genre, n’est-ce pas ? Je savais que beaucoup de gens rêvaient d’être écrivains que des milliers de gens renonçaient chaque année à écrire un roman par manque de temps (de détermination surtout), que les grandes Maisons d’Editions recevaient des milliers de manuscrits par an et qu’il était très difficile de se faire publier pour un primo romancier. Je savais aussi qu’être primo romancier c’est mal vu par l’Industrie ( alerte GENERALISATION !). J’avais entendu parlé de l’auto-édition et des maisons à compte d’auteur. Je savais que les petites Maisons d’Editions étaient mieux pour députer parce que plus proche de l’auteur, parce que plus accessibles mais que le revers de la médaille c’est qu’elles étaient moins influentes.

J’ai fait le CHOIX conscient d’envoyer mon roman à de petites et moyennes structures, j’avais également envoyé mon livre à des agents littéraires (en vain ! mais ce n’est pas le propos), évidemment, j’ai également envoyé mon roman à Gallimard ( en toute honnêteté je n’y croyais absolument pas mais c’est bien pour la forme). Je n’étais dit que je pouvais laisser passer un an et voir ce que cela donnait et qu’au pire au bout d’un an je pourrais toujours céder à la solution de « facilité » et auto-éditer mon livre.

Alors, je vous entends déjà dire « ouais mais auto-éditer c’est pas facile… » OUI, je SAIS ! Facilité ici ça veut dire ne pas passer par le long parcours de l’INDUSTRIE DU LIVRE ! Je m’étais donc renseignée sur le projet. A l’époque, j’avais une vision un peu enfantine du sujet. Je pensais qu’être auto-édité c’était quand même un sacré travail mais que ça n’était pas tout à fait pareil qu’être auteur pour une Maison d’Edition et qu’il y avait plus de « prestige » à être édité par une ME qu’à être auto-édité. Alors prestige dans le sens où l’on est « choisi » et que c’est « prestigieux » d’être choisi pour ses qualités littéraires un peu comme être choisi par une entreprise pour un poste de travail. En revanche, je trouvais qu’il y avait plus de « mérite » à être son propre éditeur parce qu’il faut : avancer l’argent, faire sa maquette, trouver son imprimeur, etc. Ici, mérite signifie courage mais ça vous l’aurez compris.

J’ai eu la « chance » de trouver un éditeur. Je voudrais dire que mon « premier roman » n’était pas un premier roman au sens strict car j’avais à de nombreuses reprises écrits des romans avant mais ils ne méritaient pas d’être publiés. JE suis convaincue d’une chose : AUCUN premier texte ne mérite d’être publié. Cet avis n’engage que MOI mais je suis profondément d’accord avec l’idée qu’un primo romancier ne devrait pas être publié. Attention, ça ne veut pas dire que n’avoir jamais été publié veut dire que l’on ne doit jamais l’être, mais je sais par expérience qu’un premier roman n’est jamais totalement abouti. Je m’explique ! Quand on commence à écrire, il y a des choses que l’on ne maîtrise pas totalement (parfois même après cent romans) ce n’est pas une fatalité, écrire comme tout métier demande du travail, de l’expérience, de débuter pour s’améliorer. C’est comme TOUT. Comme vous ne confierez pas à un apprenti pâtissier qui n’a jamais fait un gâteau de faire votre pièce montée de mariage, vous n’irez pas confié une opération à cœur ouvert à un étudiant qui n’a pas fini sa première année de médecine. Je pense qu’aucun premier roman et je dis bien premier au sens strict ne mérite d’être publié. Bien sûr, il y a des exceptions c’est comme tout mais un premier texte est rarement abouti, à moins d’y avoir passé des années de travail mais alors on n’est plus réellement un primo romancier.

Le truc c’est qu’à l’heure actuelle, alors je peux me tromper, mais beaucoup de gens commencent en écrivant des fanfictions (je ne critique pas le concept) durant leur adolescence et puis un jour, ils décident de se lancer dans le roman. C’est génial, sauf quand ils pensent que du coup leur premier roman peut être édité tel quel. D’une part écrire un roman demande plus de travail qu’une fanfiction (dans le sens où avec une fanfiction l’univers est déjà conçu et je sais que je généralise ici parce que j’ai lu des fanfics d’une immense qualité narrative et créative qui étaient juste sublimes). D’autre part, je pense qu’un roman ne se conçoit pas comme une nouvelle ou une novella. Fort de ce premier roman des jeunes auteurs (de tout âges) se lancent à l’assaut des ME et se font refouler, parfois pour des raisons totalement différentes : soit le livre est mauvais (désolée mais oui ça arrive), soit parce qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale, soit parce que la ME n’a plus de place pour les primo romanciers, soit parce que le livre n’est pas abouti.

Ce que je peux dire pour défendre les Maisons d’Editions c’est que :

  • Certains auteurs envoient des manuscrits bâclés
  • Des auteurs envoient des textes qui ne correspondent pas aux lignes éditoriales
  • des auteurs s’imaginent être de « grands » écrivains alors que leurs histoires ne tiennent pas la route
  • Les ME prennent des risques en publiant des auteurs donc elles vont souvent privilégier les textes qui « marchent » pour elles.
  • Certains auteurs ne respectent pas les conditions d’envois des textes
  • Les ME ont des plannings très chargés
  • L’objectif des ME est de gagner de l’argent pas de faire plaisir à des auteurs en publiant leurs textes.
  • Des auteurs ne se rendent pas compte de la médiocrité de ce qu’ils envoient à des éditeurs (je ne dis pas cela méchamment c’est juste un constat)

Une maison d’éditions ça cherche à gagner de l’argent (oui, j’ai dis le mot tabou) avec un matériel artistique et créatif. Ecrire, c’est de l’art, c’est comme la danse. Quand vous voyez un ballet vous voulez qu’il soit le plus beau possible, avec les meilleurs danseurs, les plus beaux costumes, les plus beaux décors BREF vous venez pour l’art mais c’est un business et vous payez pour ça, c’est pourquoi les compagnies font des choix monétaires. Ce n’est pas pour rien que Gisèle, Le lac des cygnes, Casse-noisette sont plus représentés que les Flammes de Paris, juste parce que les compagnies savent qu’elles feront plus d’argent ce qui permettra avec l’argent gagnés de pouvoir présenter de « petit » ballet à côté. Pour l’écriture c’est la même chose. Une ME a souvent des auteurs qui tournent bien( Levy, Musso, Nothomb, Chattam, Valognes, etc etc) ce sont ces « grands noms » (pompe à fric ?) qui leurs permettent d’investir dans des auteurs moins connus, moins bankable (au moins au début) et de donner leur chance aux « primos » romanciers. Oui, ce n’est pas juste parce que dans un monde parfait tout le monde il aurait le droit à sa chance et que tout le monde il serait riche et célèbre et content (dit avec une voix enfantine bien gonflante). Sauf que l’on n’est pas dans un monde parfait et que je suis la première à reconnaître qu’il faut un peu plus d’utopie que de réalité dans ce monde. Donc voilà, étant donné que l’on ne va pas changer le monde du jour au lendemain (sauf en cas d’apocalypse épidémiologique auquel cas nous les auteurs n’aurions pu notre place parce que l’art c’est bien beau mais ça ne nourri pas et qu’il y a peu de chance pour que nous servions le monde post-apo tout de suite) il faut faire avec le monde que l’on a et petit à petit le transformer.

Je peux me tromper mais il me semble que c’est pour cette raison qu’est apparue l’auto-édition. Pour certains ce concept de ME toutes puissantes est un problème. Ceux qui suivent l’actu ( je vous renvoie à Samantha Bailly ou encore la Ligue des Auteurs Pro ) savent qu’il y a de nos jours de gros soucis avec l’AGESSA, la Sécurité Sociale, les Retraites, les cotisations en tout genre et la rémunération des auteurs au sens le plus large. Je ne remets absolument pas en cause les réalités du monde de l’écriture, je ne minimise pas les conflits que nous auteurs pouvons avoir avec l’Industrie du livre, les Maisons d’Editions, l’Etat français ( Sécu, Pole Emploi, AGESSA, URSSAF…) bien au contraire !

Je crois qu’il y a une lassitude envers le monde de l’édition tel qu’il est conçu, qu’il y a également un rejet de l’idée de l’auteur/créateur/artiste incompris qui doit avoir un autre « vrai » boulot à côté pour survivre… Bref, tout ça j’en ai conscience, tout ces soucis je les connais, je me suis renseignée dessus et j’arrive à entendre pourquoi de nombreux auteurs se tournent vers l’auto-édition : gagner plus d’argent, être reconnu en tant que créateur, avoir un statut juridique, cotiser (vraiment) pour la retraite, avoir le contrôle sur son œuvre, avoir un revenu décent, des droits d’auteurs dignes de ce nom,…en un mot : ne pas être qu’un nom sur une couverture.

C’est ici que s’arrête la première partie de cet article, je vous retrouve lundi pour connaître la suite de mon avis sur l’auto-édition, surtout n’hésitez pas à laisser des commentaires, à aller voir ma page Instagram, je suis ouverte à toute discussion qui n’est pas un ramassis d’injures et oui, j’assume 100% la défense des Maisons d’Editions et oui, je « crache » sur l’auto-édition pour des raisons que j’évoquerai lundi.

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