Bilan de la mi-octobre 2019 : grosse fatigue

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de la fatigue, de la lassitude, de l’ennui, de la déception et peut-être même un peu de la dépression ou de burn out. On peut penser que les écrivains n’ont pas de raisons de se plaindre de leur travail, après tout c’est un « choix », une « vocation », et puis c’est une chance, on fait le métier que l’on aime, on est payé à ne faire qu’inventer des histoires et à les partager au monde entier, c’est magnifique ! Seulement voilà :

Lorsque l’on est écrivain, un grosse partie du travail s’effectue seul, assis, enfermé et mentalement. Malgré tout l’amour que l’on peut porter au fait d’écrire, à la conception d’histoire, au plaisir que l’on a de partager nos récits et de rencontrer nos lecteurs, il arrive parfois que l’on se sente seul, fatigué et même déprimé. Ecrire, ce n’est pas que poser des mots sur du papier, c’est accouché d’une œuvre. C’est en quelque chose mettre au monde une histoire et l’offrir au monde, et non les mots ne sont pas forts quand on considère tout le travail d’écriture et le fait que de publier un livre, surtout sous son propre nom, est un défi à l’heure actuelle. Bref, écrire c’est beaucoup de plaisir mais c’est aussi beaucoup de contraintes.

Il peut arriver que ces contraintes pèsent sur le moral.

Etre toujours seul, ok pas toujours, mais une grande partie du temps, même lorsque l’on aime ça, c’est difficile sur le long terme. En plus, a resté assis on finit par avoir mal au dos, aux épaules, les douleurs physiques ce n’est pas cool non plus. On a les yeux qui piquent, des maux de tête parfois, bref l’envers de la médaille est loin du glamour qu’on voudrait nous vendre.

Et puis, il y a la frustration intellectuelle. Lorsque l’on offre son travail aux autres, les critiques peuvent faire très mal. Alors oui, les critiques font parties du jeu et pour 50 personnes qui vont adorer et vous dire à quel point ils ont aimé et combien ils attendent la suite, on ne va retenir dans sa petite tête que la personne qui va vous dire que c’est « nul ». Pas nécessairement que votre travail est mauvais seulement que l’autre n’aime pas, ce qui arrive et qui est normal, seulement le cerveau fonctionne de telle manière que l’on ne retient que ce qui est négatif, c’est un tort bien entendu mais c’est difficile de retenir les bonnes choses qui nous arrivent.

Et puis, il ne faut pas oublier non plus qu’écrire demande énormément d’énergie mentale. Ce n’est certes pas le métier le plus fatiguant physiquement ou celui qui demande le plus de concentration – pour le coup je pense aux médecins par exemple dont les conséquences peuvent être dramatiques – mais il est tout de même épuisant.

Dernièrement, j’ai ressenti cette fatigue et le désir de prendre de la distance avec l’écriture. J’ai certes fait une conférence qui était fabuleuse, une séance de dédicaces géniale ou j’ai rencontré des personnes merveilleuses, mais je n’ai pas écris depuis des semaines. Je pensais que le mois d’octobre signerait le renouveau de mon désir d’écrire, mais c’est même tout le contraire pour le moment. J’ai beaucoup de difficulté à trouver le courage d’écrire, de planifier ou de corriger mes romans.

si j’ai avancé dans certains domaines, comme la lecture, ou la planification de mon mois de novembre pour dégager du temps pour écrire, je n’ai pas corrigé un mot de mon roman Bloomsbury, qui me tient pourtant énormément à cœur.

Je ne dirais pas que je fais un burn out, parce que le terme est bien trop fort pour ce que je ressens, mais je parlerai non pas de lassitude mais de peur paralysante. J’ai peur d’écrire, cette peur se manifeste par une énorme fatigue, un manque de courage, et une procrastination intense. Tout pourvu que je n’ai pas à m’asseoir à mon bureau pour écrire. Dans un prochain article, je vous expliquerai pourquoi j’ai tant de mal à reprendre l’écriture et d’où vient cette peur/angoisse/gêne.

Du coup, je n’ai pas écris depuis un moment et c’est bien embêtant, non seulement parce que je n’avance pas dans l’écriture et donc dans ma carrière, mais également dans mes objectifs de l’année et du mois et c’est très frustrant de ne pas pouvoir se motiver, de ne pas réussir à tenir des objectifs réalistes à cause d’un coup de mou. Alors j’ai pris la décision de me reprendre en main.

Quelle reprise en main ?

Tout d’abord, j’ai renoncé au réveil matin. Bien entendu, tout le monde ne peut pas se le permettre, mais j’ai remarqué que le fait d’avoir un réveil me faisait me traîner jusqu’à lui pour l’éteindre et retourner me coucher. Ce n’était pas du tout productif avons-le. On pourrait croire qu’en se passant de réveil je me réveillerais bien plus tard, mais c’est tout le contraire. Depuis quelques jours que je fais cela, je me réveille de moi-même dix minutes après l’heure où j’aimerais me réveiller avec le réveil. Le tout sans stress, sans râler, sans me remettre au lit, et en étant parfaitement réveillée.

J’ai investi dans un Travel Notebook rechargeable. J’ai remarqué que j’avais dû mal à tenir un Bullet Journal dernièrement parce que c’était trop « compliqué » pour moi pour trouver du temps de faire un Bullet journal et un journal d’écriture en même temps. Cela me demandait un investissement trop énorme en terme de temps et d’énergie mentale. En plus, je voulais également faire le Miracle Morning, tenir un bilan de mes journées, bref, trop de choses qui me demandaient de la concentration et je ne m’en sortais pas. Mes journées ont la stupidité ridicule de ne faire que 24H, quelle idée ! Alors, en fouillant sur internet, et en regardant les vidéos de certaines autrices américaines, j’ai découvert le Travel Notebook rechargeable. Alors, j’ai eu la tristesse de me rendre compte que sur Amazon France, il y a nettement moins de choix que sur Amazon US mais j’ai tout de même trouvé mon bonheur. J’ai également profité d’une visite chez Action pour acheter des petits carnets qui pouvaient remplacer les carnets lignés, car dans ce Notebook, il n’y avait que des carnets lignés et je voulais un carnet blanc et un avec des pointillés. J’ai découvert après coup que chez Action ils vendaient des Travel Notebook, mais ils sentent vraiment mauvais ! En tout cas, dans le rayon, ils puaient le pétrole.

J’ai investi dans des stickers également et dans d‘autres stickers et encore des stickers trouvés chez Action. Avouons-le c’est plus facile de coller un stickers que d’investir du temps dans des dessins. Et bien entendu, j’ai acheté les magnifiques et magiques stickers que vend l’échoppe MalusMagnus sur Etsy, parce que bien évidement je ne pouvais pas me remettre à la création sans ses fabuleux stickers tellement inspirant en cette période de l’automne. Je ne dirais pas que quelques planches de stickers m’ont remotivé à tenir ce Bullet Journal, qui n’est pas tout à fait un Bujo mais plus une combinaison de plusieurs choses mais cela a contribué à me rendre plus encline à m’organiser.

J’ai racheté des stylos PaperMate Flair car les miens étaient usés pour la plupart. Je trouve que ces stylos s’usent un peu rapidement quand même, mais j’adore leur texture, les couleurs, la fluidité et le fait que je puisse m’en servir aussi bien en écrivant des deux mains.

J’ai également relu Miracle Morning, dans ce livre, je trouve toujours beaucoup de bienveillance, d’énergie, de désir et de passion. C’est fou ce qu’un livre peut nous faire ressentir. Dès que j’en fini la lecture, je me sens remotivée et boostée. Bon cette fois, cela n’a pas fonctionné dès la fin de la lecture mais en mettant en place des rituels. Je ne lève pas à 5h pour le moment, bien que ce soit mon objectif. Pour l’instant, je me contente de me lever à 7h, plutôt 7h10 car c’est l’heure à laquelle je me réveille naturellement. Comme il est conseillé dans le livre, je fais mes rituels tous les matins, certes que depuis 3 jours mais je sens déjà les biens faits.

J’ai ensuite décidé de ne pas me remettre à l’écriture de manière obligatoire, mais de laisser faire le temps. J’ai avancé sur plusieurs de mes projets autres que l’écriture et je reviens progressivement à mon ordinateur pour écrire. Je pense que les blocages s’effacent d’eux-mêmes si on ne brusque pas les choses. J’a également prévu de passer à la vitesse supérieure d’ici quelques jours et de m’obliger à corriger au moins 10 minutes par jour et de voir si cela ranime la flamme de l’écriture.

On peut se dire qu’une pause est parfois bien méritée et que cela fait du bien. Bien sûr, quand une pause est souhaitée, elle fait énormément de bien, mais lorsqu’elle est forcée par une tristesse ou par lassitude c’est autre chose. Je vous parlerai des raisons de cette tristesse dans un prochain article, mais en tout cas cette pause n’avait rien d’agréable, bien au contraire mais à présent cela va mieux, un peu, et je reprends du courage car parfois, il suffit d’un peu de beauté et d’un rituel de vie pour reprendre le cours de sa vie.

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10 réflexions sur “Bilan de la mi-octobre 2019 : grosse fatigue

  1. L'Astre dit :

    Bravo pour cette reprise en main ! C’est vrai que par moments, même si on adore ça, l’écriture peut représenter un travail assez éprouvant.
    Je ne sais pas si tu as lu le livre « Comme par magie » mais, comme celui que tu évoques, je l’ai trouvé plein de bienveillance et d’encouragements. L’autrice conseille notamment, quand on perd un peu de sa créativité, de se changer les idées avec une autre activité créative comme tu l’as fait. J’espère que tu retrouveras vite la forme.

    Et ne t’en fais pas si ton bullet journal n’est pas parfaitement décoré, l’objectif c’est seulement qu’il te soit utile ! En tout cas je dessine comme une quiche donc le mien est beaucoup plus pratique qu’esthétique (et j’ai aussi collé quelques stickers que j’avais sous la main pour l’égayer).

    Aimé par 2 personnes

    • Les conseils de Ponine dit :

      Tu vas rire : déjà j’ai écris ce post hier matin, après j’étais ultra motivée pour travailler. j’ai donc écris une partie de l’après midi et
      … mon ordinateur est tombé en panne 😂😂😭😭 en ce moment je suis dans une série noire, pleins de problèmes me tombent dessus c’est fatiguant. Ensuite, c’est bizarre que tu me parles de ce livre parce que je l’ai réservé à la médiathèque- pas encore arrivé. Donc c’est une coïncidence troublante 😉😊

      C’est vrai que j’avais cesse le bujo parce que la décoration me prenait un temps fou mais les stickers suffit d’en coller 2/3 et hop c’est joli, c’est rapide et ça donne plus envie de l’ouvrir. 😁

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  2. Blondin dit :

    Merci pour ces confidences. Moi je ne suis qu’au début et je vois bien de quoi tu parle. Des fois ça vient pas, c’est fatiguant. Des fois c’est génial mais c’est fatiguant aussi. Moi cette crainte c’est plutôt de m’y mettre mais une fois que c’est lancé plus trop de soucis. Histoire de régularité me disais-je mais visiblement pas que. Bon courage en tout cas!

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    • Les conseils de Ponine dit :

      merci pour ton commentaire 😊 c’est vrai que se mettre au travail est parfois très difficile. La régularité ça aide énormément, mais parfois je crois que même en étant régulier on peut se retrouver bloquer. Après tout être écrivain c’est utiliser sa tête et des fois, la tête se bloque : entre les soucis personnels, affectifs, financiers, le stress etc tout cela joue sur nos capacités.

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  3. Miss Avery dit :

    Je suis assez d’accord avec l’ensemble de l’article. C’est épuisant et éprouvant d’écrire. Même si cette pause n’était pas « choisie », elle était peut-être nécessaire tout de même pour te reprendre en main comme tu le fais maintenant. Et bravo à toi et bon courage !

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      Merci de ton commentaire. Au final, cette pause non souhaitée était une très bonne chose, car j’ai de nouvelles idées, j’ai repris confiance en moi…Et j’ai appris que c’était un moyen pour mon organisme de me dire que j’étais malade. Parfois, il faut savoir écouter son corps, malheureusement je ne sais pas encore interpréter tous les signes. En tout cas, merci pour ton gentil commentaire. ^^

      Aimé par 1 personne

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