La méthode flocon de neige : bilan

A présent, je voudrais dresser un bilan de mon expérience flocon de neige. J’ai commencé cette méthode en vous affirmant que je détestais utiliser cette manière de préparer un roman, aujourd’hui voilà mon avis sur la question.

J’avais déjà pratiqué la méthode flocon de neige à plusieurs reprises dans le passé mais je n’avais jamais apprécié. Je trouvais qu’il manquait une grand part de créativité lors de l’écriture. Je pensais également que c’était un moyen trop contraignant de planifier un roman, qu’il manquait de cadre et de structure aussi. Parce que certes on écrit des résumés de plus en plus approfondis de l’histoire, mais en même temps, on effleure la surface, on ne va pas chercher en profondeur les raisons de l’histoire au début des recherches. Lorsque l’on commence la méthode flocon de neige, on cherche une idée et un petit pitch de l’histoire, savoir pourquoi cette histoire, pourquoi ce thème, pourquoi tel ou tel personnage fait ceci/pense cela ne vient d’après. Il fut un temps où j’avais besoin de savoir pourquoi j’écrivais telle histoire et pas telle autre, pourquoi tel personnage s’imposait à moi (etc) avant même de commencer à réfléchir aux intrigues, alors la méthode flocon de neige me dérangeait car j’avais la sensation que le travail se faisait à l’envers. Ce n’est pas aisé de l’expliquer mais je trouvais simplement que cette manière de planifier manquait de structure logique, tout en était trop rigide. le fait de suivre chaque étape, je le ressentais comme un moyen de se brider, de se contraindre et de se restreindre dans sa créativité. En résumé, je dirais que je trouvais que la méthode flocon de neige était à la fois trop rigide et trop peu structurée par rapport à ce que j’avais besoin et envie.

Alors que je viens de terminer la planification de mon roman pour le camp nanowrimo de juillet, je tiens un tout autre discours. J’ai réellement pris du plaisir à faire ce travail. J’ai trouvé que les étapes s’enchaînaient bien, qu’elles étaient faites pour que l’on plonge petit à petit dans son histoire et que l’on se pose de plus en plus de questions sur son œuvre. C’est une très bonne manière de prendre possession de ses intrigues, de ses personnages. J’admets que je le fait qu’il n’y ait pas de fiche de personnage prévue avec la méthode peut être un handicape pour certains, même s’il est aisé de trouver des fiches de personnages sur internet ou de construire ses propres fiches. Disons que c’est pour moi le seul point noir de la série, surtout lorsque l’on a envie de tester quelque chose de nouveau, comme ce fut mon cas.

J’ai apprécié de me remettre à cette méthode car je n’avais pas d’idée sur quoi travailler pour le nanowrimo. Je crois que c’est une technique qui est surtout utile quand on ne sait pas à l’avance le thème que l’on veut développer ou les intrigues. Bref, quand on arrive vierge de toute idée lors de sa phase de préparation. J’ai réellement pris plaisir à découvrir mon histoire, à pousser plus loin mes investigations.

Ce que j’ai surtout apprécié ce sont les deux dernières étapes de préparation. Alors qu’auparavant j’aurais détesté faire ces deux étapes, je trouve qu’elle permette de gagner du temps (du moins c’est ce que je pense, on verra lors de l’écriture et de la correction) par rapport au fait de se lancer sans trop réfléchir au squelette de l’histoire et aux scènes. Le fait de pouvoir avoir un aperçu de chaque scène permet de voir ce qui fonctionne, ce qui manque, ce qui ne va pas bien avant d’avoir eu à corriger. Bien entendu, il ne faut pas voir cette méthode que comme un gain de temps, ce qui serait très réducteur, mais aussi comme un gain de clarté. La dernière étape notamment lorsque j’ai pu faire le traitement de mon récit, j’ai pu me laisser aller à penser comme mes personnages, à me demander quels sont leurs motivations pour chaque scène. Quand j’écris Katerina (que vous pouvez trouver sur Amazon ou sur le site de mon éditeur PGCOM Editions), comme j’ai passé des années à réfléchir sur ce roman je connaissais les motivations de mes personnages car à la longue on finit par les connaître, alors que cette fois, j’ignorais tout de mes personnages avant de me lancer dans ce projet de méthode flocon de neige. C’était donc génial de pouvoir avoir ce petit temps de réflexion.

J’ai bien aimé pouvoir mettre des termes cinéma sur les différentes étapes : pitch, synopsis, traitement, séquencier. Je trouvais que cela donner un petit côté nostalgique, car j’ai étudié le cinéma à la fac et que j’ai adoré ce moment de ma vie, les gens que j’ai pu y rencontrer. Bref, c’était ma petite madeleine de Proust. Même si les termes que j’ai choisis d’employer ne sont pas nécessairement vu ainsi dans le cinéma parce que le cinéma a ses codes et que chaque étape permet de « vendre » son scénario et de rassurer la production, etc, etc.

Je pensais que cette préparation me demanderais plus de temps et un plus grand investissement, au final pas vraiment. Je dis cela par rapport au fait que je partais de rien.

Bien sûr, j’ai passé 3 heures à rédiger le pitch, mais parce que j’ai eu de longues heures de brainstorming avant de trouver une idée que je désirais exploiter. Ce qui au final ne donne pas tellement de temps de réflexion.

J’ai également pris trois heures pour rédiger ma 4eme de couverture, parce que vraiment je partais de rien, je devais me poser des questions sur les personnages et sur l’intrigue. J’avais l’idée de base mais je ne crois pas que l’on puisse vraiment développer une idée si on ne prend pas un peu de temps à se questionner dessus.

Pour la troisième étape, je ne sais pas exactement combien de temps j’ai passé sur ces fiches de personnages, mais en comptant à la louche, et sûrement en grossissant un peu le temps passé, sans parler des séances informelles, je dirais 15 heures. Bien entendu, il faudrait prendre en compte les séances de réflexion informelles qui augmenteraient considérablement le temps passé dessus.

Pour le premier synopsis, j’ai mis quatre jours à raison de 2 à 3 heures par jours, car je travaille le matin. Ce qui fait donc entre 8 et 12 heures de travail.

La cinquième étape m’a demandé cinq jours de travail, toujours à raison de 2 ou 3 heures par jours, donc entre 10 et 15 heures de travail, je n’ai pas chronométré exactement.

Pour la sixième étape, j’ai mis 5 jours à raison de 2 heures 30 par jours. Cette fois j’avais mis le timer car j’avais peu de temps et beaucoup de choses à faire, ce qui fait donc 12 h 30 de planification.

Pour construire mes fiches de personnages, j’ai pris 2 heures par jours durant une semaine. Donc 14 heures, environ, car je connaissais de mieux en mieux mes personnages et j’ai apprécié pouvoir utiliser la méthode des fiches de personnages de Marièke, même si je ne les trouve pas parfaites. En même temps, aucune fiche de personnage n’est parfaite, il faut juste en trouver une qui corresponde à nos besoins, mais comme je voulais faire quelque chose qui soit réellement différent à ce dont j’ai l’habitude j’ai apprécié l’exercice.

L’étape de pause intermédiaire à durée cinq jours car j’avais tellement envie de continuer à rédiger mon histoire que je n’ai pas tenu plus longtemps et également par manque de temps, car je devais être prête pour le nanowrimo de juillet mais également pour tenir l’avancer de mes articles sur la méthode flocon de neige.

Le séquencier m’a prit une semaine de travail à 2 heures par jours de travail minimum, parfois je retravaillais une heure ou deux le soir, mais j’ai également pu travailler une bonne heure chez le dentiste et entre deux rendez-vous, à la louche je dirais que cela m’a pris 25/30 heures. C’était une grosse phase de travail, bien entendu on peut espacer cela dans le temps ou tout simplement mettre moins de temps.

Le traitement était aussi une grosse partie du travail, j’avais quatre heures de travail par jours et j’ai mis 5 jours, donc 20 heures, ce qui est une bonne moyenne.

En tout pour rédiger ce plan de travail, il m’a fallu 124 heures 30, disons 125 heures. En nombre de jours cela donne : 45 jours en comptant la pause de 5 jours. Je pense que l’on peut avancer plus vite si on a déjà les premières idées de son récit avant de se lancer dans la préparation.

La méthode recommande de passer :

  • 1 h pour le pitch
  • 1h pour la 4eme de couverture
  • 1h par personnages et par lieux
  • 1 jour par le synopsis
  • 2 jours pour le développement de chaque personnage
  • 1 semaine pour le synopsis de l’histoire
  • 1 jour par fiche de personnage
  • 1 semaine pour créer le plan
  • 1 semaine pour le développement complet

Ce qui peut donner quelque chose comme 45 à 50 jours de travail. En réalité cela dépend du nombre d’heures que l’on peut passer par jour et du nombre de personnages de notre histoire.

Avez-vous tenté cette méthode ? Qu’en pensez-vous ?

2 réflexions sur “La méthode flocon de neige : bilan

  1. Nox dit :

    Salut 🙂 J ai entendu parler de cette méthode et j’aime beaucoup le début : partir d’un pitch et de résumés de scènes pour ensuite approfondir. Je vais lire tes autres articles sur le sujet pour le reste 😉

    Aimé par 1 personne

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