Ce truc qui m’agace : obliger l’autre à changer d’avis

Récemment, j’étais fatiguée, je dirais même épuisée :physiquement, moralement, émotionnellement et psychologiquement. Ce sont des passages à vides qui arrivent à tout le monde. C’est bien simple j’avais besoin de vacances. Sauf que je n’ai pas les moyens de partir en vacances pour des tas de raisons. J’ai donc dû supporter toutes ces choses agaçantes et franchement c’était à la limite du supportable :

  • Les conversations avec les gens intolérants/butés/bornés qui cherchent à te faire changer d’avis parce que TU as le CULOT de ne pas être D’ACCORD avec EUX !

J’ai des idées bizarres sur le monde. Je ne m’en cache pas. Je suis contre l’acharnement thérapeutique, contre les procédures de réanimations médicales, soigner les maladies longues et douloureuses (types cancers, tumeurs, diabètes…), contre la formation Préventions et Secours Civiques, alors attention, je ne dis pas que c’est mal ou que les gens doivent être d’accord avec mes idées ! Seulement, j’ai des croyances – disons – religieuses – même si ce n’est pas vraiment de la religion – qui me font dire que, pour ma part, je refuserai systématiquement toutes réanimations ou soin médicaux pouvant me « sauver » la vie. C’est un choix, MON choix. Je ne me suis jamais formée au PSC1 parce que cela à l’encontre de mes croyances. Attention, si quelqu’un fait un malaise à côté de moi, je vais prévenir les secours, je ne suis pas non plus totalement dénuée de cervelle. Sauf que pour moi le « avoir le bon reflexe peut sauver une vie » et bien cela ne fait pas partie de mes convictions « religieuses », « personnelles » et « éthiques ». Dans le même temps, je suis convaincue à 100% que si les gens apprennent à pratiquer les premiers secours des vies pourraient être sauvées et que cela serait formidable. Je pense cela uniquement parce que je me rends compte que des millions de gens sont « pour » être secourue en cas de danger vital, ou de risque de mort. Comme quoi, on peut avoir des idées personnelles et en même temps prendre en considération la vie et l’avis des autres.

Donc j’ai eu une conversation avec une personne qui était intimement convaincue que j’avais tort d’être « contre » apprendre à réanimer une personne, à la protéger, ou que sais-je encore. La conversation est vite partie sur la notion de : « et si tu as un cancer, tu seras bien contente que les médecins te soignent ». Etant plutôt d’une nature logique (avec moi-même du moins), j’ai répondu non. Je suis réellement convaincue que JE serais dans le refus de tout soin médicaux, parce que cela va à l’encontre de MES croyances. Pourtant lorsqu’une personne m’annonce qu’elle a un cancer (malhereusement) je la soutiens et je fais mon possible pour écouter ce qu’elle désire. Elle veut se faire soigner ? Je me renseigne ou je lui parle des avancées médicales sur le sujet, parce que je respecte les autres et leurs opinions. Je n’ai jamais dis ou conseillé à une personne malade de refuser des soins, parce que cela s’appelle du respect.

  • Les gens qui sont convaincus de détenir la vérité sur la/les religion(s) et Dieu(x)

De toutes évidences, le sujet des croyances religieuses et personnelles font parties de l’ordre de l’intime. La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen affirme que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi » et ça ce n’est pas moi qui le dit mais le site Légifrance. Bref, c’est quand même vachement personnel de croire en « dieu » et en la « religion », quelque soit le dieu ou la religion. Seulement, affirmer que l’on croit une chose ou une pratique par conviction religieuse et personnelle, c’est un peu comme jouer à la roulette russe. Il y a des gens qui disent « très bien » et d’autres qui vont chercher, sans même connaître ta religion, ton point de vue ou ta foi, à remettre en cause le bien fondé de tes croyances juste « parce que » ce n’est pas de cette manière qu’ils estiment que la foi est faite, que la religion doit être pratiquée ou parce que cela dérange leur point de vue sur Dieu. Je ne parle même pas des athées qui sont absolument certains que si on emploi le mot « croyances » cela signifie nécessairement pratique du culte religieux. J’ai été élevé dans une foi, la même que la personne avec qui j’ai tenté de discuter, sauf que nos pratiques ont évolué au cours du temps. Je me suis à la fois détachée de ce que l’on m’a transmis de manière familiale, pour m’y éloigner, puis m’y rapprocher, puis décider que finalement je pouvais croire ce que je voulais et que placer l’amour de son prochain, la croyance que le monde peut devenir meilleur et que chacun est libre de ses opinions au centre de ma foi personnelle. J’ai une notion de la religion à la fois vague, fluctuante et personnelle. Seulement c’est un peu le bâton qui sert aux autres pour me battre. Car en effet, je n’ai pas la « bonne » religion, pas « les bonnes pratiques » et pas « le bon avis sur la question de dieu », encore moins selon les préceptes de la religion que suivent les membres de ma famille. Comme on me l’a très gentiment rappelé je n’ai pas « suivi les enseignements de la foi », je me suis plutôt documentée de mon côté. Du coup, la personne m’a dit avec beaucoup de grâce que je ne pouvais avoir aucune croyance religieuse.

Dans ma tête, j’en étais là :

Et pourtant, j’ai la force d’une chips
  • Tu changera d’avis, c’est obligé !

Bien entendu, la conversation ayant pour but de m’obliger à me former à la Préventions et Secours Civiques ne prenait pas la direction souhaitait par mon interlocuteur, ce qui ne lui a pas fait plaisir du tout, du tout, du tout. Cette personne a ensuite cherché à me RESPONSABILISER et me SENSIBILISER au fait que :

  1. Un jour, j’aurais un enfant
  2. Il lui arrivera malheur
  3. Je serai alors incapable de lui sauver la vie
  4. Il mourra à cause de moi

Passons sur le fait que c’est tout à fait charmant de souhaiter/prophétiser la mort de l’enfant d’une autre personne et de se dire que si un jour une telle chose arrivait l’autre nous en tiendrait pour seul responsable. Je n’ai pas pu m’empêcher de répéter (pour la seconde fois en 4 mois ! ) que non, je ne veux pas d’enfant c’est alors inutile de me convaincre avec cette idée.

J’adore les enfants, mais je n’ai pas le désir d’être mère. J’ai fait ce choix, mon choix. Je ne remets jamais en cause les autres qui font le choix d’être parent. (Bien que si, parfois, quand j’entends que des personnes ont violés, battus, affamés, martyrisés leurs propres enfants, je me demande pourquoi ils ont fait des enfants pour leurs faire du mal, mais qui ne se le demande pas ?) Du coup, je n’ai jamais compris que l’on remette mon choix en cause – même si maintenant je sais que ce qui dérange les gens c’est que je fasse un choix qui n’est pas le leur et qu’ils se sentent en danger par rapport au jugement que je peux avoir d’eux. Sauf que du coup, la conversation est passée de « Tu dois te former au PSC1 parce que tu peux sauver des vies et que ne pas le faire c’est égoïste. De toutes façons, tu croyais au mauvais Dieu et tu n’as pas les bonnes pratiques religieuses » à « Tu feras des enfants, c’est obligé. De toutes façons tu es trop jeune pour savoir ce que tu veux, et quand tu rencontreras un gars bien tu seras bien obligée parce que lui s’il veut des enfants tu devras en faire, c’est comme ça. De toutes manières, tu changeras d’avis plus tard ».

A ce moment là, j’en étais là :

Et pourtant, j’ai toujours la force d’une chips

Etrangement, je me suis énervée à ce moment là. J’ai d’ordinaire de la patience, mais ce n’était pas le moment de me gonfler. J’étais trop fatiguée et émotionnellement épuisée pour hocher la tête et dire « si tu le dis », comme je le fais souvent parce que ainsi les gens me fichent la paix. Sauf que là, j’avais envie de faire entendre ma voix. J’étais dans mon droit et je ne parlais que pour moi.

Ce qui m’a énervé – et c’est encore la même chose que dans mes articles précédents – c’est que j’approche de la trentaine, je ne dis à quinze ans on peut dire ne pas vouloir d’enfant et changer d’avis, parce que l’on grandi. A trente ans, alors que c’est l’âge auquel la plupart des gens font des enfants, je crois que l’on peut aisément dire que l’on commence à savoir ce que l’on veut et attend de son existence. Bien sûr que je peux changer d’avis, sur ce que je veux, mais est ce que l’on dit à une personne qui fait un enfant « oh, attend, tu dis aujourd’hui que tu veux un enfant mais si ça se trouve dans 5 ans tu n’en voudras plus d’enfant! Fais gaffe, tu dis ça aujourd’hui mais tu changeras d’avis ! » Personne ne dit ça, parce que faire des enfants est un choix personnel. Quant au fait que je sois trop jeune pour savoir ce que je veux de la vie, cela me fait doucement rire quand les personnes qui me disent cela étaient nettement plus jeunes que moi au moment de l’arrivée de leur premier enfant. Comment peut-on dire à quelqu’un qu’il est trop jeune pour prendre une décision que l’on a soit même pris plusieurs années avant ? Si je suis trop jeune pour savoir que je ne veux pas d’enfant alors cela veut clairement dire que quelqu’un qui a fait des enfants bien avant l’âge que j’ai est une personne immature. Je crois que ce qui me gêne aussi dans ce genre de discours c’est que mes ex étaient des mecs biens ( et ils le sont encore), certes nous ne sommes plus ensembles, mais cela ne change en rien l’amour que je leur porte (il est juste différent), et le respect que j’ai pour eux. Ce qui me dérange le plus, je crois que c’est le discours en mode « tu es une femme, tu dois obéir à ton « mari » ». WHAT THE FUCK ? Sérieusement ? Au 21eme siècle on peut encore croire que les femmes sont obligées de faire des enfants ? D’obéir à un homme ? De ne pas être capable de prendre des décisions pour elle-même ? De croire que l’on peut cacher à son compagnon de vie des choses aussi fondamentales ?

Mon état d’esprit c’était ça :

Bizarrement, cela aide beaucoup de se dire que non, on ne pourra jamais faire changer l’état d’esprit des gens, qu’il faut juste accepter qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils sont parfois incapables d’accepter que les autres n’aient pas les mêmes désirs/envies/besoins.

Au final, ce qui pose problème aux autres ce n’est pas que votre avis soit différent du leur, mais l’image que cela leur renvoie d’eux-mêmes. Ce n’est pas pour autant que vous avez tort de penser ce que vous pensez, dire ce que vous dites ou de faire ce que vous faites, mais si ce que vous dites, faites, penses n’est pas contraire aux lois humaines et morales ne vous en cachez pas. Aujourd’hui, j’ai décidé que je ne me cacherais plus. Non, je ne crois pas que les humains doivent se prendre pour « Dieu » et empêcher coûte que coûte quelqu’un de mourir et bien j’ai le droit de le penser (surtout s’il s’agit de ma personne – pour les autres et bien ce soit ne me regarde pas). J’ai aussi le droit d’avoir des croyances « divines » fluctuantes, pas habituelles, parce que l’important c’est que cela m’aide à avancer dans l’existence. J’ai aussi le droit de ne pas faire d’enfant, parce que c’est toujours mieux de faire le choix de ne pas faire d’enfant que d’avoir un enfant non désiré à qui l’on fait du mal ( et je ne parle pas de mal physique).

Je n’attaque pas les autres sur les croyances ou choix qu’ils peuvent avoir et faire, je n’attends pas que l’on puisse m’attaquer sur mes croyances. En parler, je suis d’accord, mais tenter de me faire changer d’avis, c’est une chose que j’ai décidé de ne plus accepter. Ce que je ne ferais plus non plus, c’est de faire quelque chose qui va à l’encontre de mes valeurs, juste parce que c’est « bien » ou de « bon ton » vis à vis de la société. Et j’aimerais, aujourd’hui, que chacun puisse accepter d’entendre et d’écouter un discours qui n’est pas en adéquation avec ses propres valeurs, sans avoir à obligé l’autre a changé d’avis. Je dis ça parce que je me dis que peut être que je me trompe et que je devrais me former au PSC1 ou faire des enfants, mais à force d’entendre les gens me dire « tu dois », « il faut que », « tu devras changer d’avis », j’ai juste envie de me braquer et j’en viens à refuser tout changement d’opinion « juste » pour prouver aux autres que j’ai raison et qu’ils ont tort (même si en vrai, c’est bien plus complexe que cela). Donc, si les gens ne sont pas d’accord avec vous : accepter, présenter votre point de vue, donner quelques conseils pour se renseigner et laisser les autres penser par eux-mêmes (surtout si vous souhaitez vraiment qu’ils changent d’avis).

5 réflexions sur “Ce truc qui m’agace : obliger l’autre à changer d’avis

  1. Chris dit :

    Je comprends, moi aussi je connais beaucoup de personnes qui essayent de m’imposer leurs idées. Je me dit que ces personnes manquent totalement de confiance. Elles essayent de se convaincre elles-même qu’elles ont fait le bon choix en tentant de nous convertir. Et si par hasard elles y arrivent cela les rassures sur leurs propres choix.
    Tu ne peux pas faire grand chose face à eux mis à part ne pas tenir compte de leurs recommandations. On ne peut pas changer les gens.

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      oui ne pas tenir compte des recommandations c’est le mieux à faire mais je trouve vraiment dommage de ne pas pouvoir s’entendre ou entendre les opinions des autres.

      J'aime

  2. Julien Hirt dit :

    Eh bien moi je suis prêt à remettre en question toutes mes opinions. Et tant mieux si les gens essayent de me convaincre qu’ils ont raison et que j’ai tort. Débattons, écoutons-nous, parlons-nous. C’est tout ce qui importe. La vie n’est pas une ligne droite.

    Aimé par 1 personne

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