Avoir sa marque de fabrique

Pas de conseil écriture aujourd’hui, mais de la conversation.

Ceux qui me suivent sur Instagram, savent que le Week-end dernier je suis allée à un défilé de dentelle, organisé par Les Amis de la Dentelle, une association super qui offre un spectacle fabuleux, où l’on a l’occasion de voir 120 tenues agrémentées de « vraies » dentelles françaises. Je ne m’attardais pas sur l’équipe formidable, fort sympathique, joyeuse et sur talent des mannequins et des habilleuses, car je ne saurai pas leur faire honneur.

Si vous me suivez sur Insta, vous savez également que j’ai un petit faible pour les tenues d’inspiration Edwardiennes, et les coiffures étranges. ( #commentnepaspasserinaperçu ) Ce que je voulais vous dire aujourd’hui, c’est qu’il est important de cultiver son look, lorsque l’on est artiste, sans avoir l’air déguisé.

« Quoi ? Non, mais c’est elle qui parle de ne pas être déguisée ! Vous avez vu comment elle se fringue celle-là ?! » C’est exactement ce que j’entends dire lorsque je parle de ne pas être déguisée dans ces vêtements.

Qu’est ce que ça signifie ne pas avoir l’air déguisé ?

Tout simplement, d’être à l’aise, qu’importe le style et quelque soit ce style. Vous pouvez très bien être à l’aise en vêtements vintage, pin-up, gothique, edwardiens, punk, folklorique… sans être déguisé. Pour moi, être déguisé c’est lorsque l’on porte des vêtements que l’on n’incarne pas. Récemment, j’ai vu le film Coco avant Chanel. On sent très bien que Gabrielle Chanel se sentait déguisée dans les vêtements que portaient les autres femmes (corset en S, robe à longues traînes, ceintures, plumes, oiseaux, etc) alors que c’était la « mode » et qu’elle agissait à contre courant de ce qu’il se faisait. Aujourd’hui, beaucoup de femmes portent des jeans, ou des vêtements simples, discrets, le genre de tenues qui ne se voient pas, qui passent partout, que l’on n’incarne pas, car rien ne ressemble plus à une femme jeans et t-shirt qu’une autre femme en jeans et en t-shirt. Je discute souvent avec d’autres femmes qui me disent : « wah ça te va trop bien les robes, les corsets, les coiffures rétro, etc. Moi, je ne pourrais pas. » Ah et pourquoi ? La réponse est claire : parce que sinon on me remarquerait et je ne me sens pas à l’aise avec le fait d’être vue, remarquée, reconnue.

Pour la confidence, moi aussi, j’ai beaucoup de mal à être vue, mise à l’honneur, remarquée, reconnue et mise en avant, parce que je suis une grande, grande, grande timide (oui, je sais, cela ne se voit pas). Le souci c’est que j’ai plus envie de porter de « beaux » vêtements, que d’être anonyme. Alors je tente d’incarner mes vêtements, d’être en (re)présentation. Notre monde fait que le paraître compte beaucoup. On nous juge sur notre physique, gestuelle, style avant de nous juger sur notre personnalité. C’est dommage, certes, mais c’est ainsi.

Ce que j’ai envie de vous dire, c’est : osez! N’ayez pas peur. Les gens vont certainement vous dire que vous êtes fous, que c’est « laid », « étrange », « pas normal », « pas comme les autres », mais allez-y, foncé car au moins, ils vous remarqueront.

Je crois que c’est important d’avoir sa marque de fabrique lorsque l’on est auteur, artiste, etc car c’est comme être une marque en développement. Avoir un style propre et personnel fera que l’on vous remarquera, que l’on se souviendra de vous, après tout le but reste quand même de vendre vos livres. Alors, bien entendu, on souhaite tous vendre nos livres par rapports à leurs contenus, à la qualité de notre écriture, mais ne nous voilons pas la face, pour vendre il faut marquer le public. Lorsque vous êtes en séance de dédicace (ou en représentation pour promouvoir votre livre), les gens ont besoin :

  • de savoir que vous n’êtes pas un membre du personnel du magasin
  • de savoir que vous êtes une personne originale et pas les 50eme qui se prend pour l’auteur untel
  • vous reconnaître dans le futur.
  • garder une image de vous, pour en parler aux autres.
  • pouvoir vous reconnaître sur les réseaux sociaux.

Alors oui, c’est « facile » lorsque l’on a un style vestimentaire particulier. Je suis d’accord, tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir un look hors normes à cause des contraintes du travail, de la religion, du regard des autres (bien que le regard des autres si ce n’est pas pour votre travail franchement on s’en fiche – en tout cas vous devriez vous en moquer), parce que vous pensez qu’un style peut ne pas vous aller. Quelques soient les raisons, rien ne vous empêche d’adopter à votre style un petit quelque chose lors des dédicaces. Pas nécessairement une tenue complète, mais vous pouvez ajouter une fleur dans vos cheveux, des pins, une veste, un maquillage, une coiffure, un foulard, des gants, une couleur, sans pour autant vous transformer en Lady Gaga (cf la robe viande ou la grande époque Monster).

Le truc c’est de trouver un juste milieu entre le déguisement qui sonne faux, et la marque de fabrique. Au début, vous ne serez pas à l’aise. si vous n’êtes pas habitué vous pouvez vous sentir déguisé.

Mes conseils :

-Porter une tenue à votre taille. Sérieusement, c’est capital. Pas de tenue trop étroites, trop courte, trop grande, trop large. Il n’y a rien que plus laid qu’une jupe ou une robe trop étroite aux hanches et qui remonte, ou des bretelles qui tombent, ou le summum du vulgaire : le chemisier trop étroit de poitrine. Alors oui, je suis mal placée pour en parler, en fonction de mon cycle je prend 2 à 4 cm de tour de poitrine ce qui me pose de gros problèmes pour les tenues, le mieux reste d’avoir une veste ou un haut que l’on peut porter ouvert, comme ça moins de souci. Si jamais vous avez un peu grossi, vous pouvez opter pour un corset (un vrai, pas un machin de sudation ), on peut facilement « perdre » 2 à 5 cm de tour de taille sans souffrir le moins du monde. Si vous souffrez dans un corset c’est qu’il n’est pas à votre taille, ou qu’il n’est pas fait pour la réduction de taille. Et oui, on respire très bien dans un corset, si vous n’en portez un que quelques heures de temps à autre, vous n’allez pas changer votre silhouette ou déplacer vos organes vitaux ! Il existe d’ailleurs des corset masculins, essentiellement sur commandes (d’après ce que je sais).

-Vous adaptez à porter une tenue différente de ce que vous mettez tous les jours. Pour cela rien de plus simple, portez chez vous votre tenue d’auteur, et vivez normalement. Il n’y a rien de mieux pour s’habituer que d’être chez soi et de vaquer à vos occupations. Evidement, on ne va pas faire le carrelage avec une robe du soir à traîne, ni faire son entraînement marathon avec un manteau en laine, c’est évident, mais rien ne vous empêche de commencer par porter votre tenue lorsque vous écrivez, lisez… Puis aller faire vos courses, promener le chien, aller au repas de famille, boire un verre dans un bar. Progressivement vous vous habituerez et si on vous demande pourquoi vous porter cette tenue, répondez que vous êtes écrivain.

-Trouvez une couleur qui vous va bien et que vous aurez plaisir à porter. Ou une couleur qui rappel votre roman. Inutile de porter de porter du rose si vous détestez cette couleur ou si elle ne vous va pas.

-Porter un modèle dont la coupe et le tissu qui vous met en valeur. Je sais bien qu’il n’y a pas d’interdiction formelles ou qu’il n’est pas toujours nécessaire de porter des vêtements en fonction des conseils donnés dans la presse, mais essayer tout de même d’éviter de mettre en avant vos complexes.

-Eviter la vulgarité. Même si le but est de vous faire remarquer, de capter l’attention du lecteur potentiel et d’être reconnu, il faut mieux que ce soit pour de bonnes raisons.

Pourquoi est ce que je vous parle de ça aujourd’hui ?

Tout simplement, parce que j’ai remarqué que pour faire la promo de mon roman, il est intéressant de capter l’attention des gens. Quand des personnes que l’on n’a vu qu’une seule fois se souvienne de vous c’est gratifiant. Ce qui m’a poussé à vous parler de ça, c’est aussi l’expérience que j’ai eu ce Week-end, une excellente expérience, car le fait d’avoir un style un peu différent des autres personnes, m’a permis de me mettre en avant. Cela me donne le courage d’aller vers les autres, de parler, de me mettre en avant, pas en tant que personne, mais en tant qu’auteur. Je trouve plus facile de se mettre dans la peau d’un auteur, même si ce style que je le porte quotidiennement, c’est tout de même un moyen de se démarquer des autres et aussi d’être moi-même. Finalement, c’est peut être ce qui compte le plus : être soi-même, même si parfois être soi-même c’est aussi se mettre en état de représentation.

7 réflexions sur “Avoir sa marque de fabrique

  1. L'Astre dit :

    C’est intéressant comme sujet 🙂 je vais aller suivre ton compte Instagram pour voir quel est ton style, mais je comprends tout à fait le goût pour les corsets et les robes à traîne ^^ il m’arrive de porter des costumes un peu originaux quand je vais me balader dans des salons comme la Comic Con ou le Salon Fantastique, et je pense que je ferai la même chose quand j’aurai l’occasion de participer à des salons en tant qu’autrice. J’aimerais bien aussi trouver une tenue qui rappelle celle de mon personnage principal, mais il faut encore que je travaille là-dessus !

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  2. Julien Hirt dit :

    En fait, la première moitié de ton billet fonctionne très bien pour moi en tant que conseil d’écriture, donc déjà mes plus vifs remerciements pour ça.

    Pour le reste, je pense qu’il y a une réflexion à mener autour des différences entre les femmes et les hommes dans ce domaine. Pour un homme, dès que tu dévies d’une norme assez étroite, tu es déguisé, tu te sens déguisé, et tout le monde te voit comme déguisé, et c’est encore plus le cas quand, comme moi, tu as quitté la jeunesse depuis un bout de temps.

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    • Les conseils de Ponine dit :

      C’est vrai que la société impose des codes que je trouve stupides. Je dois être une créature étrange, mais je n’ai jamais compris pourquoi les hommes et les femmes ne pouvaient pas s’habiller comme ils le voulaient, et de la même manière. Enfant, on m’a dit que la « révolution » pour les femmes étaient de portées des pantalons, que c’était une libération des carcans de la société. Je me demande encore pourquoi on n’a pas « autorisé » les hommes à porter des minijupes. ^^

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