Des exemples de 4eme de couverture

Dans le dernier article, j’évoquais avec vous la quatrième de couverture et la manière dont on pouvait les rédiger. Je me disais que la théorie c’est sympa, mais avoir des exemples donneraient plus de clarté au message. Je pense qu’étudier trois exemples peut être suffisant. En tout cas, si vous avez besoin d’écrire votre 4eme de Couv’, n’hésitez pas à lire des couvertures, et à tenter de vous en inspirer pour rédiger la votre.

Des exemples :

Delphine de Vigan, No et moi :

« Adolescente surdouée, Lou Bertignac, rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre, No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou, se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri… »

Nombre de mots : 72.

Le décor : il n’est pas clairement explicité. On ne sait pas que l’action se déroule à Paris. Cela n’est pas nécessaire. Ce que l’on ressent c’est que l’un des personnages est issu de la rue, même si ce n’est pas clairement dit. Le décor n’est donc pas planté mais suggèré. L’époque n’est pas non plus décrite dans le résumé, mais on sent que cela se déroule dans notre époque. Tout simplement parce que si cela avait eu lieu à une autre époque, on se dit que le résumé en parlerait. Il s’agit donc plus de ressenti que de description, mais on sent que le décor est contemporain, que deux mondes vont « s’affronter » : celui de Lou, qui paraît avoir une famille puisqu’elle « multiplie les expériences domestiques », et celui de No qui est fait de solitude et d’errance – ce qui laisse entendre que No n’a pas de foyer, mais on n’en est pas certains dans le sens où cela n’est pas di

L’atmosphère : Ici, on sent clairement qu’il va y avoir des questions d’ordre sociétale, comme la place des personnages comme No, ou encore celui des enfants surdoués comme Lou. On sent le clivage entre deux mondes, pas nécessairement au sens où ils vont s’affronter mais plutôt se questionner. 

Le héros : Ici, le héros apparaître dès les premiers mots. Il s’agit d’une ado, surdouée, qui rêve d’amour et qui observe les gens. On remarque de Lou n’est pas décrite selon son physique, mais sur sa personnalité. Alors que No est elle décrite sur son apparence : vêtements, fatigue. 

Le personnage important : No. On peut se demander s’il s’agit d’un prénom ou d’un pseudo. No n’a pas de nom de famille. Elle n’est pas décrite comme Lou, ce qui montre la différence entre les deux personnages. on comprend que No n’est pas un antagoniste, pas au sens affrontement du terme. No est différente de Lou par sa vie, et ses habitudes, mais elle n’est pas une ennemie. 

Le point culminant : Sauver No. Le fait que pour Lou sauver No est une expérience comme une autre. Certainement différentes des expériences domestiques habituelles, mais il s’agit d’une expérience. Dans le résumé du livre, il n’est pas montré à quel point cette expérience humaine peut être importante, même si l’on parle de l’envergure de cette expérience. L’implication émotionnelle reste floue. 

Suggérer la fin : C’est à ce moment là que l’on prend conscience que ce qui peut paraître n’être qu’une banale expérience de plus pour une surdouée, peut se transformer en autre chose. 

Intriguer le lecteur : ici, il s’agit ni plus ni moins que des points de suspensions. On laisse planer un doute qui invite le lecteur à ouvrir le livre.  

J.K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers :

« Harry Potter est un garçon ordinaire. Mais le jour de ses onze ans, son existence bascule : un géant vient le chercher pour l’emmener dans une école de sorciers. Quel mystère entoure donc sa naissance et qui est l’effroyable V…, le mage dont personne n’ose prononcer le nom ? Voler à cheval sur des balais, jeter des sorts, combattre les Trolls : Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Quand il décide, avec ses amis, d’explorer les moindres recoins de son école, il va se trouver entraîné dans d’extraordinaires aventures. »

Nombre de mots : 91.

Décor: Clairement ici on est plongé dans le décor fantastique. Il y a la présence de l’école de sorciers. Il a l’explication des créatures magiques que l’on va rencontrer, du fait qu’il va y avoir de la magie. On sait déjà dans quel monde on va naviguer. Donc le décor est planté. Il n’y a pas d’époque clairement explicitée, ce qui permet de pensere qu’il s’agit d’une époque contemporaine. On ne sait cependant pas dans quel pays a lieu l’histoire. Ni dans quelle ville. 

L’atmosphère : On ressent qu’il va y avoir des questionnements sur l’identité et sur le monde magique dans lequel le héros va évoluer, et qui est un monde nouveau pour lui. 

Le héros : Dans cette quatrième de couverture, on apprend le nom, l’âge du héros. S’il n’y a pas d’explication sur le caractère du héros, on apprend qu’il est un garçon ordinnaire, mais qu’il se montre doué en matière de magie. Son portrait moral est passé sous silence.

Personnages importants : Plusieurs personnages sont présentés dans ce résumé. Il y a la présence des amis de Harry, bien qu’il n’y ait aucun nom d’écrit, on apprend qu’il a des amis, mais on ignore le nombre. On apprend également qu’il y a la présence d’un géant, lui aussi, anonyme ( pour le moment). On apprend également qu’il y a la présence d’un ennemi, qui n’est connu que par la lettre V. Le fait qu’il n’y a pas le nom de l’ennemi intrigue. 

Le point culminant : Le point culminant est marqué par l’exploration de l’école de sorcellerie. On suppose qu’il y a des secrets dans l’école et que le héros va les trouver et que c’est l’exploration de l’école qui sera au coeur de l’intrigue. 

Suggérer la fin : On suggère ici qu’il y aura une confrontation entre V. et Harry Potter, même si ce n’est pas dit clairement. Le lecteur peut également penser que les secrets de l’école seront révélés par le héros. 

Intriguer le lecteur : Dans ce résumé, il y a plusieurs sources d’interrogation. Tout d’abord, sur le monde magique, dont on ne sait au final pas grand chose. On parle de balais volants, de sorts, de géants, de troll, mais nous n’avons qu’une vision limité de ce monde qui paraît « enchanté ». On ne sait pas s’il s’agit d’un monde de conte de fée ou d’un monde dangereux. Il y a ensuite l’exploration de l’école. on se demande dans quelle aventure sera plongé le personnage. En dernier lieu, il y a l’identité mystérieuse de ce V.

Anne Rice, Entretien avec un vampire :

« De nos jours, à la Nouvelle-Orléans, un jeune homme a été convoqué dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel pour écouter la plus étrange des histoires qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l’interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant où l’atroce le dispute au sublime.« 

Nombre de mots : 66.

Décor : La Nouvelle-Orléans. Dans une chambre d’hôtel. Ici, le décor est planté avec précision. On a la ville, le lieu exacte où se trouve les protagonistes (au moins au début de l’histoire). On connaît l’époque, « de nos jours », bien sûr, le fait que l’entretien soit enregistré sur un magnétophone nous fait dire que ce n’est pas en 2019, mais dans les années antérieure à l’invention du smartphone (je ne crois pas que les journalistes actuels iraient se balader avec un magnétophone à cassettes alors qu’ils ont tout dans un seul appareil mais je peux me tromper). C’est donc un récit contemporain, même si on peut le dater d’une vingtaine d’année. Même sans savoir quand a été écrit ce livre, d’instinct on se dit que l’histoire se passe avant les années 2000. Le décor se plante également un peu plus loin lorsqu’il est question de se laisser entraîner à travers les siècles. On présent qu’il y a aura d’autres époques d’évoquées.

L’atmosphère : Elle est clairement définie : sensuelle et terrifiante. Du coup, on sait à quoi on peut avoir affaire.

Le héros: Aucun nom ici. On sait qu’il y a un vampire et un journaliste. PAs de noms, pas de description. On ignore qui est le héros. Peut être le vampire qui est un peu plus décrit « mystérieux », « sa vie ».

Personnage important: comme il n’y a que deux personnages d’évoquer dans le résumé, et que l’on suppose que le héros est le vampire (et encore ce n’est qu’une interprétation), on suppose que l’autre personnage important est le journaliste. En tout cas, aucun autre n’est évoqué.

Le point culminant : Il n’y a pas vraiment de point culminant de clairement exprimer, seulement le récit de la vie du vampire. Le fait que le personnage soit un vampire, que son histoire traverse les siècles est déjà en soit un fait étonnant, car le récit ce veut être dans le monde « réel ».

Suggérer la fin : Aucune fin n’est sous-entendue. On ignore totalement à quoi va pouvoir ressembler la fin du roman. On peut à la rigueur supposer que le vampire va transformer le journaliste en vampire, ou le tuer pour boire son sang (et encore on ne sait pas si les vampires de ce récit boivent du sang humain).

Intriguer le lecteur : Dans les dernières lignes de cette quatrième de couverture, le lecteur est impliqué dans l’histoire avec le « nous ». Ce nous laisse supposer que nous aussi on va entendre l’histoire du vampire, comme si nous étions dans la chambre d’hôtel, ou qu’il s’agissait d’un texte tirait de la bande magnétique que le journaliste a enregistré. Le fait de ne pas savoir en quoi consiste la vie du vampire.

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2 réflexions sur “Des exemples de 4eme de couverture

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