Suis-je une misandre ?

Je crois avoir trouvé là une réponse à une de mes questions existentielles du moment : suis-je ou non une misandre ? La réponse est simple : Non, je suis seulement une personne qui essaye de s’exprimer en tant qu’individu et que l’on remet souvent à sa place parce qu’elle « est une femme émotive qui ne raisonne qu’avec ses émotions et non les développements logiques « .

Je n’ai pas subi d’abus par un membre de ma famille, je n’ai pas non plus dû m’occuper d’une personne malade, je n’ai pas subi de pression pour m’habiller de telle ou telle manière mais j’ai des exemples de cela dans mon entourrage et cela me conforte dans l’optique que oui : certains hommes sont mauvais, violeurs, assassins, plus payer que les femmes, que les hommes généralement ont plus accès à des postes à responsabilité (je ne parle même pas d’avoir seulement un emploi car certains recruteurs prendrons  un homme plutôt qu’une femme) et que aiment rabaisser les femmes (parce que les femmes sont émotives par exemple).

J’ai aussi des exemples de femmes qui ont des postes prestigieux (1 seul dans mon entourage bizarrement je ne dois pas avoir un bon entourrage), que les femmes sont mauvaises parfois, qu’elles peuvent être cruelles, méchantes, violeuses, meurtrières. Mais ce qui me fait me poser des questions c’est que toutes les femmes que je connais (j’ai bien parlé de celles que je connais ! pas de toutes les femmes dans le monde) qui ont fait du mal à des hommes ou sur d’autres femmes(je parle de vrais maux comme des coups, des assassinats, des viols ) ont toutes étaient abusées physiquement, moralement, psychologiquement par des hommes.

Non, tous les hommes ne sont pas des violeurs, ou des misogynes, bien sûr que non ! Mais ceux qui le sont font tellement de mal qu’il est difficile de ne pas se méfier d’un homme que l’on recontre et que l’on ne connait pas. 

Ce que j’aimerais dire à l’heure actuelle c’est que les hommes cessent de penser que les femmes quand elles ne sont pas d’accord avec eux, sont forcèment en colère, « ont forcèment leurs règles », se servent de leur ressenti pour juger d’une situation ou sont juste incapable de comprendre que les hommes aussi ont des sentiments. Oui, les hommes ont des émotions, et des sentiments, oui il faut prendre en compte leur avis, les écouter et dialoguer avec eux, mais cela n’a pas à les obligé de nous dire que parce qu’on est des femmes on ne sait pas réfléchir.

Récemment des hommes m’ont reprochés de juger les hommes et leurs comportements uniquement avec mon ressenti de femmes. Je m’explique :

J’ai dû mal avec les clichés comme le fait qu’au restaurant un homme doive payer l’addition, surtout pour un rendez-vous amoureux. J’ai certainement eu une mauvaise éducation, mais ma mère m’a enseigné qu’une femme ne doit sa réussite qu’à elle-même, qu’elle doit payer ses propres consommations et ne pas attendre d’un homme qu’il l’entretienne, ma mère m’a également enseigné que ce qui était valable pour une femme devait l’être pour les hommes (donc que les hommes devaient payer leur part, faire leurs tâches ménagères, ne pas vivre aux crochets d’une femme et être capable de subvenir à ses propres besoins). Ma mère m’a enseigné que ma voix compte autant que celle des hommes. Seulement, tout ça aujourd’hui des hommes s’en servent pour me dire que c’est mal et que cela ne prend pas en compte leurs propres besoins. Des hommes me disent que : eux, en tant qu’homme, ont besoins de payer le restaurant pour la femme qu’ils convoitent parce que cela leur fait plaisir et que si moi, je ne me laisse pas faire cela les heurte, les blesse et les dimine en tant qu’homme. Ce que les hommes me disent également c’est que puisque je ne prend pas leurs désirs en considération je ne suis pas une personne raisonnable, que je me sers trop de mes émotions, de mes ressentis pour juger de l’autre. On me dit également que ma place de femme est de répondre aux désirs des hommes parce qu’aujourd’hui, en 2018, les hommes vivent mal le fait d’être des hommes. Les hommes me disent également qu’ils sont les victimes du système et de la médiatisation des affaires de viols ou d’abus sexuels qui ont eu lieux ses derniers mois, donc si moi, en tant que femme je ne satisfais pas à leurs besoins c’est que je participe à la stigmatisation des hommes.

Ce que des hommes me disent aussi, c’est que j’ai une vie sexuelle trop débridé, que le fait d’en parler, d’évoquer mes relations passés (quand on me le demande!) c’est mal, que je dois mentir sur le nombre des mes anciens partenaires, ou sur mes pratiques parce que cela les heurtent en tant qu’hommes. Quand je trouve anormal que les femmes n’aient pas le « droit » d’avoir autant de partenaires sexuels que les hommes sans recevoir des moqueries ou des injures, on me répond que c’est « normal » parce que le cerveau humain n’a pas eu le temps de s’adapter à ce nouvel environnement dans lequel nous évoluons et que donc : oui, c’est naturel que les femmes soient moquées ou injuriées parce qu’elles couchent « trop » librement, mais que ce n’est pas la faute des hommes ou des femmes mais de l’évolution humaine. J’ai dû mal avec ces réponses. Non que je n’estime pas que l’évolution humaine prenne du temps (Je suis d’ailleurs la première à admettre que l’évolution est un processus long qui s’étale dans le temps, sur des milliers d’années.), mais j’estime que les gens doivent faire des efforts pour accepter! 

J’entends encore des hommes et des femmes dirent : « ah si elle s’est fait violer celle-là c’est parce qu’elle s’est habillée comme si ou comme ça, qu’elle porte du maquillage, qu’elle met des talons, qu’elle marche comme une catin, qu’elle est sortie la nuit, qu’elle a accepté un verre, qu’elle est montée chez lui, qu’elle l’a allumé » (la liste est nettement plus longue mais vous voyez de quoi je veux parler) et ça ! ces mots là, je les trouve intolérables ! C’est d’autant plus intolérable que les hommes passent encore pour les victimes des femmes dont ils abusent, qu’on leur trouve encore des excuses du style « mais c’est normal elle l’a aguiché avec son décoletté », « mais ce n’est pas de sa faute aussi s’il a tué sa femme c’est parce qu’elle l’a trompé », « c’est normal qu’il la batte, elle ne fait rien à la maison ». Tout cela m’énerve, pas en tant que femme mais en tant qu’être humain. 

Ce qui m’agace encore plus, c’est que l’on me dise que tout cela ce n’est que du ressenti. Oui, j’entends ces discours, mais « non voyons ce n’est que du ressenti parce que tout le monde ne dit pas ça ». Bien sûr que tout le monde ne dit pas ça, mais beaucoup de gens le disent. 

Je devrais également accepter d’être traitée de feminazie parce que certains hommes peuvent « sentir » chez moi une part de non acceptation, de volonté de les castrer parce que je ne suis pas d’accord avec eux ou que je refuse de me soumettre à leurs « conseils » ou « obeir » tout simplement à leurs « bons sens masculin ». Seulement je n’ai pas envie d’obéir, je n’ai pas envie que les hommes obéissent à mes ordres, mais j‘ai envie d’être l’égale des hommes que je rencontre, j’ai également envie que mes désirs soient pris en compte non parce que je suis une femme mais parce que je suis un être humain parce que pour moi, les hommes et les femmes ont autant besoins de reconnaissance et de respect. 

Donc est-ce que je suis misandre ? Peut-être. Peut être ais-je un regard méfiant sur les personnes que je rencontre et que je me méfie ou me protége trop des autres. Peut-être que je n’accepte pas que des hommes me fassent taire pour la seule raison que je suis une femme. Si c’est cela être misandre, alors oui, je le suis. 

Ce que je n’admet pas en revanche, c’est le terme Feminazie !  Quand je lis ou j’entends ce mot FEMINAZIE, je pense aux Nazis allemands, aux camps de la mort, aux millions de gens qui sont morts sous le régime d’Hitler et …ce terme ne m ‘est aboslument pas adapté : parce que je ne veux pas que les femmes aient plus de pouvoir que les hommes, je ne dis pas que les femmes sont supérieures aux hommes, je ne veux pas que les femmes dominent les hommes. Je veux que les gens soient égaux, qu’ils aient la même voix au chapitre, les mêmes droits et les mêmes devoirs. Je ne pense clairement pas être une extrêmiste radicale ayant envie de castrer tous les hommes, voire de les faire disparaître de la terre ou estimant que tous les hommes sont des machos qui devraient se taire et être d’accord avec les femmes. Mais puisque je ne suis qu' »une femme qui juge avec ses émotions et pas sa raison », qu’est ce que j’en sais après tout  si je suis une féministe radicale ou juste une personne qui remarque que certains hommes en ont clairement rien à faire des femmes et que les droits des femmes n’avancent pas toujours très rapidement et que dans certaines circonstances le fait d’être une femme est un handicap ?

Est-ce que je remets en cause le fait que les hommes aient des émotions, des désirs, des envies ? Non. Est-ce que je pense que le fait que les hommes aient un avis différent du mien est un problème ? Non, sauf quand l’avis de l’homme me heurte, ou remet en cause les fondements même de ma liberté -comme le fait de dire non à un acte sexuel et que l’homme estime qu’il est blessé et que du coup je dois faire ce qu’il désire alors que je ne suis pas d’accord ou le fait que moi aussi j’ai envie d’une chose et que je préfère faire ce que moi j’ai envie plutôt que de me sentir mal à faire quelqu’un chose qu’un homme désir que je fasse. 

Bien entendu, les mauvaises expériences que j’ai eu avec des hommes dernièrement ne forgent pas mon opinion sur tous les hommes. Quand je dis les hommes, c’est une généralité, tout comme quand je dis les femmes, mais je ne me sens pas en droit de citer (sur un blog public) les noms des personnes avec qui j’ai eu ce type de discours. Je ne mets pas tout le monde dans le même panier, j’ai juste essayé de donner mon avis et d’exprimer mon point de vue sans mettre de noms parce que ce ne serait pas correct pour ces personnes.

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7 réflexions sur “Suis-je une misandre ?

  1. mamansouriante dit :

    Ta maman t’a transmis les bonnes bases. Nous (les femmes) souffrons encore de tant d’année de patriarcat et il faut continuer je pense de répandre notre douceur (notre côté yin, féminin, sensible…) pour tendre vers plus d’égalité homme-femme. Oui il y a des hommes biens, oui il y a des femmes méchantes et vice versa, le monde est ainsi fait depuis la nuit des temps.

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    • Les conseils de Ponine dit :

      bien sûr que le monde est comme ça et bien entendu qu’il faut que chacun ait sa place dans le monde. Pour moi la vie ce n’est pas reprocher aux hommes le passé mais dire aujourd hui ce que l’on pense ou éprouve – pas en tant que femme ou homme mais en tant qu’individu et je trouve facile d’insulter les autres parce qu’ils ne sont pas d’accord ou parce qu’ils ont d’autres valeurs.

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  2. Celia May dit :

    Je comprends tout à fait ta colère. C’est vrai que tous les hommes ne sont pas mauvais (heureusement), mais d’un autre côté, si la majorité des gens étaient réellement convaincue de la nécessité de l’égalité entre les sexes, la société ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui (après c’est plus un problème de mentalités, de normes sociales et d’habitudes profondément ancrées plutôt que de méchanceté intentionnelle à mon avis).
    Le problème dans la société patriarcale est que pour certains, ce qui définit un homme c’est d’être meilleur que les femmes. Du coup, oui, si on commence à parler d’égalité, c’est une forme d’agression envers leur « identité ».

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