Faire des recherches sur le vocabulaire

Continuons sur les recherches documentaires. Depuis, le début du mois, je vous parle des recherches que l’on peut faire lorsque l’on veut écrire un roman. Aujourd’hui, je voudrais aborder une question qui n’est apparue récemment : le vocabulaire.

Cette idée m’est venue récemment lorsque  : J’écrivais une scène qui se déroule dans un  château du Moyen-Âge et là, je me suis retrouvée bloquée. Bien entendu, je sais à peu près ce qu’est un pont-levis, un donjon, des meurtrières mais entre ce que l’on croit savoir et la réalité parfois il y a un fossé qu’il faut combler. Alors, je me suis retrouvée en pleine inspiration avec un gros blanc à me dire « qu’est ce que c’est ce lieu que je veux décrire ? » ; « est-ce qu’il y a vraiment une sale comme ça dans un château ? » ; « est-ce qu’une meurtrière ça ressemble vraiment à ce que je décris ? » Alors, oui, vous allez me dire que j’aurais clairement pu palier à ces questions en faisant des recherches sur les lieux. Eh bien, oui vous auriez raison ! Sauf qu’à la base, ce château que je voulais décrire, n’était pas daté du Moyen-Âge, mais était plutôt contemporain à Louis XIV, rien à voir donc et mes recherches se retrouvaient obsolètes. 

Cette petite aventure sur le château m’a rappelé d’autres aventures de ce genre, où il n’était pas question de lieux mais de maladies mentales ou encore de synonymes ou de définition. Car oui, des fois, on croit savoir et on ne sait pas. Ce n’est pas mal, c’est même plutôt sain, sauf que lorsque l’on écrit il est bon de faire un effort de recherche pour être le plus précis possible. Si vous décrivez une couleur et que ce n’est pas tout à fait la bonne, cela risque de porter à confusion, si vous employez un mot pour un autre, là encore votre lecteur peut s’en agacer. Alors que faire ?

Des recherches de vocabulaire, tout simplement.

Si vous savez que vous allez devoir traiter d’un thème un peu obscur arrangez vous pour obtenir tout le vocabulaire dont vous aurez besoin. Je pense notamment au domaine médical. Cela peut être également valable pour des domaines pour la navigation, l’architecture, la religion, la psychiatrie, la loi. Mais nous verrons comment se pencher sur les domaines spécifiques dans un prochain article. Ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est qu’il faut avant tout définir le vocabulaire dont vous allez avoir besoin.

Ce qui m’amène à parler des fiches de vocabulaire.

Qu’est ce qu’une fiche de vocabulaire ? Je sens que certains vont tout de suite penser aux fiches barbantes que l’on faisait à l’école pour apprendre des langues étrangères et ils auront raison ! Sauf que ces listes ne seront plus barbantes parce que maintenant, elles vous seront utiles !

Quelles sortes de listes peut-on faire ?

Les émotions avec tout un tas de synomynes pour exprimer les différentes émotions que vos personnages peuvent ressentir.

-Une liste de descriptions physiques, afin de se facilter l’insertition de descriptions physiques de ses personnages lors de la rédaction, plus besoin de chercher comment décrire telle ou telle forme de menton ou d’yeux, il suffira juste d’ouvrir votre fichier.

-Une liste de couleurs avec un maximum de couleurs différentes. Faites tout un panel de nuances pour chacune des couleurs, un peu comme lorsque vous voulez refaire la peinture de vos murs.

-Une liste de verbes de paroles ou d’expressions pour retranscrire la parole. Même si je sais que l’on a tendance à ne prêter attention aux verbes de paroles qu’une fois en phase de correction, il est toujours sympathique durant cette phase ou même durant la rédaction d’avoir une liste déjà établie.

Bien entendu, il ne s’agit là que de quelques idées, vous pouvez avoir autant de liste que vous le souhaitez, selon vos propres besoins et vos usages.

Comment constituer ces listes ?

Tout d’abord en lisant beaucoup. Je ne peux que vous conseillez d‘avoir dans votre poches, près de vous, un carnet et un stylo pour écrire tous les mots que vous ne connaissez pas lorsque vous lisez (et pas forcèment qu’un roman mais toute lecture). Vous pouvez également noter tous les mots dont vous n’êtes pas certains d’avoir la vraie définition, ou tous les mots que vous trouvez sympathiques ou que vous souhaiteriez utiliser dans vos récits. Une fois votre lecture achevée vous n’aurez qu’à jeter un oeil dans le dictionnaire et retranscrire la définition, ou quelques mots qui s’y rapportent, ou un mot que vous connaissez qui se rapproche de la définition.

Ensuite, vous pouvez simplement vous posez quelques minutes par semaine pour faire des recherches dans chacune de ses listes. Vous pouvez vous servir d’internet, de dictionnaire, de listes déjà établies, certains blogs ou forums ont même déjà des listes qu’ils proposent aux lecteurs, c’est une bonne base de départ. Constituer une base de mots demande du temps, et c’est un peu fastidieux, donc se consacrer que quelques minutes chaque semaine est une bonne idée pour ne pas se lasser et garder un rythme de recherches intéressant. 

Si vous avez la chance d’avoir un vieux dictionnaire sous la main, c’est encore mieux. Il y a de très nombreux mots que le dictionnaire actuel ne comporte plus. J’ai moi-même la chance d’avoir un dictionnaire datant du début du XXeme siècle et c’est absolument formidable pour flaner à la recherche de mots désuets et complèter son éducation littéraire. Il est toujours amusant de feuilleter un vieux dictionnaire et de piocher au fil de l’eau quelques mots. 

Apparté 

Certains jaugent un auteur aux nombres de mots qu’il connait et qu’il emploie, mais je ne suis pas d’accord. Zvoir un vocabulaire riche, précis, détailé et spécifique si cela sert l’histoire, permet de nourir les descriptions, de rendre les personnages plus vivants, est execellent. En revanche s’il s’agit d’épater la galerie en usant de mots inusités, complexes et (c’est mon avis) insupportables à lire parce que le lecteur se sentira « stupide » alors vous faites fausse route. Attention, je ne dis pas que l’on ne peut pas utiliser des mots désuets ou spécifiques, ou rares, mais il faut le faire avec intelligence.

Je suis consciente qu’il existe un véritable débat entre : la littérature de gare (simplicite au possible – très rentable financièrement parce que touchant un large publique ) et LA LITTERATURE (la Grande Littérature, la Belle, la Prestigieuse). Les uns vont reprocher aux autres d’être trop complexe, d’avoir des mots farfelus que personne ne comprend, qu’elle s’adresse à un public particulier ; les autres vont reprocher aux premiers de ne faire que de la littérature facile, sans fond, ni forme, préférant à la beauté l’argent.  Je ne dénigre ni l’une, ni l’autre.  Tout le monde a son point de vue et je le respecte. Ce que je ne respecte pas ce sont les clichés. Pour moi, toutes les formes d’écriture sont possibles, mais la complexité ou la simplicité du registre de langue ne fait pas l’histoire. 

On a le droit de choisir d’utiliser un vocabulaire simple ou un complexe mais il faut le faire avec « naturel ». C’est-à-dire que si vous ne maîtrisez pas le langage soutenu, que vous ignorez ce que rambleur signifie n’allait pas l’utiliser pour faire « bien ». Lorsque l’on écrit le choix du vocabulaire ne dépend pas QUE du vocabulaire que vous connaissez, mais aussi de celui qui est bon dans l’histoire et du personnage. Tout est une question de nuances et savoir-écrire, de ressenti. En tout cas, m’employez jamais un vocabulaire soutenu juste pour faire joli, parce que cela se ressent. A force de lire, d’écrire, on apprend à utiliser les mots, à employer des expressions que l’on ne maîtrisait pas lorsque l’on a commencé à écrire, mais cela vient avec le temps et l’expérience.

Quoi qu’il en soit vous pouvez apprendre, vous améliorez et petit à petit utiliser des mots qui ne vous sont pas encore familiers, parce qu’écrire un voyage au long court.

 

Voilà qui clôture mon article du jour sur les recherches axées sur le vocabulaire. On se retrouve samedi pour un nouvel article sur les recherches en écriture. 

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4 réflexions sur “Faire des recherches sur le vocabulaire

  1. Julien Hirt dit :

    J’ai été passionné par la lecture de cet article très complet, en particulier par la section consacrée aux niveaux de langage. Cela dit, j’appartiens à une toute autre famille d’auteurs, et je suis d’ailleurs en train de rédiger un billet pour proclamer que les recherches, ça n’est finalement pas si important que ça (règlements de comptes à venir en commentaires 😉 )

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      Merci c’est gentil. ^^
      Haha j’avais également prévu un article de ce genre là ^^ Mais j’ai hâte de lire ton article, qui sera comme toujours génial et très complet.

      J'aime

  2. Celia May dit :

    Je suis d’accord avec toi sur certains points, c’est important de faire des recherches sur les sujets qu’on ne connait pas ou mal pour être capable de bien les décrire (et ne pas reproduire des stéréotypes erronés).
    Ensuite, sur la question du vocabulaire précis, je crois que c’est plus utile de s’en occuper pendant les phases de corrections, une fois qu’on a déjà posé toute l’intrigue. Etant quelqu’un qui écrit assez lentement (et qui a tendance à souvent changer d’avis et à jeter des chapitres entiers), réfléchir à chaque mot risque de me faire perdre énormément de temps.
    Après, à chacun sa façon de travailler, je comprends aussi que ça puisse aider d’avoir sa petite liste de vocabulaire à portée de main. ^^

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      Je suis aussi entièrement d’accord avec toi. Pour ma part, je ne fais de vrais recherches de vocabulaire qu’à la fin quand je corrige la forme, mais avoir une petite liste à côté de soi quand on ne sait pas bien comment décrire un lieu, ou une émotion, ou un personnage cela peut aider à dépasser le blocage. Si je cherche le mot fluet et que je ne le trouve pas dans mon petit cerveau, je sais que je suis incapable d’écrire tant que je n’ai pas trouvé ce mot. C’est peut-être aussi parce que j’écris assez rapidement -les brouillons haha – que j’ai besoin d’avoir une liste à l’avance pour m’aider lorsque le « bon » mot m’échappe. Après cela ne signifie pas que ce mot restera dans le roman final ^^

      Aimé par 1 personne

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