Un héros n’abandonne jamais…de débuts négatifs

Lorsque l’on lit des romans on se rend compte d’une chose : les héros n’abandonnent jamais. Lorsqu’ils ont un objectif ils vont jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Cela donne envie, envie d’être comme un héros et d’aller jusqu’au bout de ses rêves. 

Tenace, pugnace, acharné, coriace, opiniâtre, inébranlable et persévérant. Tout ces termes peuvent définir un héros de roman. Même si au début de l’histoire il peut refuser d’entrer dans l’aventure, il finit toujours par entrer dans l’action. Un héros garde toujours en tête ce qu’il veut, mais est-ce qu’il réussi à chaque fois ? 

Un héros doit toujours partir à l’aventure, sans aventure pas d’histoire mais est-ce que le héros réussi toujours ses aventures et obtient tout ce qu’il désire

Il se peut que le héros commence avec un arc narratif négatif dans lequel il est malheureux, ou dans lequel il lui manque quelque chose. Cet arc narratif impose donc que la situation du héros au début de l’histoire ne soit pas parfaite, il veut ou ressent le besoin de changer ou non, toujours est-il que votre travail en tant qu’écrivain est de montrer à quel point sa situation est négative. Cette situation peut être mauvaise pour le héros.

Par exemple : votre héros peut être dans une relation amoureuse toxique. En partant de cet exemple plusieurs possibilités s’offrent à vous : Soit le héros sait déjà, au début du roman, que la relation est néfaste pour lui et il veut en sortir. Soit le héros n’en a pas conscience et ses proches tentent de le faire sortir de cette relation. Soit personne dans l’entourage du héros et le héros lui-même n’ont pas conscience de cet négativité.

Un début négatif peut sembler plus facile lorsque l’on commence une histoire. Dans certains cas, c’est vrai, mais un arc (voir trop) négatif en début de roman peut très vite prendre la route d’une fin en happy end, très contes de fées. Personnellement, je suis contre les fins contes de fées ou tout est beau et gentil et où le méchant se fait tuer entre deux parce que c’est un « vrai méchant chez qui tout est noir », mais cet avis n’engage que moi, libre à vous d’écrire des histoires contes de fées.

Lorsque l’on part d’un arc narratif négatif quels sont les solutions pour la fin de l’histoire ?

Vous pouvez soit :

  • Offrir à votre héros un happy end parfait. Il était pauvre, dans une relation amoureuse néfaste pour sa santé physique mental, il était malade etc (je dis Il pour le héros mais il peut s’agir d’une femme) et il finit heureux, riche, dans une relation de couple saine et en bonne santé. Alors il s’agit d’un revirement total à sa situation initiale.
  • Lui donner un arc narratif encore plus négatif et une fin plus misérable encore que sa situation initiale. Il était en couple même dangereux pour lui, avec un peu d’argent, et vivant dans un appartement, rien n’empêche qu’il finisse pauvre, à la rue, seul, sans famille, ni ami, malade etc.  On assiste alors à sa déchéance.
  • Vous pouvez terminer le roman comme il a commencé. Le héros n’est ni dans une meilleure situation, ni dans une pire. Il a juste avancé mais au final se retrouve dans la même situation. Il reste avec le même compagnon, dans le même travail, la même situation au travail, la même santé. On l’a simplement accompagné dans une phase de sa vie mais au final, il fait le choix de garder ce qu’il a.

Dans ces trois exemples, on part du principe que :

1. Le héros passe de malheureux à heureux. il a obtenu tout ce qu’il voulait et du coup, il se sent bien mieux.

2. Il est encore plus malheureux que lorsque son histoire à débuter.

3. Il n’a pas évoluer, ni d’un côté ni d’un autre.

Mais ! Parce qu’il y a un mais, il existe tout un tas de nuances entre ces choix. C’est ce que nous allons voir à présent.

  • L’arc narratif dans lequel le héros a une meilleure situation « matérielle », il était malheureux dans sa vie, dans son couple, en mauvaise santé au début de l’histoire et matériellement, il obtient tout ce qu’il pouvait désirer. Oui, mais voilà, comme le dit si bien le proverbe l’argent ne fait pas le bonheur. Il a certes une belle maison, un couple qui sur le papier est parfait, mais il se rends compte que tout ceci n’est que de la poudre aux yeux et que la vie « malheureuse » du début n’était pas si mal en fin de compte. Sa situation a donc évolué en bien et en mal.
  • L’arc narratif négatif, la situation matérielle du héros est finalement pire qu’au début. Si on reprend l’exemple deux, il est pauvre, seul, malade, etc. Mais au final, il se rend compte que c’est pour le mieux. Qu’il a quitté une situation qui le rendait malheureux et il décide de prendre la vie comme elle est et d’être satisfait de son sort.
  • Sa situation matérielle est la même ? Mentalement, il a cependant évolué dans un arc narratif positif ou négatif. Voilà le vrai changement. Il peut soit être satisfait de sa vie, même si elle n’est pas parfaite. Soit être encore plus malheureux qu’au début parce que sa situation n’a pas évolué. 

Est-ce tout ? 

Non, car toutes les combinaisons sont possibles. Ce que je voulais vous dire, c’est qu’une histoire qui commence mal pour le héros ne doit pas nécessairement bien finir. Elle ne doit pas toujours finir plus mal encore.

Pourquoi ? Parce qu’il faut prendre en compte toutes les richesses de ce qui fait un héros un être humain à part entière. Une histoire peut très bien s’achevait sur certains aspects que cherchait à atteindre le héros au début de l’histoire et se terminer plus mal encore sur d’autres aspects auxquels il n’accordait pas nécessairement d’attention trop focalisé sur son objectif principal.

Pour l’exemple, je prendrais Les Misérables, plus précisément le personnage de Marius Pontmercy, on peut dire que son but principal est d’obtenir l’amour de Cosette, le second d’aider ses amis révolutionnaire à changer le destin des pauvres gens. Il commence l’histoire, pauvre, avocat devant survivre en donnant des leçons de langue, vivant dans une masure et n’ayant dans sa vie que deux amis, Courfeyrac et Maboeuf. S’il pense que ses amis seront toujours présent, que leur barricade changera la face du monde pour un avenir meilleur. Il finit le roman, marié à Cosette, son grand amour, riche, « Baron » ayant retrouvé sa famille, pourtant tous ses amis sont morts et le monde n’est pas « meilleur » pour autant. Sa situation s’est améliorée pour le mieux et pourtant il porte le poids du survivant, puisqu’il est le seul de ses amis à avoir survécu.

Pourquoi est-ce tellement important ? Tout simplement parce que ce sont les failles qui rendent les personnages humains et ce sont pour cela que les lecteurs s’y attachent même bien après que le livre soit refermé et tous les détails de l’histoire oubliés.

Partir d’une situation initiale négative n’est donc pas forcément facile. Il ne suffit pas d’arranger la situation du héros pour que l’histoire soit bonne, intéressante et riche. Il faut parfois creuser et offrir des failles au lecteur pour qu’il s’identifie d’autant plus au héros et à son histoire. 

Bonne journée, 

Ponine. 

 

 

 

 

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