Les chapitres : construction et nombre de mots

Bonjour à tous,

On dit toujours qu’un roman doit être structuré, bien structuré, qu’il faut que tout s’enchaîne avec élégance, logique et délimitation, le tout en donnant la sensation que les actions s’articulent avec une aisance et une facilité déconcertante. Alors on pense : chapitre.

Quoi de plus structuré qu’un chapitre ? Il comporte un titre, un numéro, un signe de reconnaissance comme un saut de page, du « blanc » avant et après. Un chapitre cela se reconnaît à la vue, en dehors de quelques exceptions littéraires dont je n’ai pas d’exemple sur le moment. Disons que dans la majorité des romans, on repère un chapitrale.

Qu’est ce qu’un chapitre ?

Dans l’esprit populaire, un chapitre correspond à une unité ( de temps, de lieux, de point de vue, de sujets, de personnages, d’action…). Un chapitre a un début et une fin, que ce début ou cette fin soit repérable par un numéro, un titre ou un espace. Le chapitre sert à structurer l’histoire. Souvent les chapitres sont composés de scènes, au moins une ; sinon il n’y a pas d’avancer de l’histoire, et en dehors du tome 2 de la saga Twilight de Meyer je n’ai jamais vu de chapitre sans scène -si quelqu’un à d’autres références soyez gentil de partager je suis curieuse – pour ceux qui n’auraient pas lu le livre plusieurs chapitres commencent par le nom du mois et le reste de la page est vierge pour montrer qu’il ne se passe rien dans la vie de l’héroïne durant des mois.

Combien de mots doit faire un chapitre ?

Ah la grande question. Elle va de paire avec les questions : combien de mots pour un roman ? combien de mots dans une scène ? Est-ce que si mon roman fait X de mots il est bien un roman ? Est-ce que écrire plus de X mots est une bonne idée ? … En réalité, il n’y a pas de bonne réponse, parce qu’un roman n’est pas un calcul mathématique. Il s’agit de sentir ce qui est le mieux pour votre histoire. Pourtant, il émerge une tendance actuelle à rédiger des chapitres courts. L’avantage des chapitres courts c’est que le lecteur peut poser le roman plus facile et le reprendre plus facile. S’il est dans les transports par exemple, il peut lire un ou deux chapitres et se sentira plus attiré par la reprise du roman que s’il doit couper sa lecture au beau milieu d’un long chapitre.

A creuser : Plus les scènes et les chapitres sont brefs, plus le rythme du roman sera rapide, parce que l’on ira à l’essentiel.

Vous pouvez très bien avoir beaucoup de longs ou de courts chapitres et casser le rythme avec un chapitre différent, ce qui créera de l’étonnement chez votre lecteur. Mais rien n’est obligatoire.

Pour ma part, mes chapitres font souvent entre 1500 et 2500 mots. Parfois, plus court, je crois vers les 1000 mots, des fois beaucoup plus long, dans les 5000 mots mais c’est très rare.

Combien de chapitres doit compter un roman ?

Tout dépend. Si vous écrivez un pavé de 1 000 pages, il se peut qu’il y ait plus de chapitres qu’un roman de 100 pages, et encore, on peut écrire un roman très court avec de très court chapitres et un roman long avec de long chapitres, ou l’inverse. Tout dépend de la structure de l’œuvre, de ce que l’on a envie / besoin de faire pour faire avancer l’histoire.

Le chapitre marqueur de changement :

Un chapitre c’est avant tout le marqueur d’un changement dans l’histoire. On peut introduire un nouveau lieu, un nouveau personnage, une nouvelle intrigue, marquer le temps qui passe, ajouter une nouvelle dose de suspens en coupant l’action. Terminer sur un rebondissement ou avant la fin d’une scène est un bon moyen de décupler le suspens et l’intérêt du lecteur. Pourtant, il faut veiller à ne pas achever ses chapitres toujours de la même manière – sauf si l’on veut jouer sur un effet de style – sans quoi le lecteur peut rapidement s’ennuyer.

Que faire si on a des difficultés à structurer ses chapitres ?

On peut très bien commencer sans penser aux chapitres. Cela peut être stressant de découper son roman en amont de l’écriture. Il n’est pas non plus obligatoire de suivre sa structure première, mais si on éprouve des difficultés à structurer, le mieux reste de ne pas penser « chapitres », mais plutôt éléments de l’intrigue et découper son roman, dans un premier temps, en acte. J’ai déjà parlé des actes à plusieurs reprises. Le découpage en chapitre peut attendre que l’histoire se soit réellement mise en place dans votre esprit pour se faire. Et si réellement vous ne parvenez à couper votre récit, vous pouvez toujours demander l’aide de vos proches pour qu’ils vous conseillent. Certaines personnes savent d’instinct où il faut marquer une pause et si vous n’y parvenez pas ce n’est pas une fatalité, avec de l’expérience, beaucoup de lecture, vous sentirez les moments propices aux coupures.

Bonne journée,

Ponine.

 

10 réflexions sur “Les chapitres : construction et nombre de mots

  1. Julien Hirt dit :

    Très intéressant! J’aime beaucoup ta suggestion de laisser le découpages en chapitres pour plus tard.

    (Et puis, dans la mesure où mon billet sur les chapitres est, de très loin, le plus populaire de mon blog, je pense que tu peux t’attendre à une avalanche de clics 😉 )

    Aimé par 1 personne

  2. Ywan Cooper dit :

    Personnellement j’écris beaucoup à l’instinct, et les chapitres sont quelque chose que je remanie rarement. Ils font 3000 mots en moyenne mais je peux monter beaucoup plus haut. J’adore fabriquer leur chute pour accrocher au chapitre suivant !

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      Je suis un peu comme toi, je ne remanie que rarement mes chapitres.
      Je pense que 3 000 mots c’est déjà de bons chapitres. L’important c’est qu’ils fassent vivre ton histoire ^^
      Merci de ton commentaire.

      J'aime

  3. Hiéra dit :

    J’avoue que je me suis posée plein de questions sur les chapitres au début. Et ensuite j’ai fait exactement ce que tu as dit, j’ai laissé tomber… Au final j’ai fait le découpage en chapitre quasiment tout à la fin, mais à ce moment là, mon intrigue était bien structurée, c’était beaucoup plu facile de déterminer des regroupements logiques entre mes scènes. Pour ce sujet, je ne regrette pas d’avoir remis à plus tard ! Je me suis aussi amusée à prendre quelques bouquins dans ma bibliothèque, pour voir comment ils commençaient et terminaient leurs chapitres, c’était instructif.
    Je fais plutôt partie du groupe des chapitres longs : mes chapitres font plutôt autour de 10k mots (entre 4 et 6 scènes d’environ 2k).

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      C’est vrai que parfois le meilleur moyen de réussir à trouver la réponse à une question c’est de la laisser venir d’elle-même.
      Pour ma part, je n’ai jamais pris le temps d’observer la structure des chapitres d’autres romans, mais c’est une excellente idée que tu partages.
      L’important ce n’est pas d’écrire de long ou de court chapitre, mais des chapitres qui soient cohérents et logiques. Tant que tes chapitres correspondent aux besoins de ton histoire.
      Merci de ton témoignage en tout cas. Je suis certaine qu’il peut aider bien des personnes.

      J'aime

  4. Hannaé-Elisabeth Rosemonde dit :

    Perso je fais les chapitres au feeling, au fur et à mesure que j’avance dans l’histoire. J’écris de façon intuitive, sans suivre aucune loi ni aucune techniques d’écriture, car c’est ainsi que j’écris le mieux (=connexion à l’âme), donc quand j’écris, il y a un moment où je sais que l’histoire passe un cap et que cela s’ouvre sur un nouveau chapitre. Cela se fait presque naturellement, même si parfois je dois me relire un peu pour m’apercevoir qu’un chapitre s’impose à tel endroit.
    En plus, je donne des titres pleins d’âme à mes chapitres, qui ont une réelles signification pour moi, aussi c’est un plaisir de le faire.
    En fait, j’ai la chance d’utiliser scrivener, un logiciel d’écriture qui permet de créer et classer des fichiers textes, ce qui aide à mieux diviser chaque partie. Aussi, je n’écris pas dans un seul fichier, mais j’ajoute un nouveau fichier texte tout au long de mon écrit.
    Et du coup les chapitres deviennent presque naturels, même si parfois je divise un seul chapitre sur deux fichiers différents, pour plus de visibilité; c’est plus facile pour moi de me repérer.
    Après il est vrai que je n’ai pas encore finalisé la plupart de mes projets d’écritures, donc je n’avais pas encore pensé à tout ça. Mais là j’ai un projet d’écrit qui avance et que je compte finir, et là je fais les chapitres au fur et à mesure. C’est assez motivant de leur donner des titres et une âme.

    Bon par contre j’avoue que je ne suis pas du tout fan de twillight (je ne m’intéresse presque pas aux films ou séries, ou livres actuels car cela me correspond peu, et parfois trop « fait pour plaire » surtout aux femmes, et je n’aime pas être catégorisé ou cloisonné dans tout ce qui est populaire ou typiquement « girly », je me suis affranchie de ces stéréotypes). Mais je trouve un peu déconcertant de faire une page blanche pour montrer qu’il ne s’est rien passé, finalement ça n’importe que peu de le savoir ou pas…Et en plus j’ai envie de dire que c’est un gâchis de papier pour rien (autant dans le sens propre que figuré), car je suis assez à cheval sur l’écologie, et ça me navre de voir qu’on tue des arbres si c’est pour ne pas remplir des pages, et en plus ce sont des livres édités à grande échelle. Donc ça n’est pas très malin ni respectueux pour la planète (désolée je suis assez intellectuelle donc ça m’a tilté de voir ça écrit).

    Aimé par 1 personne

    • Les conseils de Ponine dit :

      C’est excellent si tu as trouvé une méthode (parce que c’est une méthode tout de même) qui te convient et surtout un support qui te permet d’avancer dans tes projets. C’est le plus important. J’imagine que le fait d’avoir des titres de chapitres te permet de mieux structurer tes pensées et d’avoir une idée de quoi « mettre » dans tes chapitres. Il y a une structure qui doit représenter ton chapitre.
      Pour moi, Scrivener ce n’est pas du tout une chance, c’est un gros « chantier », je trouve que ça manque de logique (de ma logique, bien sûr). Je préfère vraiment travailler dans l’ordre. Je crois que chaque auteur est différent et c’est toujours très enrichissant de remarquer que les autres fonctionnent autrement.
      Pour la page blanche, oui c’était déconcertant. En plus, si je me rappelle bien (ça date de plus de 10 ans alors faut faire travailler les méninges) il y avait une page pour annoncer le mois et une autre derrière qui était blanche. Il me semble que c’était ça, ce qui était d’autant plus ridicule. J’avais cru que mon livre avait un défaut, tant j’étais perturbée. Sans être à cheval sur l’écologie, ça reste du gaspillage et c’est surtout perturbant pour le lecteur. Après, je comprends l’effet de style, pour montrer la dépression du personnage et son immobilisme. Sauf que j’ai dû mal avec le résultat.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s