Le mentor : en avoir un ou pas ? Partie 2

Coucou tout le monde,

Aujourd’hui, je voudrais terminer sur le sujet que j’ai lancé mercredi, sur la question du mentor ou des mentors.

Dans l’article précédent, j’avais présenté mes mentors et l’idée que je me faisais du mentor. J’ai lu les commentaires que vous m’avez laissés, mais mes activités annexes ne m’ont pas laissés le temps de répondre à tout le monde, je vais le faire, promis ^^. J’étais surprise qu’il y ait autant de personnes qui n’ait pas de mentors. Je vous expliquerais pourquoi. Avant même d’avoir vos réactions, j’avais en tête cette question : est-ce qu’il faut ou pas avoir un mentor?

Mon avis sur le fait que l’on puisse ne pas avoir de mentor :

Je trouve cela triste. Sans réfléchir, c’est la première phrase qui me vient à l’esprit. Si on me dit « non, moi, aucun auteur ne m’inspire, ne me donne envie d’écrire », spontanément je vais répondre que c’est triste. Cela ne signifie pas que la personne ne lit pas, qu’elle n’est pas intéressante ou que sais-je encore, non, juste je trouve triste qu’une personne ne soit pas emballé par un roman, une œuvre, une personnalité, au point de se dire « tient mais s’il n’y avait qu’une seule personne qui me donnait envie de me lever le matin pour écrire ça serait tel auteur », ou « s’il n’y avait qu’un livre que j’emporterai sur une île desserte ça serait celui de Machin parce que ça me rend hyper enthousiaste de lire son œuvre » ou encore « mais cette œuvre, elle me rend meilleur. Elle correspond à mes valeurs. » . Et bien oui, pour moi, c’est triste. C’est peut-être une vision hyper fanatique, mais je l’assume. Ce n’est pas nécessairement de l’inspiration. On ne va pas obligatoirement puiser ses idées d’écriture dans les œuvres de son ou ses mentors, mais  envie de se dépasser en tant que personne. Voilà mon « idée » de base. Ma réponse spontanée, sans réfléchir.

Ensuite, je réfléchis. Avant de répondre sur le profil Instagram de la personne en question, je me suis posée quelques minutes. J’ai une licence en arts du spectacle, j’ai côtoyé des étudiants en ciné, en théâtre, en arts plat, en lettres etc et tous ces gens qui filmaient, écrivaient, dessinaient, etc (même des musiciens) : TOUS (ou au moins 95% les 5 autres pourcentages étant souvent des gens qui n’étaient pas des artistes) m’ont toujours dit qu’ils s’étaient mis à leur art parce qu’il y avait eu, un jour, une œuvre, un groupe, un livre, un acteur, un réal…qui leur avait « parlé », interpelé, questionné, « touché ». Je dirais même qu’il s’agit presque d’une expérience mystique, pour certains, comme une révélation de ce que l’on veut faire, d’une passion.

Alors, peut-être, que je n’ai pas connu les » bonnes personnes », ou que certains mentaient sur leur « grande révélation » mais jamais personne qui n’a eu le désir de faire de l’art n’a jamais dis « non moi je n’ai pas quelqu’un qui m’inspire / pas de modèle ». Alors j’étais vraiment stupéfaite de lire que quelqu’un n’avait pas de modèle ou de mentor, ça me paraissait improbable avant. Je ne m’étais surtout jamais posée la question.

Pour moi, un mentor ce n’est pas nécessairement quelqu’un dont vous avez envie de copier le style, ni l’image, ni les idées, mais surtout une personne qui vous donne envie de progresser, alors ça me sembler tellement loin de moi cette absence d’idéal.

En lisant les commentaires sur la première partie de cet article, j’étais stupéfaite de me rendre compte que ce n’était pas la seule personne. Et là, je me dis WAHHH, c’est bizarre. Pourquoi les gens qui étaient en « art » avaient tous des mentors et aujourd’hui je me rends compte que des tas d’autres personnes n’en ont pas ?

Je me suis posée plein de questions et remise en question dans mes croyances :

Tout d’abord : Est-ce que je suis normale ? Est-ce que les gens que je connais et que j’ai connu le sont aussi ? Est-ce que je n’aurais pas un problème psychologique du coup ? Est-ce que tous les gens avec qui j’ai étudié ne sont pas des malades mentaux aussi, du coup ?

Après avoir convenu avec moi-même que ma santé mentale n’était pas en jeu, je me suis dis que le souci venait peut-être de ma manière d’avoir découvert la littérature. J’ai commencé à écrire très jeune, à lire au même moment, donc j’étais certainement très influençable et impressionnable. Après tout, les auteurs que j’ai évoqué ont des univers très riches. Mitchell traite de la guerre, de l’amour, de l’histoire, de l’émancipation des femmes, de la ségrégation raciale, de la lutte d’un même peuple, de la question de justice, d’égalité, d’assumer ses choix et sa personnalité, etc. Hugo parle de la pauvreté, de la misère, de liberté, de la justice, de l’égalité, du pouvoir de l’instruction, du bien et du mal, de l’Histoire, d’amour, de faits de société. J.K.Rowling évoque aussi des valeurs de justice, de liberté, d’égalité, de dignité, d’émancipation, de bonté, de bien et de mal, d’amour, de guerre (même si elle est fictive), de racisme, etc. Ce que je veux dire par là, c’est que ces œuvres sont vraiment complètes, complexes, humaines. C’est différent de lectures dites « faciles ». Peut-être, aussi, que si j’avais lu que des œuvres de « mon âge », j’aurais eu une vision différente. Sauf que je ne suis pas la seule a avoir commencer par lire ce genre d’œuvre. Donc, ça ne vient pas de là, certainement.

Plus, j’y pensais et plus je me disais que cela venait peut-être de notre manière d’appréhender la vie. Mais alors, là, je ne peux pas tellement émettre d’hypothèse, parce que ma façon de voir le monde reste différente de celle des autres.

D’autres questions que j’ai eu en tête c’est :

Pourquoi ? Pourquoi certaines personnes ont des auteurs mentors et pas d’autres ? Est-ce que c’est une question d’éducation ? Une question d’égo ? Est ce que certains ne veulent juste pas admettre qu’ils ont des mentors ? Qu’ils se cachent derrière leur gros égo en mode « non, moi ? être inspiré par d’autres pouah ! je suis tellement mieux que ça »?

Beaucoup d’écrivains qui donnent des interviews, qui sont des écrivains publiés, disent qu’ils puisent leur inspiration dans tels types d’œuvres, chez tel ou tel autre auteur, etc. Alors que d’autres disent qu’ils n’en ont pas ? C’est quand même bien étrange.

Une amie a lancé l’idée que les « grands » (attention grands dans le sens les écrivains les plus lus, ceux qui parlent le plus dans la presse etc, pas nécessairement une question de talent) parlaient facilement de leur source d’inspiration, en citant d’autres auteurs, parce que la célébrité leur donneraient une forme de simplicité. L’idée de base schématique était : ceux qui ne sont pas publiés ou pas célèbre disent qu’ils n’ont pas besoin d’autres sources d’inspiration qu’eux-mêmes, un mode gros égo et « je ne dois rien à personne je suis le meilleur ou la meilleure », alors que les « célèbres » sont plus humbles, et reconnaissent qu’écrire ne vient pas de nulle part, que toutes les histoires sont inspirés d’autres histoires, que l’inspiration est nourrie par les lectures, par l’écoute d’autres choses.

Je suis persuadée qu’il y a un fond de vérité. pas pour tout le monde, mais quand même. On se nourrit de tout ! On se nourrit de ce que l’on vit. Sans reconnaître que l’on a besoin d’un mentor,  je reconnais qu’il faut se nourrir. Et c’est vrai que la création naît dans l’esprit qui s’est nourri. Je crois aussi que plus on crée, plus on comprend que l’acte même de créer n’est pas dû à son seul esprit, mais aux multiples sources dans lequel il peut puiser.

Alors faut-il avoir un mentor ?

Bien sûr que non, rien n’y oblige. Personne ne va vous dire que vous ne pouvez pas écrire si vous n’avez pas de mentor.

On n’est pas meilleur créateur si on a un mentor. Il y a certainement des auteurs meilleurs que d’autres (et encore tout est une question de point de vue), mais avoir un mentor ne fera pas de vous un génie créateur. Sinon, cela serait trop facile.

Finalement, je me dis que le seul mentor que l’on doit TOUS avoir c’est la curiosité. Etre curieux de la vie, du monde, des œuvres des autres, pour s’enrichir, non seulement en tant que personne, mais aussi en tant qu’auteur.

(Même si on ne m’enlèvera pas de l’esprit que de n’avoir  aucune œuvre qui nous fasse vibrer ça reste triste quand même. La passion c’est super cool. )

 

Bonne journée à tous.

Ponine

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5 réflexions sur “Le mentor : en avoir un ou pas ? Partie 2

  1. Marine dit :

    Très bon sujet… Autour de moi j’ai l’impression que peu de gens ont des mentors, en tout cas personne ne m’en a parlé. Alors qu’à ce simple mot « mentor » beaucoup de personnes me viennent en tête : de personnes inspirantes. Un mentor nous forme, nous donne envie, nous fait évoluer et surtout nous montre que c’est possible !

    Aimé par 1 personne

  2. Kirsteen Duval dit :

    Je pense qu’au final nous avons tous des mentors, même si nous n’en avons pas conscience explicitement. Après, certains en aimeront l’idée, d’autres pas, ils se disent peut-être « ah mais moi, je ne veux pas que l’on pense que je m’inspire d’untel, que je veux imiter tel autre, je suis unique en mon genre… ». Ce qui est à mon avis, une grosse erreur, après tout, nous sommes façonnés par ce que nous vivons, lisons, voyons, expérimentons. Et les autres sont là autour de nous, et pour plus que nous clamions ne pas être influencé par eux, c’est impossible, puisqu’il y a interaction, à moins de vivre isolés sur une île déserte. Le simple fait de dire « je ne ferai pas comme lui, je ne veux pas lui ressembler », montre bien que les autres ont une influence sur nos choix.

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  3. Julien Hirt dit :

    Malgré l’intérêt de ce billet, je trouve qu’il y a un raccourci dans ton argumentaire. Ne pas avoir de mentor, ça n’est pas renoncer à être inspiré par d’autres artistes. Si je ne parle que de mon cas personnel, j’ai 44 ans, j’ai lu des milliers de romans et, à force, tout cela forme un corps d’influences diverses dont j’aurais bien du mal à détacher un auteur plutôt qu’un autre. Selon moi, il vient un temps dans l’existence où la magie du talent s’évente, où l’admiration devient de l’estime, où le fan devient un simple amateur, où les idoles deviennent des pairs. Quant à l’inspiration, au final, elle peut se loger partout.

    Aimé par 1 personne

  4. Anaïs mony dit :

    Cc, je suis ravie de voir que je t’ai lancé dans un grand débat!!! Après avoir lu tes 2 articles, je te confirme a 100% que je n’ai pas de mentor lol. Mais je te rassure mon ego et très très loin d’être surdimensionnée. Comme je te l’ai déjà dit, ma diversité en termes de genres doit joué un rôle a cela. Lorsque j’écrivais des poèmes a l’âge de 12 13 ans, je n’en lisais Pas, lorsque j’ai lu mon premier livre très petite( je ne me rappelle pas) je n’ai pas été marqué. Cependant ton article m’a fait comprendre d’où cela venait, mon besoin de lire, d’écrire. L’imaginaire, l’évasion que donne la lecture quelle qu’elle soit. Ce n’est pas un auteur ou un livre, c’est un tout. Le jour où je me suis dit gamine, mon rêve serait d’être écrivain vient de là. Voilà en tout cas merci à toi pour tt Ça! Et je pense avoir trouvé un mentor dans l’écriture via instagram lol ou même plusieurs mdr

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