Les arcs narratifs

Coucou tout le monde,

Avant de continuer ma série sur la structure des romans et la manière dont je m’en sors pour structurer les miens, je voulais rédiger un petit article sur les arcs narratifs.

Qu’est-ce qu’un arc narratif ?

Je dirais qu’un arc narratif est l’évolution du personnage du début à la fin de l’histoire. Bien entendu, l’arc narratif n’est pas tout à fait « droit », voir plat, il fluctue, évolue, change, monte, descend, bref, il ne suit pas une courbe droite, sinon cela ne serait pas marrant.

En somme, je définirais l’arc narratif par cela : l‘évolution du personnage par rapport à sa situation de départ, jusqu’à sa situation finale, sans oublier toutes les situations par lesquels il passe durant le temps de l’histoire. L’arc narratif peut commencer avant l’histoire, c’est-à-dire avant le premier chapitre du roman, mais généralement elle ne peut s’achever qu’à la fin du roman, même si on peut imaginer qu’un personnage continue sa vie après la fin du roman, lorsqu’il y a une suite par exemple.

Avant de vous présenter les différents arcs narratifs, laissez-moi vous dire deux ou trois petites choses qui peuvent s’avérer utiles.

Si vous écrivez une saga, le mieux que vous puissiez faire au sujet des arcs narratifs, c’est d’en créer un pour chaque tome après avoir créé l’arc narratif de vos personnages du début à la fin de la saga.

Je m’explique, (on va parler du héros pour faciliter les choses mais ceci est valable pour tous les personnages) il se peut que votre héros commence votre histoire en étant soit heureux, soit malheureux, selon votre histoire. Exemple de personnage plutôt heureux au début d’une histoire Frodon dans le seigneur des anneaux, ou encore Richard Cypher au début de l’épée de vérité, ces héros seront poussés à l’aventure par les événements ou des révélations d’autres personnages, bon durant les aventures et les différents tomes les personnages vivent des aventures s’en prennent plein la tête et franchement s’ils étaient des types lambda il y a bien longtemps qu’ils se seraient mit à l’assurance pour cause de burn out soyons honnêtes, donc au cours des romans, ils vont et viennent entre le bonheur (plutôt la joie de réussir – surtout réussir à ne pas se faire tuer) et le malheur (perdre des amis, subir les affres de la guerre, de la faim, des tortures), seulement à la fin (du moins pour le seigneur des anneaux, je n’ai jamais dépassé le tome 3 de l’épée de vérité – honte à moi), le héros il est heureux parce qu’il a rétabli l’équilibre de vie dans le monde et anéanti le grand méchant et ses armées de grands méchants pas beaux et qu’il a réuni les peuples (Gimli et Légolas par exemple). Et il a d’autres histoires où le personnages commencent avec le moral au fond des chaussettes , comme dans…euh, les histoires de Cormoran Strike et achève l’histoire en étant dans une meilleure position, en étant plus heureux et dans une situation plus stable.

Là, je me rends compte que j’ai un peu trop avancer dans l’explication des arcs narratifs mais je crois que c’était nécessaire. Donc, ce que je voulais dire c’est qu’avant de vous lancer dans une saga, prévoyez en avance les arcs narratifs déjà de la saga au complet, en gros : comment voulez-vous que votre personnage se sente à la fin ? dans quelle position va-t-il se trouver ? sera-t-il plus heureux ? Plus malheureux ? Pareil ? Qu’est ce qui aura changé ? est ce qu’il sera mieux dans tous les domaines de sa vie ? Seulement dans certains ? Est-ce que ça lui sera égale de ne pas être heureux dans tout ou malheureux ? Est-ce qu’il aura eu une évolution positive ou négative ou neutre ? Et ensuite, posez vous ce genre de question pour chaque roman. Même si vous n’avez pas encore une idée très précise (ou pas d’idée du tout) de quoi sera composé votre deuxième, troisième, cent cinquantième tomes, après tout rien ne sera figé dans le marbre mais vous aurez déjà une idée du chemin à prendre. Si vous êtes des lecteurs réguliers, vous devez connaître mon avis sur la planification que je compare toujours à partir en vacances : plus on sait où l’on va, plus on est sûr d’y arriver et plus on prévoit son trajet moins on risque de passer par Londres pour se rendre à Alger.

Les arcs narratifs :

Le premier est peut être le plus commun, L’arc positif ou l’évolution dans le bon sens de la situation du personnage.

Alors ça, c’est l’arc le plus habituel, celui que je nomme l’arc conte de fée. Il est beau, il est tout gentil et tout rose. Je n’en suis pas une grande fan, en tout cas dans le sens où passer d’une situation où le héros a une vie malheureuse au possible à une vie magnifique, dans tous les domaines, ça me fait penser aux téléfilms sur la 1 ou 6 (et les chaînes associées) ou encore à Cendrillon : vie pourrie dans tous les domaines ; argent, santé ; amour ; travail ; vie sociale et à la fin de l’histoire le héros devient riche, vie dans une maison de rêve, avec l’homme ou la femme de sa vie, se retrouve à avoir une vie sociale riche et épanouie et une excellente santé alors qu’au début il était limite mourant. J’exagère mais vous voyez le tableau, ce genre d’histoires ont leur qualité, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus original, avouons-le.

En revanche, si votre personne au début de l’histoire cherche le grand amour, à retrouver la santé, ou à avoir un travail (ou les trois) mais qu’en cours de route, il perd certaines choses : par exemple il était marié et souhaité s’enrichir, et il finit par être célibataire mais riche, il a gagné sur un plan et perdu sur un autre. Là, il y a un peu de suspens, de réalisme, de vie, et une évolution. Ah je vous entends me dire « mais s’il perd sa femme, il ne peut pas être heureux et son arc narratif n’est pas positif du tout ! » eh bien si! Parce que l’arc narratif dépend surtout des objectifs du personnage au début de l’histoire. L’arc narratif dépend de ce que désir votre personnage quand l’histoire débute, s’il veut s’enrichir et qu’il finit riche et bien oui, son arc est positif, même si sa vie n’est pas parfaite au finale, et puis peut être que votre personnage se sentira mieux en étant célibataire et riche, qu’en étant pauvre et marié. On peut très bien perdre quelque chose et y gagner spirituellement et se sentir bien plus heureux en ayant perdu des choses même si on y tenait beaucoup.

Ensuite, il y a l’arc négatif :

Je dirais que c’est celui que je préfère, parce qu’il permet de malmener le personnage. Pour une grande fan de Game of Thrones, je mettrai cet arc narratif au pauvre Théon Greyjoy. D’ailleurs, c’est un excellent exemple : dans la saga littéraire (en tout cas là où elle s’est achevée) Théon a subi un arc négatif par excellence, il passe d’une situation peut être pas la plus confortable, pupille des Stark, à celle de traite haïs de tous, écorché et mutilé, vivant parmi les chiens d’un homme complètement pervers. On fait plus glamour comme arc narratif mais au moins il a le mérite de mettre du piquant dans l’histoire.

Bien entendu, il n’est pas nécessaire de traîner ses personnages aussi bas dans l’abysse de la négativité pour avoir un arc narratif négatif. On peut très bien se contenter d’empêcher le personnage d’atteindre ses objectifs, sans pour autant faire de lui un être sans espoirs.

Comme pour l’arc positif, il y a tout un tas de solutions entre le désespoir total et ne pas réaliser son rêve. Il existe tout un panel de possibilités et c’est justement cela qui est intéressant.

Enfin il y a l’arc narratif droit ou plat :

Le personnage n’évolue pas, en général c’est ce qu’il se passe dans des séries de romans tel que le club des cinq, fantomette, les Tom-Tom et Nana, Astérix ou encore James Bond. Le personnage est déjà tellement fort moralement, il a déjà ses propres valeurs, sa propre conception du bien, du mal, qu’il n’a pas besoin d’évoluer. Il reste le même encore et encore et encore même s’il croise des personnages différents, même s’il est confronté à des ennemis puissants, il n’a jamais de soucis intérieurs pour le changer. Pour lui, le monde reste le même quoi qu’il arrive et il ne connaît pas d’ennuis psychologiques ou d’interrogation personnelle. Il sauve les autres, il vit des aventures mais rien ne l’affecte. Du coup, il reste le même du début à la fin et ce n’est pas nécessairement le choix le plus aisé à concevoir.

L’arc plat ne veut pas dire que rien ne change, cela veut dire que votre héros lui ne change pas, qu’il reste le même. Foncièrement, il vit ses aventures, mais ses valeurs, ses habitudes, son mode de pensée en revanche reste tout à fait pareil. En somme, la vie qu’il a avant l’aventure redevient la même après l’aventure, il n’apprend pas de ses erreurs (souvent parce qu’il n’en commet pas vraiment), il a des objectifs souvent extérieurs : tuer le grand méchant, sauvez la fille mais lui n’est pas totalement impliqué, il ne va pas tomber amoureux de la fille par exemple.

Quel est le meilleur des trois ?

Tous et aucun. En réalité, cela dépend de vous, de votre désir, de ce que vous avez envie de faire vivre à votre personnage et de votre volonté de surprendre le lecteur. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix dans l’écriture. C’est quelque chose que je répète souvent aux personnes qui me demandent si leurs choix littéraire sont les bons, mais sincèrement : il n’y a aucun bon ou mauvais choix ! Il n’y a que vos choix et votre envie et personne ne peut réfléchir à votre place ou écrire à votre place ou vous dire que cette voie est meilleure qu’une autre.

Ensuite, il y a ses propres affinités. Moi, par exemple (oui je sais j’aime bien parler de moi), je n’aime pas les Happy End de conte de fée, les histoires où tout est bien qui fini bien, je les déteste. D’ailleurs les contes de fées de Disney, même si j’aime les regarder, et bien je les trouve plat, je préfère de loin les vrais contes qui certes se terminaient bien mais avait toujours une punition : comme dans l’une des versions originales de Cendrillon où les sœurs se font picorer les yeux par des oiseaux, bien plus intéressant selon moi de manière symbolique. Bien entendu, du coup, j’écris peu de fin « parfaite », même si les personnages peuvent se satisfaire d’avoir un sort un peu meilleur, tout n’est jamais tout rose dans leur vie à la fin de l’histoire, j’aime qu’ils y perdent toujours quelque chose. Si vous aimez les Happy End de contes de fées, allez-y faites vous plaisir ! (et rendez l’histoire intéressante aussi, attention, je ne dis pas qu’il faut écrire une histoire banale et sans intérêt non plus sous prétexte que l’on aime les happy end !!).

Faites  :

-Ecrivez ce que vous aimez ! Faites-vous plaisir !

Ecrivez ce qui est le plus intéressant pour l’histoire ! Toujours ce qui est le plus intéressant pour l’histoire, même si ce n’est pas nécessairement ce que vous avez envie d’écrire de prime abord ! Je sais nous avons tous du mal à malmener nos chers héros, parce que ce sont nos bébés et que l’on veut qu’ils aient une vie heureuse mais ça ne les aident pas et puis …ce ne sont pas des enfants, ce sont des personnages de fiction même si vous leur faites mal, rassurez-vous personne ne vous mettra en prison (pas dans un pays des droits de l’homme).

Soyez original ! Etonnez-vous, étonnez le lecteur, soyez créatif !

Ne faites pas :

Ecrire quelque chose pour faire plaisir aux autres et qui ne vous plaise pas à vous !

Ecrire une histoire vide de sens et d’intérêt !

-Ecrire une histoire cousue de fils blancs ! Stéréotypée au point que le lecteur connaîtra la fin dès qu’il aura lu la première page et qu’il pourra vous dire à peu de choses près exactement ce qu’il va se passer. Oui, je sais ça fait mal, mais parfois il faut dire aussi les choses qui font mal.

Voilà ce que je peux vous dire sur les arcs narratifs.

Avez-vous un arc narratif favoris ?

Aviez-vous déjà entendu parler d’arcs narratifs ?  

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Une réflexion sur “Les arcs narratifs

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