Processus créatif : la correction

Bonjour tout le monde,

Continuons notre série sur le processus créatif (après l’inspiration, les personnages, le plan et l’écriture) avec la dernière phase de l’écriture : la correction.

La correction est de loin la phase la moins créative et la plus rébarbative de l’écriture. Pour ainsi dire, fini de jouer et en garde ! La correction est la phase la plus épuisante, la moins sympathique et la plus agaçante de l’écriture. Et je ne suis pas la seule à la penser. Autant écrire, planifier, inventer peut être amusant, mais lorsqu’il s’agit de corriger il n’y a plus rien d’amusant, si ce n’est les erreurs que l’on a pu commettre durant la phase de rédaction et où l’on se dit « mais qu’est ce que j’ai pu être bête ».

La phase de correction est utile, afin de vérifier que l’on n’a pas fait d’erreur, sur le fond mais également sur la forme. C’est le moment d’amplifier la tension dramatique, de vérifier l’orthographe, la grammaire, de rajouter quelques descriptions, de couper des dialogues, bref de faire le ménage dans son roman afin de le rendre le plus impeccables possibles.

Alors on peut se demander s’il y a besoin d’une phase de créativité durant la phase de correction. On pourrait croire que c’est le moment où il n’y a pas besoin de créativité puisqu’il s’agit simplement de remettre au propre son roman, de vérifier que tout est à sa place et qu’il n’y a aucune erreur dans la chronologie du roman, dans la syntaxe ou ce type de question. Pourtant, je ne suis pas convaincue par cette vision des faits. Je crois qu’il faut également faire preuve d’une certaine créativité, notamment lorsque l’on a besoin d’amplifier la tension dramatique dans certaines scènes ou lorsque l’on a besoin de reprendre certains chapitres.

Je ne pense pas que le processus créatif s’arrête lorsque l’on reprend page par page, ligne par ligne et mot par mot son œuvre pour la retravailler, je pense que ce processus est simplement différent. Bien entendu, ce n’est pas de la créativité à l’état pur, mais il s’agit essentiellement de vérifier que la phase de pure écriture était justifiée, que l’on a utilisé les bonnes idées, les bons mots.

La correction est une étape primordiale dans l’écriture d’une histoire. Je sais que pour beaucoup d’auteurs elle est franchement peu attrayante, mais elle est nécessaire pour s’assurer que tout est comme il faut.

Si je devais donner un conseil pour la correction je dirais qu’il faut lire son texte à haute voix. Cela semble un peu ridicule de lire à haute voix, surtout l’on a un peu peur de passer pour un fou, mais c’est capital pour ressentir les mots, voir si les phrases ne sont pas trop longues, si l’on adopte le bon rythme dans les scènes, si la sonorité est adéquate etc.

En terme de temps, je dirais qu’il me faut en général le double pour corriger qu’il m’en a fallu pour écrire. Lorsque j’écris une histoire en un mois, je me donne deux semaines à un mois sans y toucher, puis deux mois pour le corriger. Je ne suis pas douée en orthographe, grammaire et compagnie, je ne m’en cache pas, c’est un soucis que j’ai depuis toujours, alors je donnes toujours mon texte à corriger à d’autres personnes. Bien entendu, cela demande du temps, et je ne le fais qu’une fois que j’ai corrigé tout ce que je pouvais faire moi-même.

Après la correction, vient les lecteurs, ceux à qui l’on demande l’avis et des conseils. Cette phase appartient à chacun et je ne peux donc pas la commenter, mais je peux vous dire une chose : méfiez-vous de la surenchères d’éloges ou de critiques. Bien entendu, je peux me tromper, mais quelqu’un en qui vous avez confiance ne devrait jamais vous dire que votre histoire est absolument parfaite, ni même qu’il n’y a rien d’intéressant dedans. (même si cela peut arriver). Bien entendu, on vous pointera plus aisément les défauts, parce que c’est ce qui dérange, mais demandez également à vos lecteurs ce qu’ils apprécient. Demandez leur ce qu’ils pensent des personnages, de l’histoire, du contexte, de la syntaxe, ce que vous pourriez corriger etc.

Pour ma part, lorsque quelqu’un me donne son texte à lire j’essaie toujours de montrer les failles, tout en proposant des idées pour améliorer ces petites erreurs et je termine toujours par un petit résumé des qualités et des défauts. Je ne crois pas me vanter en affirmant que je cherche toujours à motiver les autres dans leur quête de l’écriture. Peut être que j’ai tort, peut être pas, je ne dis pas que tous les textes que l’on m’a donné à lire deviendront le prochain best seller de l’année mais il y a quelques petites histoires sympa. Certains textes ne seraient même pas publiables, (à cause du contenu, du format, de la qualité, etc) mais ce que l’on gagne en encourageant les autres, c’est qu’ils gardent confiance en eux et de ce fait s’améliore. Je crois que cette bienveillance est également capitale lorsque vous jugez votre propre travail. Non, il ne sera pas parfait, oui vous aurez envie de défenestrer votre premier jet, bien entendu il faudra peut être cinq ou six romans avant d’avoir atteint cette qualité publiable que vous visez et alors ? Ce n’est pas de la perte de temps, c’est au contraire un gain de temps. Pourquoi un gain de temps ? Parce que si vous abandonnez à la première histoire et bien jamais vous ne deviendrez écrivain, jamais vous ne réaliserez votre rêve et c’est ça le plus important, s’accrocher.

 

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8 réflexions sur “Processus créatif : la correction

  1. Julien Hirt dit :

    Ah, ça me passionne de lire ce point de vue, d’autant plus que pour moi, la phase de correction est la plus exaltante, la plus productive et la plus intéressante des phases de l’écriture, celle où les idées prennent corps et où l’incertitude devient de la littérature. Je suis toujours heureux quand je découvre un point de vue complètement différent du mien.

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    • Les conseils de Ponine dit :

      Je suis ravie de ce commentaire. Je me doutais que pour certaines personnes cette phase n’était pas aussi « sombre » mais je n’en avais encore jamais « rencontré ». Moi aussi je suis toujours heureuse de me rendre compte à quel point on est tous différent. C’est ça la vraie richesse de la vie.

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  2. L'Astre dit :

    Pour moi non plus, la correction n’est pas une phase déprimante, au contraire ! Bien sûr ça représente beaucoup de travail, mais comme mes premiers jets sont souvent très brouillonneux je trouve ça vraiment satisfaisant de voir les choses prendre forme, s’améliorer, devenir plus fines et plus belles. Dans les corrections de mon roman en cours, j’ai notamment dû modifier voire ajouter un grand nombre de scènes donc la créativité faisait aussi partie intégrante de cette phase.

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    • Les conseils de Ponine dit :

      C’est vrai qu’ajouter des scènes ou les retravailler fait également partie du travail créatif. Après tout dépend de la personnalité de chacun. C’est le message que j’essayais de faire passer, même si avant aujourd’hui, je n’entendais que des personnes me dire que retravailler s’était tout sauf « génial ». Je suis vraiment ravie que d’autres personnes puissent partager ici leur point de vue.

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