DIU au cuivre introuvable, ligature des trompes et vision de la femme et de ce qu’elle DOIT faire de son corps.

Ce soir, je dois m’insurger ! Je suis colère contre le système de santé français qui est bien sur certains point et … non je n’ai pas de mot qui ne soit pas un tas d’injure sans nom pour le décrire.

Suite à de très nombreux soucis de santé à cause de la contraception hormonal, j’ai décidé de l’arrêter : après une prise de poids de 17 kg, de taux de prolactine élevé, des migraines invivables, une dépression, une perte de libido, des seins distendus et douloureux, sans parler des sautes d’humeurs, un état psychique, physique et moral désespérant.

J’ai pris la pilule durant 6 ans, j’ai toujours pris des 3 et et 4e générations en ayant rien à faire des polémiques sur les maladies qui accompagnées les pilules (que je pensais être dues à la surmédiatisation). Je ne suis pas quelqu’un qui a peur, qui écoute les médias, et pourtant depuis plusieurs mois je me dis que la pilule c’est mauvais pour le corps, à cause des hormones et je voulais l’arrêter déjà lorsque j’étais avec mon ex. Seulement, j’ai attendu, j’ai arrêté la pilule, utiliser des préservatifs … ce n’est pas sûr, ni même agréable et trop d’inquiétude. Bref, ce n’est pas ce qui me satisfait ! C’est un droit, un choix que j’assume.

Du coup, je suis allée à la gynécologue, sûre de moi, ravie, décidée et là…Non, seulement je me suis heurtée à une docteur en gynécologie qui n’était pas ravie de mon choix : je n’ai pas d’enfant pourquoi est-ce que je veux ce mode de contraception ? Je suis une femme sans enfant donc je suis une petite nature. La gynécologue m’a parlé des pinces de Pozzi ( sérieusement il y a bien longtemps que ce n’est plus utiliés au profit de pinces plates moins douloureuses – alors là autant vous dire que lorsque vous dites cela vous passez pour une conne / imbécile / femme dangereuse / intellectuelle renseignée / femen !) Bien entendu, elle n’a pas dit le nom de ces pinces mais lorsque l’on est un peu cultivée et qu’on lui demande si elle parle bien de ces pinces ça passe mal. Elle m’a ensuite parlé des évanouissements de presque toutes les femmes non mère (genre tu n’as pas d’enfant tu es sensible tu perds connaissance) ce discours m’a énervé parce que nous sommes toutes différentes et nous avons toutes un seuil de tolérance à la douleur différent. Après 20 minutes de blabla ou j’ai dû la convaincre que je voulais le diu en cuivre et pas un autre, elle a toléré de m’en prescrire un ! J’ai bien dis toléré parce qu’elle n’était pas du tout motivée et voulait que je continue à prendre des hormones, sauf que les hormones je n’en veux plus – il me semblait que selon la loi j’avais le droit apparemment non ce choix appartient au praticien pas au patient (- passons ! ).  La gynécologue m’a tout de même demander mon avis sur le Diu que je souhaitais et sur sa taille ! Sérieusement, comment je peux savoir ? Est-ce que je suis censé avoir fait médecine ?

Ce matin, armée de mon ordonnance, je suis partie en quête de ma prescription. Passons sur le fait que je vais devoir payer les pinces de pozzi alors qu’elles sont logiquement à la charge du médecin ! Sauf que voilà, Le modèle inscrit sur l’ordonnance ne se fabrique plus en France et n’est plus délivré ! Bon, le pharmacien part à la recherche d’un autre modèle, il me demande de repasser dans l’après-midi. J’y retourne et là, non, il n’y a plus aucun (d’après le pharmacien) modèle de DIU en cuivre pour les femmes n’ayant jamais eu d’enfant ! En FRANCE, il n’y aurait plus aucun modèle de DIU en cuivre modèle « short ». Et là, je me demande si on ne se moque pas de moi ! On nous dit sur les sites du ministère de la santé que les DIU en cuivre sont délivrables pour les femmes n’ayant jamais eu d’enfant et aucun modèle n’est commercialisé ? Je rêve !

S’en suit une conversation avec le pharmacien qui m’a énervé. J’ai eu le malheur de dire plusieurs choses, mais restons focalisées sur ce qui m’a semblé problématique dans ce pays : des droits de l’homme ! Nous en sommes venus, le pharmacien et moi à parler de vasectomie : résumons, la vasectomie des hommes de tous âge est une bonne chose, si l’homme le décide parce que l’homme a le droit de ne pas vouloir d’enfant. Nous sommes pour le moment d’accord, en revanche, lorsque j’ai parlé de la ligature des trompes chez les femmes alors là!

« -Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ! Il y a d’autres clients dans l’officine ! »

ça ne semblait pas les déranger que je parle de vasectomie, ni de mes soucis pour obtenir un contraceptif ces autres clients ! Mais oui, je me rends compte de ce que je dis. Je dis que les femmes ont le droit de ne pas vouloir d’enfant, qu’elles ont le droit de se faire ligaturer les trompes, qu’elles ont le droit de ne jamais porter d’enfant si elles en ont envie, c’est un droit, c’est un choix.

« -Et si dans 5 ans vous rencontrez un homme qui veut des enfants de vous, comment ferez-vous si vous avez les trompes ligaturées ? Vous y avez réfléchi? Il vous quittera parce que vous ne pourrait pas faire d’enfant.  »

Et bien quoi ? J’ai des amies qui sont stériles, des tas de personnes de part le monde sont stériles donc quoi ? On doit les quitter parce qu’elles ne peuvent pas avoir d’enfant ?

« non, ça ce sont de vraies raisons de ne pas pouvoir avoir d’enfant. Une femme doit pouvoir avoir des enfants ».

J’ai explosé ! Je lui ai dis que les femmes avaient le droit de faire ce qu’elles voulaient de leur corps, que c’était un choix personnel, que c’était une réflexion personnelle.

Bien sûr qu’un enfant ça se fait à deux. Je lis et j’entends chaque jour des choses sur les femmes qui forcent les hommes à avoir des enfants et qui se font insulter de tous les noms d’oiseaux parce qu’elles « obligent » les hommes avec leurs « horloges biologiques », les femmes sont des « putains », « des salopes », des « garces », etc parce qu’elles veulent des enfants, mais lorsqu’une femme décide que non, elle n’aura pas d’enfant, qu’elle n’en veut pas alors ça devient aussi une « mauvaise » personne.

Ah on est loin de la parité ! Qu’un homme ne veuille pas d’enfant c’est un héros, une femme qui ne veut pas d’enfant c’est une pute (??). Franchement, comment avoir envie de faire des enfants dans un monde avec une telle mentalité ?

Il y a plusieurs choses qui me dérangent en tant qu’être humain dans le discours du pharmacien (encore s’il était le seul à penser ça ):

tout d’abord, le fait que les hommes et les femmes ne soient pas égaux ! Un homme peut choisir de faire une vasectomie, une femme ne peut choisir de faire une ligature des trompes. Ce qui ne présuppose pas l’égalité entre les sexes.

Une femme doit pouvoir faire des enfants pour son « mari » si lui en veut. Alors est-ce que j’ai le droit d’obliger un homme à faire des enfants contre son grès ? Non, en revanche un homme a le droit d’obliger une femme à en faire. … Moralement discutable comme point de vue.

La femme n’est pas libre de disposer de son corps, de son esprit, de choisir la non-maternité parce que … ?? je ne sais pas pourquoi peut être parce que la femme est conne par nature ?? Allez savoir.

Je suis dérangée par l’idée d’être un utérus sur pattes. Je suis un être humain, j’ai le droit de ne pas enfanter, j’ai le droit de ne pas prendre la pilule, j’ai le droit d’avoir une sexualité normale sans être sous hormones et j’estime que si je ne veux pas d’enfant c’est moi que cela regarde. J’estime aussi qu’une femme a autant de droit que les hommes. J’irais même plus loin : les femmes sont les premières concernées par la grossesse. C’est peut être très « FEMEN » ce que je vais dire mais il me semble qu’autant un enfant peut se faire sans l’accord du père autant se faire sans celui de la mère est un acte ignoble. (Je ne parle pas d’imposer un enfant à un homme qui n’en veut pas, je parle de concevoir). On ne peut pas imposer à une femme de porter un enfant parce qu’on est en couple (on ne peut pas imposer la paternité à un homme non plus ), parce que « c’est son travail », parce que son corps doit « faire des enfants ».

Je ne dis pas que je ne veux pas d’enfant, même si j’ai passé plus de temps dans ma vie à ne pas en vouloir qu’à en vouloir, seulement j’aimerais que la société me donne le droit de ne pas en avoir parce que je l’aurais décidé sans jugement de valeur. Ne pas mettre au monde un enfant ne signifie pas ne pas en avoir : il y a l’adoption, le fait d’être une belle-mère… Est-ce qu’en France on résume encore le rôle de la femme à celui d’être une poule pondeuse ? Je trouve que l’on régresse depuis la légalisation de la pilule et l’avortement. Personnellement, je préfère de loin ne jamais avoir d’enfant par choix, que de devoir avorter ou d’accoucher sous X parce que la France n’autorise pas facilement la ligature des trompes et d’après ce que je constate ne facilite pas l’utilisation du DIU de cuivre aux femmes sans enfant.

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