Le héros doit-il ressembler à son auteur ?

A mi-chemin entre la rumeur et la vérité psychologique, il y a cette idée que le héros ressemble (toujours un peu) à son auteur. A croire que les écrivains sont presque incapables d’écrire une histoire sans y mettre un peu (beaucoup ) de leur personnalité.

 

A la vérité, on écrit mieux sur ce que l’on connaît et qui ou quoi connaît-on mieux que personne : nous-même. Alors oui, c’est bien plus facile d’inventer un personne qui nous ressemble, qui est dotée de certaines de nos caractéristiques, de nos qualités ou de nos défauts, parce que justement nous les connaissons, que d’inventer une personnalité qui nous est totalement inconnue.

Pourtant, il ne faut pas généraliser. Tous les écrivains ne font pas de leurs héros des doubles copies conformes de leur personnalité, sinon que penser des écrivains qui mettent en scène un serial killer : doit-on y voir un double terrifiant de leurs propres désirs cachés ?  

Bien entendu, l’écriture est dotée d’un fort pouvoir cathartique, elle est aussi un puissant thérapeute, le reflet de notre société et même de l’âme de l’auteur, de ses idées et de sa manière de voir le monde. Pour autant, il ne faut pas chercher dans chaque livre une autobiographie dissimulée.

Doit-on donner à notre héros nos caractéristiques ?

C’est une vaste question.

Je crois qu’un personnage de roman est un peu comme un enfant. On y donne un peu de nos qualités, de nos défauts, parce qu’il vit avec nous (en nous pour le coup). On le fait grandir, on l’aide à vivre, à se créer lui-même, mais le plus souvent, ils finissent par nous échapper. Comme un enfant, le héros devient un adulte, il se forge sa propre personnalité, il opte pour ses propres réactions. Et si vous faites bien votre travail, vos personnages deviendront de véritable personne, qui ont leurs propres objectifs, qui prendront les meilleures décisions pour eux-mêmes, quitte à s’enliser dans les ennuis.

Si votre héros vous ressemble énormément cela n’est pas un soucis, mais n’oubliez pas que de toutes façons, il vivra des épreuves auxquelles vous ne serez probablement jamais confrontées. Il rencontrera des personnes que vous ne connaissez pas, qui ont leur propre personnalité et qui le forcera à agir différemment de vous.

Je pense que l’on ne donne pas nos propres traits à nos personnages de manière consciente. Les choses se font naturellement.

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3 réflexions sur “Le héros doit-il ressembler à son auteur ?

  1. Julien Hirt dit :

    Selon moi, la question n’est pas tellement de savoir si le héros doit ressembler à son auteur: il va lui ressembler de toute manière, sur un plan ou sur un autre. L’héroïne de mes romans est une adolescente et elle a malgré tout des points communs avec moi (forcément, hein).

    J’ajouterais que oui, d’une certaine manière, on peut voir les personnages comme nos enfants, mais la métaphore est cruelle, dans la mesure où un des boulots de l’auteur, c’est aussi d’en faire baver à ses personnages 🙂

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    • Les conseils de Ponine dit :

      Cela semblait tellement évident que je n’en ais pas parlé mdr. Et puis dans la « vraie » vie on en bave tous c’est donc « normal » que les personnages en bavent aussi (quoi que je suis bien contente de ne pas me retrouver confronter à des dragons ou un super-vilain psychopathe ça ferait trop peur ^^).

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