L’incipit ou l’entrée en matière

Voilà, comme convenu le premier vrai article de la rentrée sur l’écriture. Aujourd’hui, nous allons évoqués l’incipit, ou l’entrée en matière du roman. C’est par et grâce l’incipit que le lecteur a envie de continuer le roman, c’est lui qui montre au lecteur de quoi va parler le roman. Comme dans une dissertation scolaire, l’incipit c’est l’introduction et il ne faut pas la rater.

A quoi sert l’incipit ?

 

A deux choses :

-Tout d’abord l’incipit explique aux lecteurs les choix de l’auteur : choix narratif, choix du genre littéraire, choix de l’époque, du cadre, choix du point de vue abordé, du vocabulaire. Bref, c’est le moment où le lecteur sait s’il aura une histoire policière ou de science-fiction, un livre de spécialiste ou un roman de gare, entre les mains.

-Ensuite, l’incipit apprendre aux lecteurs qui seront les personnages de l’histoire, de quoi il va être question. Le héros aura-t-il un crime à résoudre ? Une quête à travers tout un pays ? Une reconquête affective à mener ?

-Enfin, il créé des liens d’attachements entre le lecteur et l’histoire. Aime-t-on le héros ? Le déteste-t-on ? Le lecteur se reconnaît-il dans le héros ? Peut-il s’attacher à l’histoire et aux émotions qui seront dégagées ?

 

L’incipit capte l’attention du lecteur, créer des liens, donne envie de continuer ou de cesser la lecture. Je sais, il est toujours difficile pour un auteur d’apprendre qu’un lecteur va certainement refermer le livre après le premier paragraphe pour ne plus jamais l’ouvrir. Après tout, les premiers mots ne font pas la richesse, ni la qualité de toute l’histoire, mais c’est ainsi.

Comment être sûr que le lecteur poursuivra sa lecture ?

 

Pas de miracle, pour se donner le plus de chance possible il faut réfléchir à son incipit, le travailler, le retravailler et pire que tout parfois le brûler et tout recommencer. Prendre le temps d’avoir un début qui soit poignant, fort et qui intrigue le lecteur est important. Dites vous que vous êtes un publicitaire, vous avez 30 secondes pour convaincre le lecteur que votre livre, c’est le livre qu’il doit acheter, lire et aimer (mais surtout acheter, on est d’accord puisque pour vivre de sa plume, il faut se dégager un salaire ). Le tout, sans que le lecteur n’ait à se fier à la couverture, ni à la quatrième de couverture de votre roman (puisque le premier lecteur que vous devez convaincre c’est l’éditeur ).

Réfléchissez au type de genre littéraire que vous écrivez, afin d’en connaître les codes, les usages, mais aussi lire d’autres livres afin de savoir comment commence les autres écrivains afin de voir ce qui fonctionne ou non. Je ne dis pas qu’il faut plagier, je dis qu’il faut prendre le meilleur et rejeter le moins bon des autres, tout en gardant sa marque de fabrique.

Concentrez vous sur votre héros, c’est à lui que le lecteur doit s’attacher, s’il tarde trop à être mis en place le lecteur risque de s’attacher au mauvais personnage et vous en tenir rigueur.

Demandez-vous à quel moment, il faut mieux commencer l’action, dans quel lieux et à la chronologie de l’histoire.

Demandez-vous également quel sentiment vous voulez faire dominer dans ce début et l’intérêt que cela suscite chez le lecteur et dans l’histoire.

Le plus difficile dans un incipit c’est de trouver le juste équilibre entre la présentation de l’histoire, la description et l’action. Des pages et des pages de descriptions risquent d’ennuyer le lecteur, mais trop d’action sans que le lecteur puisse cerner les personnages, les lieux, le contexte, le cadre, risque de le débouter.

Vous devez garder deux choses à l’esprit :

 

L’incipit doit convaincre le lecteur que vous roman est génial et il doit transmettre toutes les informations nécessaire à la compréhension de l’histoire.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner c’est de lire un maximum d’incipit et pas seulement pour des romans, cela peut valoir pour les chapeaux d’article, pour les introduction de thèses, de livres didactiques etc. Lisez les premières pages et réfléchissez ; qu’est ce qui vous donne envie de continuer la lecture ?

-Est ce l’humour ?

-Le héros ? La manière dont il est présenté ? Son entrée dans l’histoire ?

-Le cadre ? Temporel ou spatial ?Le faite que l’on commence par un flashback, un flashfoward, par le présent du récit ?

-Par le point de vue d’un autre personne ? D’une autre focalisation ? D’un narrateur extérieur à l’histoire ?

-Par le présence de certains sentiments ? Sensations ? Actions ?

N’essayez pas non plus de plaire à tout le monde. Vous n’y parviendrez pas. Essayez de vous convaincre vous-même, d’écrire un incipit qui vous convaincra avant de convaincre les autres et qui vous plaise. Si vous appréciez beaucoup les livres qui commencent par des flashbacks, avec de l’humour, de la peur et par un point de vue extérieur, peut être devriez vous allez vers cette voie, après tout, on écrit mieux sur ce que l’on aime et connaît. N’oubliez pas non plus que le lecteur ne connaît rien de votre histoire. Il ne sait rien de ce qu’il va se passer.

 

 

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