« Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau. »

Parfois, nous n’avons plus les mots pour exprimer la douleur, la souffrance. Parfois, souffrir est lui-même difficile. Certains jours, on voudrait tout arrêter. On aimerait appuyer sur stop et mettre notre vie en stand-by. Parfois encore, on voudrait revenir en arrière. Ou bien encore accélérait le temps. D’autres fois encore, on aimerait juste envoyer balader la cassette et détruire tout ce qui fait que nous sommes nous-mêmes pour disparaître à jamais.

Je suis dans l’une de ces phases où je voudrais détruire ma vie, parce qu’elle n’a aucun intérêt, aucun sens, parce qu’elle n’a pas prit la direction que j’aurais voulu qu’elle prenne. Il y a des jours, je voudrais ne pas exister, ne plus être là, d’autres encore, je suis heureuse de vivre et je veux continuer parce que je pense que j’ai une vie merveilleuse.

Très régulièrement, je me demande si ces réactions sont normales. S’il est normal et naturel de vouloir à la fois vivre et mourir. S’il est sain de ne pas être heureux pleinement et totalement.

Depuis longtemps, je cherche quelqu’un qui pourrait comprendre ma douleur et m’écouter. Pas me rassurer parce qu’il est impossible de me rassurer. Seulement, je me demande si ces craintes sont justifiées, si mon état d’esprit et celui qu’il faudrait que j’ai. J’ai longtemps regretté de ne pas être comme les autres, de ne pas avoir le même mode de penser, de fonctionnement, la même volonté, les mêmes passions, les mêmes désirs.

J’ai très souvent dit que je voulais ou ne voulais pas d’enfant, parce que je serais incapable de m’en occuper, mais à la fois, je rêve d’un être à choyer, à aimer, à éduquer, à aider à DEVENIR et à se construire. Sauf que je me rends compte que je ne suis pas moi-même construite. J’ai encore trop d’insécurités pour être adulte, pleinement adulte, je veux dire. Alors j’écris. Mes livres sont mes enfants, des enfants imparfaits, des enfants un peu débiles, je le reconnais, mais des enfants tout de même. Ils sont mon bonheur, ma joie, ma peine, mes angoisses, mes objectifs de vie. Plus le temps passe et plus j’ai envie d’avoir un enfant, parce que justement le temps passe et que j’ai peur de me réveiller un jour et de ne pas en avoir eu et de le regretter. J’avais trouvé la personne qui rendait ce rêve plus concret, plus réaliste, plus vrai, seulement il n’était pas décidé et ne savait pas s’il se déciderait jamais. En réfléchissant bien, je me suis rappelée que j’évitais toujours de rencontrer des hommes décidés sur ce point. Trop jeunes me direz-vous. Seulement, je crois que cela vient de moi aussi. Je ne me sens pas capable de faire ce genre de choix. Avoir un enfant, c’est merveilleux, c’est ce qui rend adulte, responsable, c’est quelqu’un à aimer, quelqu’un avec qui ont peut dépasser les erreurs de nos parents et aller plus loin, réussir là où nos propres parents ont échoués. Seulement, maintenant je comprends que ce n’est pas vraiment ce que je veux. Ce que je veux c’est écrire. Donner naissance à des enfants bien plus sages et qui vivront leurs vies bien plus rapidement qu’un petit être humain (ou pas d’ailleurs).

Des fois, je me dis que c’est complètement fou, parce que les autres savent ce qu’ils veulent, ils savent exactement ce qu’ils veulent, mais pas moi. Pas de la même manière. Il y a peu, j’ai compris que je laissais trop de place à des insécurités. J’avais peur de perdre mon petit ami, finalement je l’ai perdu et ce qui me fais le plus mal, c’est d’avoir toujours su que je le perdrais. Depuis, que notre relation était sérieuse, je me disais qu’il finirait par partir et que je serais malheureuse. Je comprenais sa passion, je comprenais l’importance qu’elle avait pour lui. Je comprenais ses craintes même si je ne leurs donnais pas l’importance qu’elles avaient. J’ai longtemps pensé que l’amour était suffisant. Je me berçais d’illusion. L’amour n’est pas suffisant. L’amour ne fait pas tout. La communication est importante également, hors nous avions fini par ne plus communiqué. J’ignore pourquoi, c’est ce que j’aimerais dire, pourtant je sais très bien que tout venait de moi : La peur, la jalousie, le besoin affectif, le besoin d’évoluer, d’avoir une vie plus épanouissante, d’avoir plus de projets, de réussir. Tout cela nous a tué. Bien entendu, il est responsable, lui aussi. Seulement, aujourd’hui, je comprends mieux mes erreurs.

Je comprends aussi que je me sens terriblement seule. Depuis, toujours, je me sens seule. Les uniques moments de joie intense, ce sont ceux où j’écris, parce que tout est bien plus facile. Lorsque l’on lit ou que l’on écrit, un autre monde s’ouvre à nous, un monde bien plus heureux et merveilleux, dans lequel tout prend un autre tour. C’est ce bonheur que j’aimerais retrouver dans la vie et c’est ce qui me fait penser que je suis un peu folle (ou beaucoup).

Bref, gros moments de doutes, de malaises, de tristesses et d’ennuis, que même l’écriture et la lecture ne parviennent pas à surmonter.

Avec cette sensation d’avoir gâché ma vie, gâché des occasions, pas trouver ma voie et ne pas avoir fait ce qu’il fallait sur des centaines de points. J’aimerais parvenir à faire des choix d’adultes, des choix raisonnables, qui m’apporteront stabilités et bonheur. Seulement, je crains d’avoir gâché toutes mes cartouches et c’est extrêmement frustrant.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s