Pour qui écrire

« Pour qui est-ce que j’écris ? » Voilà la question que tout aspirant écrivain devrait se poser avant de commencer un roman.

Pourquoi ?

Savoir quel est le public visé permet de faire du tri dans les idées. De mieux cibler les attentes du public (bien que ce ne soit pas toujours nécessaire). De respecter les codes du genre.

Tout simplement parce que l’on n’écrit pas la même chose pour un enfant de 5 ans que pour un adulte de 80. Ce qui ne veut pas dire qu’un enfant n’est pas capable de comprendre une histoire, simplement, il n’aura pas les mêmes attentes ( et ses parents, ses professeurs, la société non plus – cf la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949). Si vous visez un public qui aime la SF, vous n’écrirez pas la même chose que si vous visez un public qui apprécie la littérature érotique.

Se dire qu’il faut viser le plus large possible pour plaire à tout le monde n’est pas une bonne idée.

Vous ne plairez jamais à tout le monde quoi que vous écriviez, quoi que vous n’écriviez pas. Il y aura toujours une partie du public (au sens le plus large ou le plus restreint) qui n’aimera pas. Parce que :

ce ne sont pas ses goûts

il n’aime pas vos personnages

il n’aime pas votre histoire – votre intrigue

il ne vous porte pas dans son cœur

PARCE QUE ! (ma raison favorite et qui n’admet aucun justificatif, juste parce que c’est ainsi et pas autrement)

Donc viser votre public, demandez-vous ce que ce public souhaite lire).

Comment définir son public ?

Tout d’abord, pourquoi écrivez-vous ?

Racontez vous l’histoire de votre vie ? Cela pourrait réduire le nombre de lecteur à la seule famillle proche  ( tout dépend de votre vie bien sûr, mais ce n’est pas mal de se contenter d’un public restreint, au contraire).

Est-ce que vous voulez parler de toute votre famille, comme une fresque familiale ou une généalogie littéraire ? Dans ce cas, votre public sera un peu plus élargi.

Est-ce que votre but est d’écrire un roman lu par une communauté quelconque ? ( cela peut être une fanfiction sur un forum).

Devenir un écrivain à temps plein et vivre de votre plume ? (Non, tous les aspirants écrivains ne rêvent pas de le devenir à temps plein et de consacrer leur vie uniquement à ce travail)

Est-ce que vous rêvez d’écrire des best-sellers et d’être connu dans le monde entier ? (Non, trop d’ambition n’est pas mauvais pour la santé mentale, si si je vous assure). Si c’est le cas, il vous faudra travailler encore plus.

Vous pouvez écrire pour vous. Et uniquement pour vous. C’est bien aussi.

Une fois, votre ambition définie, il est plus facile de viser un public, surtout si votre ambition est d’écrire pour la famille. Si vous souhaitez écrire un best-seller, il faudra peaufiner votre désir.

Pour définir pour qui écrire, il faut aussi savoir quel genre vous désirez écrire. Vous ne capterez pas l’attention des ménagères accro à la bit-lit ou à la littérature érotique « soft« , si vous écrivez des livres pour enfants (quoi que). Vous ne pourrez pas escompter avoir un public d’enfant si vous écrivez une nouvelle version des Infortunes de la Belle au Bois Dormant (Trilogie d’Anne Rice pour ceux qui se demande). Un roman policier ne trouvera pas nécessairement de lecteur dans un cercle de geek fan de SF.

Une fois votre genre définit.

Imaginez votre lecteur idéal.

Qui est ce lecteur ? Qu’est-ce qu’il aime ? Qu’est-ce qu’il n’aime pas ? Cherchez à écrire pour ce lecteur et pour aucun autre.

Si votre lecteur idéal est un garçon de 10 ans, inutile d’écrire pour plaire à votre grand-mère de 90 ans, ou votre voisine de 35 ans. Si votre lectrice idéale est une femme de 40 ans, mal dans sa peau, toujours en quête de l’amour, n’écrivez pas pour une fille de 15 ans, heureuse de vivre.

Afin de mieux le cerner, vous pouvez prendre un peu de temps pour lui faire une fiche. Un peu à la manière des fiches de personnages (cela peut être un excellent exercice d’imagination)

Qui est-ce ? Trouvez-lui un nom, un genre, un âge (au moins une fourchette d’âge – d’ici là que vous ayez écrit le roman, corriger et publier, il se sera passé entre quelques semaines et quelques années ).

Que fait-il dans la vie ? Cela peut aider à cerner sa personnalité. Ce qui peut l’intéresser dans la vie.

Quelle est sa famille ? Une personne en quête de l’amour, ou pas heureuse dans son ménage, pourrait avoir envie de lire autre chose que quelqu’un tout à fait épanoui. Le lecteur aime s’identifier aux personnages.

Qu’est-ce qu’il ou elle aime lire ? Quels sont ses genres favoris ? Ses livres ? Ses films ? De quoi est composée sa bibliothèque personnelle ? Comment il aime que les romans débutent et se terminent ? Qu’est-ce qu’il apprécie dans les romans ? Quels sont les personnages qui le font rire, pleurer, s’émouvoir, s’énerver ?

Qu’est-ce ce lecteur idéal déteste ? Qu’est-ce qu’il ne faut surtout pas mettre dans un roman pour qu’il continue la lecture?

Bref, imaginez et faites vous une idée précise de votre lecteur idéal. Cela peut vous aider à écrire et à terminer un roman surtout, si vous êtes du genre à craindre de ne pas plaire à tout le monde.

Si vous êtes du genre à ne jamais terminer un projet parce que justement, vous pensez qu’il ne plaira pas à tout le monde cet exercice peut vous aider à dépasser ce blocage.

Est-ce qu’il faut toujours écrire pour un lecteur idéal ?

Non, je ne crois pas. Sauf si votre lecteur idéal, c’est vous. Je crois qu’un texte a besoin d’être conçu pour être lu, pas pour moisir dans un tiroir ou au fond de l’ordinateur. Même si cela signifie qu’il n’aura qu’un seul lecteur et que c’est vous.

À quoi ressemble votre lecteur idéal ?

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5 réflexions sur “Pour qui écrire

    • Les conseils de Ponine dit :

      C’est vrai que nos lecteurs nous ressemblent au moins un petit peu. Mais certaines personnes pensent à tord qu’il faut écrire pour le plus grand nombre, quitte à partir un peu dans tous les sens, ce qui est dommage. Par exemple, j’aime bien lire des scène amusantes, sauf que je ne maîtrise pas l’humour. SI je me force à mettre des scènes amusantes avec de l’humour juste pour faire plaisir aux lecteurs ça se ressent et ça n’est pas du tout naturel.
      De même en tant qu’écrivain, on sait très bien que certaines choses ne plairont pas à certains lecteurs. Je vais prendre un exemple un peu « osé » : la scène érotique. Des tas de lecteurs potentiels vont trouver ça « choquant », « dérangeant », « inutile », bref ça ne va pas leur plaire, parce qu’ils ont certaines conventions religieuses ou sociales, morales (ou mon excuse favorite juste « parce que » ). Est-ce qu’il faut pour autant ne pas mettre une scène érotique parce que certains lecteurs peuvent être dérangés alors que l’action du livre fait qu’il faut mettre cette scène ? Dans ce genre de cas, alors un lecteur idéal en tête permet de se concentrer sur un seul lecteur et de penser à travers son regard à lui et d’occulter les autres regards et de mettre de côté le « je veux plaire à tout le monde et tant pis si l’histoire ne ressemble à rien ».

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      • sweetflamantrose dit :

        Oui c’est le truc dont on apprend petit à petit à se débarrasser, le regard des autres. Je ne dois même pas aller si loin pour ma part mais parfois le simple fait d’imaginer des gens de mon entourage me lire, et bien ca me freine, je me dis Oulala ma mère détesterait ce style d’écriture, et j’essaye au plus vite alors de me recentrer sur les personnages, l’histoire, et puis zut pour ceux qui ne suivront pas! Penser au lecteur idéal dans ce cas là est un super conseil, parce que dans le fond, ma mère (pour poursuivre l’exemple) n’achèterait jamais ce genre de bouquin.

        Aimé par 1 personne

        • Les conseils de Ponine dit :

          Tu as raison. On apprend petit à petite à se débarrasser du regard des autres. C’est un travail long et difficile. C’est bien si ta mère t’aide à te recentrer. C’est justement à ça que doit servir un lecteur idéal. ^^

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  1. loisobleu dit :

    Tant de gens intégrés dans le système nous écrivent en fonction de leur idée qu’on pourrait être ceci ou cela, que je trouve qu’écrire c’est pour moi, la même chose que peindre. Je ne cherche pas à qui, pour qui, et pourquoi je pourrai plaire. Je fais.
    Les messages embrigadent, c’est pas pour moi.
    Merci et à nous revoir.
    N-L

    Aimé par 1 personne

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