les erreurs que l’on trouve dans les manuscrits

En ce moment, je corrige mon Tome 1 (tout en tentant d’écrire un autre roman – oui, je suis folle ). Je corrige également le mémoire d’une amie. (enfin, corriger est un bien grand mot puisque je ne fais que donner des conseils sur la forme pas sur le fond, je n’y connais pas assez dans sa thématique pour le faire.). Depuis que j‘écris, je corrige mes romans. Je vais aussi sur des forums (surtout avant maintenant moins) pour lire les textes des autres.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’il existe des erreurs types. Des erreurs que nous commettons toutes et tous et c’est bien normal !

Tout d’abord, je vais vous parler d’une erreur qui n’est pas nécessairement que pour les auteurs.

1. Les phrases trop longues / ça s’applique également pour les paragraphes.

J’ignore si cela a avoir avec notre éducation littéraire et nos défunts génies littéraires (Hugo, Zola, Balzac, Proust, etc) mais nous écrivons tous des phrases trop longues. Une phrase longue comporte plusieurs virgules, plus ajouts d’idée et c’est … Compliqué. Laissons les phrases à rallonge à Marcel Proust, optimisons nos efforts pour écrire des phrases sans une multitude de virgules. Attention, je ne dis pas qu’une phrase doit se résumer à sujet + verbe + complément, qu’il ne faut pas y inclure des virgules. Loin de là ! Je dis seulement, que votre lecteur aura dû mal à vous suivre si vous cumulez les virgules, les inserts d’idée et les palabres inutiles. Mieux vaut trois phrases courtes et claires que dix lignes pour une seule phrase qui obligera votre lecteur à relire plusieurs fois la phrase pour la comprendre.

C’est la même chose avec les paragraphes. Dans une rédaction / dissertation / note de synthèse, il est conseillé de n’avoir qu’une seule idée par paragraphe. C’est valable aussi pour l’écriture ou les courriers. Une seule idée par paragraphe. Alors oui, vous serez obligé d’aller à la ligne, de faire un nouvel alinéa, mais n’est pas mieux que de perdre le lecteur en chemin ?

2. Les mots parasites

Les mots parasites, nous en avons tous ! C’est les « et »; « donc » ; « déjà »; « en même temps » ; « que »; « d’une certaine manière… « Cela » dépend de vous. Ces mots parasites dénotent de deux choses :

Premièrement que vous avez envie d’ajouter une idée à l’idée principale. Ou alors que vous souhaitez la préciser.

Deuxièmement que vous n’osez pas affirmer. Vous affirmez !

Je ne critique pas. Je suis exactement pareil. Il fallait voir les « et », les « déjà », les « donc« , les « mais encore », les « cela » que j‘utilisais lors de la rédaction de mon mémoire ou de mes devoirs d’école. Pourquoi ? Parce que je n’ai jamais été sûre de moi. Je suis toujours sur la réserve, sur le

« Oui, mais les autres savent mieux que moi, donc je n’ai pas besoin de donner mon avis, parce que c’est vrai que mon avis, à moi, et bien, il n’est pas très juste et puis pas très clair, et donc c’est un peu compliqué de le donner. En plus, j’ai peur de dire les choses et de ne pas les dire comme il faut, parce que c’est vrai que ça me fait peur de me tromper et puis personne ne m’écoute du coup, que je n’ose pas.« 

Exemple de la phrase bourrée d’incertitude et de mots parasites. J‘aurais dû écrire :

« Je sais que je suis constamment dans le doute de ce que j’écris et de mes idées. J‘assume totalement mon manque d’assurance affirmant : je crains de donner mon avis et qu’il ne soit pas juste.« 

Plus clair, plus concis, moins agaçant à lire.

Les mots parasites sont là pour alourdir les phrases. Autant s’en séparer.

Il y a quelque temps, j’ai lu le texte d’une jeune fille, il était intéressant, j’avais accroché à l’histoire, mais… Elle commençait toutes ses phrases par une conjonction de coordination. « Mais où est donc or ni car » c’est sympa, mais plusieurs chapitres étaient écrits de cette façon. Je lui en ai fait la remarque. Sans vouloir dévaloriser personne, elle m’assurait que cette manière de faire voulu, pour intensifier le récit. Ça n’intensifier mon avis- que l’ennui du lecteur.

Il faut veiller à ce que les mots parasites ne rendent pas le texte ennuyeux ou indigeste. Je sais parfaitement qu’il est extrêmement difficile de s’en passer. Ils font partie de nous. Pourtant, lors de la phase de correction, il faut veiller à les chasser. Si vous avez une fâcheuse tendance à écrire « donc » et bien obligez-vous à n’en garder qu’un seul par page, à moins que ces « donc » ne soient vraiment nécessaires, mais alors absolument nécessaire.

3. Les répétitions

C’est un peu comme les mots parasites. À trop répéter un même mot, on lasse le lecteur. C’est pourquoi l’on a inventé les dictionnaires de synonymes. Si un mot n’a pas de synonyme changer la phrase ou la tournure de la phrase.

Maintenant passons aux conseils pour les écrivains :

1.L’histoire floue

L’histoire doit être clairement établie. Il faut qu’elle ait un début, un milieu et une fin. Le lecteur doit savoir de quoi parle votre roman et il doit pouvoir le résumer en quelques mots.

Si vous n’êtes pas capable de résumer l’histoire en quelques mots, alors c’est que votre histoire est floue.

Résumer en quelques mots bien entendu, c’est difficile. Bien sûr, votre roman, vous n’avez pas envie de le voir se résumer à quelques mots, c’est même une idée outrageante. Je suis d’accord avec vous. J‘ai beaucoup de mal à résumer en quelques mots mon histoire, parce qu’elle est riche, et que c’est même très bien qu’elle soit aussi riche. Pourtant si je m’efforce de penser comme une lectrice lambda, je peux résumer en quelques mots :

C’est une histoire de magie. Les personnages sont des sorciers. Il faut trouver un sanctuaire magique avant qu’un mage noir ne s’en empare. Il y a une histoire d’amour.

(Difficile parce que je ne voulais pas « raconter » l’histoire. ) Grosso-modo quelqu’un qui raconterait l’histoire ou un enfant (c’est mieux de voir le monde comme un enfant) pourrait dire cela. Il y a de l’amour, de la magie et il faut trouver quelque chose. On pourrait ajouter, il y a des morts et des trahisons. Voilà, tout le concept n’est pas démontré. On n’y parle pas de l’importance de la religion magique, de la politique des sorciers, des choix difficiles que l’on peut être amené à faire, ni de l’évolution psychologique des personnages. Alors oui, ça m’énerve un peu de résumer cette histoire à si peu Surtout vu le mal que je me suis donnée à construire la religion magique, mais c’est ainsi.

Quant à résumer l’histoire en quelques mots… haha pas pour le moment, mais l’histoire se résume très bien du début à la fin en quelques phrases.

C’est pour cela que vous devait essayer de faire.

2. Des personnages bien brossés

Ce qui implique d’avoir des personnages hauts en couleur, avec des sentiments, des qualités et des défauts. Des personnages qui ont des buts précis à atteindre.

On retire donc les personnages spectateurs, qui sont là pour faire jolis ou alors on leur ajoute un but précis.

3. On n’écrit pas un documentaire

Le contexte ne doit pas prendre la place de l’histoire.

Il y a plusieurs années, j’ai lu Autant en Emporte le Vent et La bicyclette bleue. J‘ai adoré le premier moins la saga sur Léa Delmas, j‘ai détesté la poursuite des chefs nazis. Dans les deux cas, la guerre est le contexte de l’action. Mais dans aucun des deux romans la guerre ne prend la place de l’histoire. C’est exactement ce qu’il faut faire. Si vous décrivez toutes les histoires de l’HISTOIRE, vous perdrez le lecteur.

En admettant que vous écrivez un roman qui se déroule durant la Première Guerre mondiale, ne racontait pas toute la guerre. Si le lecteur voulait lire un documentaire sur la guerre, il n’achèterait pas votre roman.

4. Des scènes qui ne servent à rien

Lors de la correction faites le ménage. Retirer tout ce qui ne sert à rien. Même si c’est votre scène favorite. Parce que le roman doit être un récit, pas l’histoire d’une vie.

Le lecteur se moque que votre héros se brosse les dents, à moins qu’il ne se passe justement un événement important lorsqu’il se brosse les dents. Si le héros rencontre une personne, il faut qu’il y ait une utilité à cette rencontre, même si sur le coup le lecteur ne s’en rend pas compte.

On pourrait trouver encore d’autres défauts, mais c’est, il me semble déjà une bonne piste de réflexion lors des corrections. Régler ces problèmes pourra en régler bien d’autres, comme le manque d’action, un récit trop monotone, un début de récit trop rapide ou trop long, une fin qui n’en finit pas.

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