Tutoriel : écrire des descriptions

Avez-vous déjà remarqué à quel point il y a une nette différence entre la scène que vous voyez et celle que vous écrivez ?

Lorsque l’on lit un roman, on est toujours ébloui ou dégoûté par les descriptions qui sont faites. Soit on est admiratif et on se demande pourquoi on n’est pas capable de faire mieux, nous-même. Soit on se dit que l’on pourrait faire mille fois mieux.

Mais quelles sont les qualités d’une bonne description ? Et comment les écrire ?

Tout d’abord pour écrire de bonnes descriptions, il faut un bon écrivain. (haha). Un bon écrivain est une personne curieuse, qui s’ouvre l’esprit et les yeux au monde qui l’entoure. (c’est déjà plus rassurant dis comme ça.).

Pour bien écrire, il faut regarder le monde, voir les choses dans leurs complexités et leurs ensembles. Voir ce que tout le monde voit et aussi aller plus loin, voir au-delà de la vision « générale », s’attarder sur les détails, sur les couleurs, les formes et les textures du monde. Un peu comme un peintre.

Le mieux, c’est de garder en soit une part enfantine et voir le monde avec des yeux neuf. Plus vous verrez le monde avec un regard curieux plus il sera facile d’écrire des descriptions.

Quels sont les autres types de regard que l’on peut avoir en tant qu’auteur ?

Il y a la mémoire. Essayer de réécrire une scène, un paysage, une personne, une tenue, de mémoire. On se rend très vite compte qu’entre l’image originale et ce qu’il reste dans notre mémoire, il y a parfois de grosses différences. Est-ce mal ? Non, pas dû tout. Si vous avez vu un paysage, quelque part et que vous vous dites qu’il ira très bien dans votre roman, ne pas avoir exactement le lieu en tête peut être une très bonne chose. Votre esprit créatif comblera les manques et vous aurez alors un lieu original.

Décrire avec l’image sous les yeux. Vous souhaitez décrire un paysage, une personne ou une objet avec l’image sous les yeux, c’est très bien. Vous ne pouvez pas vous tromper. Vous avez donc les couleurs, la forme, peut être même un peu la texture de l’objet devant vous. Oui, mais voilà. Vous n’avez pas forcément le vocabulaire spécifique. Surtout pour les textures ou les couleurs. Ce n’est pas grave non plus. Faites avec ce que vous avez. Vous pourrez toujours vous renseigner ou demander à d’autres de vous aider à préciser votre description. Mais attention à ne pas tomber dans le catalogue descriptif du vendeur de meuble. Vous n’êtes pas là pour faire vendre un objet, un paysage, un tableau, une personne. Vous devez rendre la description vivante. L’époque des descriptions de 10 pages, c’est terminé. Il faut dire qu’au XIXème siècle la plupart des écrivains publiés par feuilleton, plus le feuilleton était long plus ils étaient payés. Aujourd’hui, on ne vous paiera plus à la page ou au mot.

Ensuite, il y a l’aspect objectif. Sans préjugé ni point de vue. Autant vous dire que c’est le point de vue le plus difficile a exploiter. Il est très difficile de décrire sans aucun point de vue, en se tenant juste à ce que l’on voit ou sait. Mais ce peut être un exercice très intéressant.

Comment décrire ? Quelle est la méthode la plus utile ?

Il faut mieux que votre description soit imbriquée dans l’action, sans quoi vous risquez d’ennuyer le lecteur. Ainsi, la description, si elle doit exister et être présente doit rester subtile et ne pas s’étendre sur des pages et des pages.

Tout dépend de vos choix d’écrivain, mais il est actuellement plus courant de privilégier l’action à la description. Tout dépend, également du roman que vous écrivez. De la science-fiction ou de la fantasy nécessitera plus de description qu’un roman à l’eau de rose. C’est une question de logique.

Même lorsque votre roman nécessiterait des tonnes de pages de description faites cours ! Faites vrai ! Faites en mouvement. Peut-être faut-il alors ajouter le point de vue d’autres personnages pour avoir une « vraie  » description.

Avis personnel : (critique, mais en réalité, je suis persuadée que je fais la même chose)

Souvent lorsque je lis un roman, il y a toujours un personnage qui connaît bien les lieux. Par exemple, son lieu de travail, et qui s’arrête pour nous en faire une description longue comme le bras. Sérieusement, j’ai travaillé, parfois peu de temps, dans des endroits, je ne me serais jamais arrêté 15 min pour parler de la machine à café, des escaliers, des vestiaires, des bureaux, etc. Bref, son lieu de travail, comme sa maison, on connaît, jamais dans la vraie vie, on ne s’arrête pour admirer la beauté de ses portes ou de ses rideaux. On n’est pas non plus admiratif devant la photocopieuse.

Un personnage qui connaît bien son environnement ne devrait pas avoir à le décrire de long en large ou en travers. Que le narrateur le fasse soit, mais lorsque le personnage et également le narrateur, pourquoi diantre irait-il décrire tout l’immeuble dans lequel il habite ? Pourquoi serait-il en extase devant son balcon ?

En somme faites, court, faites bref, faites explicite, mais pas de blabla inutile. Une bonne description est vivante, elle rythme le roman, elle doit le servir non l’inverse. Quant aux envolées lyriques, avec moult figures de style, … eh bien pourquoi pas, mais avec parcimonie.

Un lecteur ne retiendra jamais toute la description. Vous aurez déjà de la chance s’il la lit en entier. Donc inutile de trop en faire, contentez-vous de dresser le décor, de rendre l’action compréhensible et de donner juste assez d’éléments descriptifs pour que le lecteur se fasse une bonne idée de ce qu’il se passe. Il ne retiendra de toute manière que quatre ou cinq éléments précis. Faites donc que ces éléments soient précieux pour l’intrigue.

En tant qu’auteur, vous devriez en corrigeant vous attarder sur les descriptions. Est-ce que vous vous y ennuyez ? Alors c’est qu’il y a un problème quelque part. Est-ce qu’en lisant votre roman, vous avez tendance à mettre de côté des passages descriptifs ? Alors c’est qu’il faut changer ça.

Lorsque je dois écrire une description ou une scène d’action (malgré tout il y a des descriptions dans l’action ), je prends le temps de voir la scène, un peu comme si je me jouais un film. (dis de cette manière, ça me donne presque l’impression d’avoir besoin d’aller à l’asile.). J‘essaie différentes combinaisons. Je place mes personnages autrement, j‘essaie de voir ce qu’y serait le mieux, tant dans le décor, dans les personnages, dans les vêtements, dans les manières. Un peu comme le ferait un metteur en scène avant de tournée ou pendant les répétitions. C’est important parce que cela permet de sentir les choses. De se rendre compte de ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas, mais également de pouvoir décrire de manière plus précise. Vous pouvez prendre des notes, ou même faire des croquis pour vous aider. Notamment pour les scènes difficiles.

Pour bien décrire, il faut être un peu cinéaste. Savoir cadrer l’action, la centrer, discerner ce qu’il faut donner à voir et ce qu’il faut cacher. C’est tout un savoir presque scientifique, voir magique, qu’il faut ‘ »sentir » ». Si lorsque vous relisez une de vos descriptions et qu’elle ne vous semble pas claire, c’est qu’elle ne l’est pas. Si vous avez dû mal, deux ou trois mois après avoir écrit une scène à la visualiser, alors le lecteur aura la même difficulté.

Pour ma part, je crois que c’est ce que je vais faire pour les scènes de batailles. J‘ai beaucoup de mal à les rendre intéressantes et à les décrire.

Dans une bonne description, on doit retrouver tous les éléments importants, mais aussi jouer sur les registres, sur l’atmosphère, sur les sens. Il faut que le lecteur puisse avoir la sensation de se trouver au coeur du roman. Si votre personnage fait des gâteaux, il y aura peut être une bonne odeur qui flotera dans l’air. Pensez à ne pas utiliser que la vue, mais tous les sens, pour que le lecteur ait une vue en 3D de la scène, qu’il se fasse une véritable image du lieu.

Le dernier conseil que je peux vous donner m’a été donné par mes profs de Français. Une description doit être logique et cohérente.

On ne décrit pas le chapeau du héros, puis ses chaussures, puis sa ceinture. On part soit du haut vers le bas, soit l’inverse. Si vous décrivez un paysage, partez soit du plus général au plus rapprocher soit l’inverse. Il faut que le lecteur puisse suivre la scène. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas brosser un portrait rapide puis revenir sur des détails peu après, au fur et à mesure qu’avance l’action. Rien n’empêche que votre héros n’ait pas vu que la jeune fille qu’il vient de rencontrer à un grain de beauté sur la joue, même si vous l’avez décrire 25 lignes plus haut et que vous n’aviez pas inclus ce détail. De même que dans un roman policier le héros peut ne pas avoir vu le revolver cacher sous la commode.

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