Le lectorat

Le lecteur, cette grande inconnue dans l’équation magique qu’est l’écriture. Ce Il suprême qui fait trembler l’apprenti écrivain. Qu’est-ce que le lectorat ? Pourquoi faut-il le choisir ? Quand faut-il le choisir ? Est-ce nécessaire ?

Le lectorat

Il s’agit de tout un panel de lecteurs. Jusqu’ici rien de bien incroyable, tous les écrivains écrivent pour un lecteur. Oui, mais il faut composer avec ce panel. Disons le tout de suite, certains de ces lecteurs vous trouveront formidable, d’autres plus mauvais qu’une feuille de chou local écrite par le gamin du coin. C’est comme ça, c’est la vie.


Il s’agit du groupe qui reçoit la publication, qui lit, commente et critique. Voilà pour résumer.

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Pourquoi en tant qu’auteur faut-il penser à ce lectorat ? Parce que c’est comme ça. Bon soit, mais encore ?

Tout simplement parce que le lecteur lit le livre, il le commente, il en parle à son tonton, son voisin, son chien (si si, je vous jure). Bref, si ce qu’il lit est mauvais (ou juste qu’il n’aime pas) il y a fort à parier qu’il déconseillera la lecture de votre livre à tout ceux qu’il va rencontrer. S’il aime, il risque d’en faire l’éloge, mais de manière moindre. (a moins que votre roman ne devienne le futur Trône de Fer – mais tablons sur le fait que non, c’est moins démoralisant que de voir ses ambitions démolies ). Les gens parlent plus facilement de ce qu’ils détestent que de ce qu’ils apprécient.

Si votre lecteur s’ennuie, il y a fort à parier qu’il ne terminera jamais l’histoire. Soit on s’en moque un peu tant qu’il a payé le livre et que vous gagnez des droits d’auteur. Ok, mais cela veut quand même dire qu’il n’achètera jamais les autres livres que vous pourriez écrire, ce qui serait fort dommage.

Ensuite, il faut penser au lecteur, car on ne s’adresse pas de la manière à tous. Si vous écrivez pour les enfants de 0 à 3 ans, vous n’écrirez pas comme pour les enfants de 10 à 13 ans ou les jeunes adultes. Pareils, si vous écrivez un guide pédagogique, il y a fort à parier que vous n’emploierez pas les mêmes codes que pour un roman érotique (quoi que tout dépends du guide pédagogique). Le lecteur est le destinataire de votre projet. Il faut donc veiller à lui apporter un écrit qu’il peut lire.

S’il faut penser aux lecteurs, c’est parce qu’effectivement, vous pouvez suer sang et eau pour écrire votre bouquin, si le lecteur n’est pas capable de vous comprendre cela risque d’être compliqué. Si vous inventez une nouvelle langue et décidé de publier un roman dans ce langage, sans en fournir de traduction, il y a fort à parier que personne n’achètera votre oeuvre.

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Penser au lecteur en amont de la rédaction.

La toute première question qui devrait venir, c’est : pour qui est-ce que j’écris, en priorité ?
D’accord, un bon livre ne doit pas s’adresser qu’à un seul et même public de manière restreinte et être trop focalisé sur les codes cela risque d’être ennuyeux, pour vous, comme pour lui.
Trouver le juste équilibre entre ce qui est habituel pour le genre que vous écrivez, le vocabulaire à employer, et vos aspirations. Si vous écrivez une thèse de doctorat, il y a des codes, des normes à respecter et un vocabulaire spécifique à utiliser, une manière de faire propre à ce genre. Pareil pour le fantastique. De même si vous écrivez une histoire de vampire et que votre vampire ne ressemble en rien à ce qui se fait, le lectorat risque d’être surpris (pas nécessairement dans le bon sens du terme).

Pour vous donner un exemple récemment, j’ai lu la trilogie de Guillermo del Toro et de Chuck Hogan.

                                                                 

La Chute, il est question de vampires. Ceux qui suivent la série télévisée, The Strain, savent de quoi il est question. Des vampires apparaissent, il faut les vaincre (tient comme par hasard), il est question de médecine, de biologie, pour vaincre le virus. La série est un peu trop romancée à mon goût. Bref, dans ces livres les vampires n’ont pas de crocs, mais un dard. Ils ont certes deux ongles plus longs et pointus, mais pour les tuer, il ne faut ni rituel catholique, ni ail, ni pieu. L’argent, la décapitation et le soleil sont pourtant au rendez-vous. Pourquoi ? Simplement parce qu’il fallait que les lecteurs puissent reconnaître les codes du vampire. Un vampire qui n’a déjà rien de physique avec le vampire moderne (cf Edward Cullen – je ne critique pas à 17 ans, j’étais fan), ne peut pas ne rien avoir avec le folklore traditionnel sans perdre le lecteur.

Donc faire original oui, détruire tout le passé non.

Innover ce n’est pas faire table rase du passé.

Penser au lecteur, ce fait également en cours d’écrire, au moins en phase de correction. Pour éviter qu’il s’ennuie. On écrit tous de longs passages sur notre héros ou sur un point particulier parce que ça nous fait plaisir, que l’on connaît bien notre histoire et nos personnages, mais le lecteur ce qu’il veut, c’est de l’action, que l’histoire avance, qu’elle lui apporte des choses. Le lecteur n’en a rien à faire des après-midi dinette chez tata Odette, sauf si cela est capital pour votre histoire. Que votre héroïne se soit bien amusée tous les été chez tatie Jacquie est super, mais si elle n’a rien eu de particulier là-bas, à quoi bon s’étendre dessus. Bien sûr si votre héroïne a été violée tous les étés par son cousin Julien, peut être que là, il est bon ton de donner des explications au lecteur, sinon passer rapidement sur les été magnifiques où il ne se tramait rien.

C’est pour le lecteur que vous écrivez, pour vous aussi, mais si votre but est d’être lu, écrivez en conséquence.

Comment choisir son lecteur ?

Franchement, je pense qu’il n’y a pas tellement besoin de se poser la question. Tout dépend de ce que vous écrivez, du genre littéraire : une thèse sera plus facilement lue par des étudiants et des professeurs, par des chercheurs, que par une ménagère en mal d’amour. Une histoire pour enfant aura deux lecteurs : l’enfant et le parent. C’est important d’y penser (si papa n’aime pas, il y a fort à parier qu’il n’achètera pas). Dans les romans pour adolescent, on évite souvent de parler de sexualité, de drogue ou de conduite à risque, sauf si on veut faire trash. (Je me demande bien pourquoi d’ailleurs. à quoi que l’adolescence est un moment béni sans tentation aucune.).

Bien évidemment, respecter les codes, ne signifie pas qu’il faut absolument s’y tenir. Pour exemple, le trône de fer, roman fantasy par excellence. Ce qui frappe au premier abord, c’est cette absence de BIEN tout-puissant et MAL absolu. Les personnages ne sont ni bons, ni mauvais, ils agissent en fonction d’une chose très banale : les besoins primaires et psychologiques. Ils veulent tous quelque chose : leur propre bonheur. Par contre, si vous lisez Tolkien, vous verrez que les gentils vivent dans des habitats géniaux, sans guerre, avec abondance de nourriture, de plaisir et d’entraide. Qu’ils portent du blanc. Et les méchants eux vivent dans une terre désolée, aride, portent du noir et sont laids. Pourtant comme le dit Mercredi Adams dans la famille Adams : le psychopathe, c’est monsieur tout le monde. C’est vrai. Le méchant ressemble à votre voisin de palier.

Pour conclure, je dirais que s’il faut veiller à ce que votre roman soit captivant, intéressant, qu’il ne dise que ce qu’il faut, et qu’il respecte quelques règles du genre, il ne faut pas non plus oublier la créativité et la surprise.

Quant à choisir le lectorat, je crois que cela se fait tout seul : gardez seulement en tête que vous écrivez pour être lu et que ce lecteur doit être captivé.

À la fin de l’écriture de mon tome 1, j’ai envoyé mon prologue à quelques amis. L’un d’eux m’a dit ne pas apprécier le fantastique, mais que le prologue était prenant. C’est ce qu’il faut atteindre : captiver le lecteur qui n’aime pas votre genre littéraire.

Pour qui écrivez-vous ?

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